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I. INTRODUCTION : COMPRENDRE AVANT D'AGIR
Avant de se défendre, avant de saisir qui que ce soit, il faut comprendre le système dans lequel on évolue. Or, le système judiciaire français est l'un des plus complexes d'Europe. Ses mécanismes sont souvent opaques pour les non-initiés, et cette opacité est précisément ce qui permet à certaines pratiques de se pérenniser sans être contestées.
Ce module a un objectif simple et fondamental : vous expliquer, avec précision et avec des chiffres officiels, ce qu'est réellement un classement sans suite, comment une plainte se transforme (ou ne se transforme pas) en procédure judiciaire, quel rôle joue le procureur de la République dans ce mécanisme, et pourquoi la réponse que vous recevez ressemble parfois à une photocopie envoyée sans que personne n'ait lu votre dossier.
Ce n'est pas un procès d'intention. C'est une réalité documentée par les institutions françaises elles-mêmes, et qui mérite d'être nommée clairement pour que les justiciables sachent à quoi ils ont affaire.
I.1 Deux notions fondamentales à ne pas confondre
Dans le langage courant, beaucoup de gens utilisent « classement sans suite » et « non-lieu » comme s'il s'agissait de la même chose. Ce n'est pas le cas. Cette confusion n'est pas anodine : elle peut conduire une victime à renoncer à ses droits parce qu'elle croit que la porte judiciaire est définitivement fermée. Elle ne l'est pas.

La différence clé : un classement sans suite est une décision administrative rapide du parquet, prise souvent sur la base d'un dossier résumé par les services de police. Un non-lieu est une décision judiciaire rendue par un magistrat du siège après une instruction complète. Dans le premier cas, vous êtes en bout de chaîne administrative. Dans le second, en fin de procédure judiciaire approfondie.
Pour des millions de plaignants français, le classement sans suite est le mur qu'ils rencontrent en premier. Et souvent le dernier, faute d'information sur les recours disponibles.
I.2 Le parcours d'une plainte : de la victime au classement
Pour comprendre pourquoi autant de plaintes aboutissent à un classement sans suite, il faut d'abord visualiser le chemin que parcourt une plainte. Ce chemin comporte plusieurs étapes, et des pertes considérables se produisent à chacune d'elles.
LE PARCOURS D'UNE PLAINTE EN 5 ÉTAPES
ÉTAPE 1 - Dépôt : auprès de la police, de la gendarmerie ou directement au parquet (courrier)
ÉTAPE 2 - Transmission : 88 % des affaires sont transmises au parquet par les forces de l'ordre
ÉTAPE 3 - Enregistrement : 30,9 % des affaires ne sont même pas enregistrées (Ministère de la Justice, 2023)
ÉTAPE 4 - Analyse par le procureur : il dispose de 3 options (poursuivre / alternative / classer sans suite)
ÉTAPE 5 - Décision : le plus souvent, classement sans suite (environ 80 % toutes affaires confondues)
Ce que ce schéma révèle, et que peu de justiciables savent, c'est que leur plainte peut être bloquée dès la troisième étape, avant même d'atteindre le bureau du procureur. L'enregistrement n'est pas automatique : il dépend de la décision d'un fonctionnaire de police ou de gendarmerie qui peut estimer, souvent à tort, que les faits ne sont pas constitutifs d'une infraction.
« Environ 30,9 % des affaires reçues par les services de police et de gendarmerie ne donnent pas lieu à un enregistrement. Ces affaires ne parviennent donc jamais au parquet. »
Rapport annuel statistique de la Justice, Ministère de la Justice, 2023
C'est un premier filtre massif, invisible pour la victime, et souvent non motivé. La victime n'est généralement pas informée que sa plainte n'a pas été enregistrée. Elle attend une réponse qui ne vient jamais.
II. LES CHIFFRES OFFICIELS : UNE RÉALITÉ MASSIVE ET DOCUMENTÉE
Les statistiques sur les classements sans suite sont publiques. Elles sont publiées chaque année par le Ministère de la Justice dans son rapport « Les chiffres-clés de la Justice ». Elles révèlent une réalité qui devrait être au cœur du débat démocratique français, et qui l'est de moins en moins.
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Avec un shadowban... impossible de vendre et de prospecter.
Mon tort : avoir agi, avoir alerté.
Ne pas avoir tourné les yeux.
Avoir fait le travail de la presse mieux qu'eux;
Que de regrets.
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