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Chapitre 30 - Moissac

Chapitre 30 - Moissac

Publicado el 28, feb, 2026 Actualizado 28, feb, 2026 Crime stories
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Chapitre 30 - Moissac

Mercredi 7 octobre


— Pourquoi veux-tu que j’aille à Moissac ? demanda Léo Maillet en se présentant au bureau.

— C’est là que Kaiser s’est rendu en premier, tu l’as vu sur la trace GPS, répondit Clarisse.

— Oui, c’est vrai, mais je n’ai pas d’idée de ce qu’il allait y faire.

— C’est justement ce que je voudrais que tu trouves. Ce gars ne laissait pas indifférent, tous ceux à qui nous avons montré la photo se souvenaient de sa tenue et de son accent. Il voulait sans doute en savoir plus sur Georges Dumergue. Commence par l’état civil, Prax a peut-être cherché à faire refaire des papiers en rentrant en France, en 1953.

— Oui, ça aurait du sens. Par contre, j’ai déjà vérifié, la société où Dumergue a travaillé avant de partir au STO n’existe plus. Elle a été liquidée il y a plus de trente ans.

— Va voir s’ils reconnaissent Kaiser à la mairie de Moissac, questionne les cafés et restaurants du centre-ville, il a peut-être parlé à quelqu’un.

— À vos ordres, mon adjudant ! plaisanta Maillet en se mettant au garde à vous.

— Vas-y en civil, les gens te parleront plus facilement. Au fait, après Moissac, il est allé où le cher Rudolf ?

— Il est allé directement, de Moissac à Castres. Le lendemain, il s’est rendu à Albi, aux Archives, ça nous le savions déjà. Ensuite, on a une destination enregistrée pour Saint-Pons le 19.

— C’est un des derniers combats du Corps Franc, remarqua Clarisse.

— Oui, en effet. Le 20, la voiture n’a pas bougé, il a peut-être travaillé depuis l’hôtel, ou bien il a fait des recherches sur place.

— C’était un dimanche ! Je vais me renseigner de mon côté, proposa l’adjudante.

— Le 21, il s’est rendu à Carcassonne.

— C’est là que Prax avait ses bureaux. C’est de là que sont partis les indics qui ont localisé les camps de maquisards. Il y a des détails là-dessus dans les documents de Cazenave.

— Le 22, pas de mouvement non plus et le 23, il s’est rendu à Mazamet, où on a retrouvé la voiture.

— C’est bon. Tu files à Moissac et moi je me charge de Castres. On se retrouve en fin de journée, conclut Clarisse.


Le gendarme prit soin de vérifier les heures d’ouverture du service municipal et appela pour annoncer sa visite. Une heure plus tard, il se présentait au guichet d’accueil de l’hôtel de ville en demandant Emilie Rieussec. Il profita de l’attente pour soumettre la photo de Kaiser à la réceptionniste.


— Cet homme aurait pu passer ici le 17 septembre, est-ce que vous le reconnaissez ? demanda Léo.

— C’est possible, on voit pas mal de monde.

— Il parlait avec un fort accent allemand, précisa le gendarme.

— Ah oui, ça me revient, il cherchait des informations sur une personne qui avait habité ici pendant la guerre. Je l’ai dirigé vers Emilie, elle vous en dira plus.


Justement, l’intéressée se présenta à ce moment.


— Bonjour, c’est vous qui m’avez appelée tout à l’heure ? Je suis Emilie Rieussec, en charge de l’état civil pour la ville de Moissac. Suivez-moi, je vous prie.


La mairie de Moissac était un bâtiment de construction traditionnelle, à l’angle d’une place dans la ville historique. L’employée fit monter le gendarme à l’étage et le précéda dans une bureau coupé en deux par un comptoir de bois. Elle le fit entrer dans un petit box, dans un coin de la pièce.


— Vous souvenez-vous de cet homme ? questionna Léo en tendant la photo.

— Oui, très bien, répondit Emilie, avec sa tenue et son accent, on ne l’oublie pas facilement.

— Pouvez-vous me dire ce qui motivait sa visite ?

— Il recherchait des informations sur deux hommes, j’ai noté les noms parce qu’il m’avait demandé si je pouvais faire quelques recherches. Voilà, il s’agissait de Georges Prax et Georges Dumergue, curieusement le même prénom.

— Il vous a dit pourquoi il s’intéressait à eux ?

— Il n’est pas rentré dans les détails, c’était à propos de certains événements liés à la guerre. Il m’a dit qu’il était journaliste historien.

— C’est exact, confirma le gendarme. Le problème c’est qu’il est mort, peu de temps après être passé chez vous.

— Oh, c’est affreux, il n’avait pas l’air malade !

— Non, en effet, il a été tué et nous recherchons son assassin. Nous pensons que c’est en lien avec ses travaux. Avez-vous pu lui fournir les informations qu’il demandait ?

— Concernant Prax, je n’ai rien trouvé, mais pour Dumergue, oui. Comme on a informatisé la plupart des archives, ça a été assez rapide. J’ai retrouvé un Georges Dumergue qui a vécu et travaillé à Moissac de 1940 à 1943. J’ai également une demande de renouvellement de papiers d’identité au même nom, datant de janvier 1953. Il y a une note sur le formulaire précisant que le demandeur avait été retenu en Allemagne à la fin de la guerre et qu’il venait juste de rentrer en France.

— La demande a été acceptée ? questionna Maillet.

— Oui, bien sûr, on lui a fourni une nouvelle carte d’identité et on l’a même inscrit sur les listes électorales.

— Pourriez-vous me communiquer l’adresse qu’il a fournie ?

— Je peux même vous faire une copie de la demande, même si le document n’est plus très lisible. L’adresse, c’est le 9 rue des Mazels, juste derrière la mairie.

— Est-ce que la demande de papiers comportait une profession ?

— Il y a écrit « comptable », répondit l’employée.

— Vous avez communiqué ces informations au journaliste ? demanda le gendarme.

— Non, je ne les avais pas en ligne, j’ai du faire une demande aux Archives. J’ai essayé de contacter ce Monsieur quelques jours plus tard, quand j’ai reçu le document, mais son téléphone ne répondait plus.

— Est-ce qu’il a parlé de ce qu’il comptait faire ensuite ?

— Il m’a demandé l’adresse d’un restaurant et aussi la route la plus rapide pour aller à Castres. Pour le restaurant, je lui ai suggéré « Le bistrot des copains », c’est juste de l’autre côté de la place et pour la route, de passer par Toulouse, c’est plus rapide avec l’autoroute.

— Il n’a pas évoqué d’autres démarches, des personnes qu’il comptait rencontrer ?

— Non, il n’a rien dit. Il attendait surtout ma réponse.

— Je vous remercie, je vais faire un tour à cette adresse et aussi au bistrot, déclara Léo en guise de conclusion.


La rue des Mazels était une voie étroite, bordée de vieilles maisons typiques de la région. Le 9 correspondait à un bâtiment de briques, haut de trois étages, aujourd’hui partagé en appartements. Un interphone était installé à l’entrée. Léo hésita à sonner, si quelqu’un avait connu Dumergue à cette époque, il serait au cimetière ou à l’EHPAD. Il prit quelques photos pour enrichir le dossier et se dirigea vers la brasserie. Une grande terrasse s’étendait sur la place, face à l’église. Quelques personnes y étaient attablées, la plupart seules. Maillet pénétra dans la grande salle, c’était une pièce aux poutres apparentes, offrant un décor cosy, des petites tables accueillantes et un mur entier meublé d’étagères proposant toutes sortes de vins. Le gendarme alla soumettre la photo de Kaiser à un employé près de la caisse.


— Oui, je me souviens de ce gars, il avait un drôle d’accent. Pas d’ici, à coup sûr.

— En effet, il était allemand, de Berlin.

— C’est ça, il était curieusement habillé aussi. Il a demandé s’il pouvait manger. Comme il faisait beau, je lui ai proposé de s’installer dehors. Il a commandé une bière pour commencer, puis un steak frites.

— En dehors de ses vêtements, il avait quelque chose de particulier ?

— Non, rien de spécial, il était plutôt jovial. Quand je lui ai apporté son addition, il discutait avec un couple de clients assis à la table voisine.

— Ces clients, c’étaient des habitués ? Vous les connaissez ?

— Oui, ils viennent régulièrement, c’est des gens âgés, je crois qu’ils vivent dans une résidence pour séniors et ils viennent de temps en temps, quand il fait beau.

— Vous pourriez m’aider à leur parler ? demanda Léo.

— Oui, je crois, mais pourquoi ?

— Votre client, l’Allemand, on l’a retrouvé mort, il y a quelques jours.

— Mince, mais vous ne croyez pas que c’est…

— Non, non, je me doute bien qu’ils n’ont rien à voir, mais je cherche ce qui justifiait la visite de cet homme à Moissac. Il le leur a peut-être dit.

— Ils s’appellent Mansat, Charles et Evelyne, je crois, je n’ai pas l’adresse, mais vous pouvez demander à la mairie en face, ils vous la trouveront.

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