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Chapitre 1 : Le rituel du premier samedi

Chapitre 1 : Le rituel du premier samedi

Publicado el 8, mar, 2026 Actualizado 8, mar, 2026 Horror
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Chapitre 1 : Le rituel du premier samedi

Le carillon de l'horloge en merisier du salon retentit à vingt heures tapantes, ses coups graves vibrant lourdement dans l'air confiné de la pièce. Marc relâcha un souffle qu’il ne se rendait pas compte d’avoir retenu et réajusta, pour la troisième fois consécutive, l’alignement des sous-verres en ardoise sur la table basse. L'angle devait être parfait, parallèle aux lattes du parquet centenaire.

Être l'hôte de ce premier samedi du mois était toujours un plaisir, une tradition intouchable, mais cela s'accompagnait invariablement chez lui d'une légère angoisse tenace, une boule d'acide nouée au creux de l'estomac. Il détestait viscéralement quand les choses lui échappaient. L'imprévu était son ennemi intime. Si la soirée dérapait, si le vin était bouchonné, si un silence gênant s'installait, il en porterait l'entière et écrasante responsabilité.

Un coup de sonnette aigu retentit, le tirant de ses pensées et le faisant légèrement sursauter.

Il lissa le pli de sa chemise et ouvrit la lourde porte en chêne sur un véritable tourbillon d'énergie. Julien entra le premier, bousculant presque le paillasson, les bras chargés de bouteilles dont le verre tintait joyeusement, sa voix résonnant déjà trop fort dans l'étroitesse du couloir.

- Salut mon grand ! J'ai ramené de quoi tenir un siège, au cas où l'hiver nucléaire tomberait ce soir ! Ne me dis pas que tu as encore sorti les petits fours végans de la dernière fois, je te préviens, je saccage le buffet et je mange le chat !

Derrière cette masse d'impulsivité brute, Sophie lui adressa un sourire d'excuse en retirant son manteau. Elle frissonna légèrement en franchissant le seuil, comme si le contraste entre l'air piquant de novembre et la chaleur étouffante de la maison l'avait déséquilibrée.

- Ne l'écoute pas, Marc. C'est parfait. Tu as l'air fatigué, ça va au travail en ce moment ? demanda-t-elle, son regard accroché au sien avec cette intensité empathique qui la caractérisait tant.

Elle n'avait pas seulement regardé ses cernes ; elle avait instinctivement décodé la crispation de ses épaules et le pli soucieux barrant son front. Elle semblait toujours absorber les émotions des autres avant même qu'ils n'aient le temps d'ouvrir la bouche.

- Tout va bien, Sophie, promit-il en l'accueillant d'une bise un peu trop rapide. Entrez, installez-vous, j'ai monté le chauffage.

Camille glissa à l'intérieur à son tour, silencieuse, un peu en retrait de l'agitation. Comme à son habitude, elle ne regarda pas immédiatement son hôte, ses yeux clairs se levant plutôt vers les hauts plafonds et les murs aux moulures fatiguées de la vieille bâtisse. Elle laissa traîner le bout de ses doigts pâles sur la boiserie de l'entrée, comme pour en palper le pouls.

- Cette maison a tellement de caractère, murmura-t-elle, les yeux soudain pétillants d'une fascination indéchiffrable. J'ai toujours l'impression qu'elle nous écoute quand on est ici... qu'elle retient son souffle.

- C'est surtout l'isolation qui date d'un autre siècle et qui laisse passer le moindre courant d'air, trancha une voix rationnelle et posée depuis le perron.

Antoine ferma la porte derrière lui, ajustant d'un doigt ses lunettes à monture fine. Ponctuel, pragmatique, il avait déjà balayé la pièce du regard, scannant l'organisation de la soirée avec la précision d'un géomètre évaluant un terrain.

- D'un point de vue thermique, ces vieux murs en pierre sont une catastrophe absolue, ajouta-t-il en s'avançant dans le couloir, retirant son écharpe géométrique. La déperdition de chaleur par le toit doit te coûter une fortune en gaz. Mais bon, le charme opère, je te l'accorde.

En voyant Antoine repousser un pan de son manteau pour s'asseoir, Marc sentit enfin la pression retomber d'un cran. L'équation de son anxiété s'équilibrait. L'équipe était au complet. Ses quatre meilleurs amis étaient là, le rituel pouvait officiellement commencer.

Il se dirigea vers la cuisine d'un pas plus léger pour aller chercher les amuse-bouche. Dans le salon, la musique d'ambiance qu'il avait lancée plus tôt, une version jazz douce et légèrement mélancolique de la célèbre Lettre à Elise, enveloppait doucement la pièce, masquant les premiers craquements des boiseries.

Le premier samedi du mois promettait d'être parfait. Absolument rien ne pouvait venir gâcher ça.

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