Le lutin joyeux
Le lutin joyeux
Voici le lutin le plus endiablé de la forêt. Il a toujours aimé danser, mener sa troupe de copains dans les plus folles sarabandes. Mais ce matin il y a quelque chose qui ne va pas dans son petit champignon tout rond. La lumière ne s’est pas allumée à 6 h comme d’habitude.
Peut-être est-ce la neige qui couvre sa fenêtre ou encore la pluie verglaçante du soir qui a gelé son volet. Mais en nous rapprochant de plus près il est inquiétant de constater que notre petit lutin ne s’est pas levé alors qu’il adore danser du matin au soir.
Mais que t’arrives t’il mon ami? Lui demanda sa charmante voisine de champignon?
-J’ai mal au dos, mon petit salto arrière de hier soir m’a mis KO?
-Mince alors, dis-moi ce que je peux faire pour toi.
-je ne sais pas trop, car je n’ai jamais arrêté de me trémousser pour redonner de la joie de vivre à tout notre petit village de paix. J’ai juste peur que sans moi tout le monde soit triste à la fin de la journée, car personne ne m’aura vu lui redonner le sourire.
-Mais ne t’inquiètes pas nous allons y arriver sans toi. Pour une fois repose toi et pense à ton petit dos qui a encore besoin de danser à l’avenir.
Le lutin fut étonné de cette remarque, il lui était difficile d’envisager que personne n’ait besoin de son déhanché pour retrouver le sourire dans la journée. Il se sentait d’un coup aussi inutile qu’une vielle chaussette ayant perdue sa moitié. Il tenta de se lever et d’enfiler son jolie pantalon à paillette. Mais rien n’y fit, son dos lui faisait trop mal et il dut se recoucher afin de soulager au maximum sa douleur.

Le soir venu sa charmante voisine revint aux nouvelles pour savoir s’il avait besoin d’aide. Mais notre lutin n’avait pour habitude de demander ce genre de service. Son objectif était de toujours redonner le sourire à tous les gens qu’il connaissait et laissait entrer dans sa vie. Mais hier une chose étrange se produisit, un autre villageois tout comme lui le força à arrêter sa danse. En effet cette mise en scène ne le mettait pas en joie, au contraire, il trouvait cela grotesque et sans intérêt pour la communauté.
Au premier abord cet incident ne sembla pas avoir perturbé notre lutin, mais le soir venu il se mit à pleurer et à chercher du regard dans ses photos de famille ce qui lui apportait le plus de bonheur. Et étonnement il fut fort surpris lorsque le cliché le représentant tout souriant à la fête du printemps était celui prit par sa petite amie Léonie, qui depuis peu l’avait quitté pour parcourir le monde . Elle n’a jamais eu peur de se laisser guider par l’inconnu et de déplaire à l’étranger à son âme.
Mais notre lutin avait toujours très peur, et comme il n’aimait pas voir sa petite amie triste il la laissa partir vers son aventure de voyageuse. Ainsi pour se sentir aimé il continua à danser toujours et encore, se conformant au rythme imposé par la nuit et le jour sans chercher à comprendre si cette vie lui plaisait vraiment. Et maintenant son dos semblait lui dire que non.
-Que dois-je faire pour aller mieux? Demanda-t-il à sa voisine en train de lui réchauffer un plat de lasagnes aux cèpes.
-Est-ce que ça te plait de toujours danser pour que tout le monde soit heureux sauf toi?
-Comment sais-tu que cela ne me convient pas?
-Il suffit de regarder ton logis, il y a des livres de voyage partout et des photos de Léonie. Mais aucun tourne disque ou autre radio allumée en non stop au son de la musique rythmée sur laquelle tu chaloupe tes hanches sur la place du village.
-Peut-être que ce vieux bougon d’hier t’as juste dit ce que tu devais entendre.
-Que j’étais nul et inutile pour aider la communauté à retrouver de la joie?
-Non que tu n’avais pas besoin d’être celui qui garde tout le monde en paix et en joie. Commence peut-être par faire ce qui te plaît.
-Mais j’ai peur que plus personne ne m’aime alors.
-N’importe quoi, tu es si drôle avec ton minois adorable à toujours sourire aux arbres et aux fleurs. Tu es si gentil lorsque tu dis bonjour à la moindre marguerite en peine et pour finir tu as le droit d’être spécial et pas comme le reste du monde . Alors qu’est-ce qui te ferais envie?
-De partir en voyage pour retrouver Léonie.
-Qu’attends-tu? Vas y, prépare ta valise. Tiens je vais t’aider à la faire et pour une fois c’est moi qui te donneras le sourire.
-Je ne sais pas, j’ai bien trop mal au dos… Oh! Mais attends! La douleur est partie et mon ventre gargouille d’impatience pour prendre le premier train express en direction des Alpes voisines. C’est là que ma douce amie a décidé de passer la fin de l’hiver en s’entraînant au saut à ski. Quelle femme étonnante, je l’aime tant.
-Alors va la rejoindre est ensemble créez votre monde. La lumière de votre propre sourire. Celui qui prendra naissance sur votre visage et pas par ce que le voisin est content ou la femme de ménage qui n’a pas trop besoin de nettoyer ce lieu complètement désert à la vie. Soit fort maintenant car tu dois être prêt à danser pour toi et avec ton propre rythme, celui qui te fera vibrer au son de la paix jusqu’à la fin de tes jours. Oublie le village de lutin, il survivra sans toi et ta maison sera toujours là pour t’accueillir les soirs de pluie où le repos sera nécessaire avant de repartir à l’aventure. Et je suis sûre que Léonie cette fois-ci saura t’aimer pour ce qui tu es vraiment: un lutin joyeux qui aime rire, car il est heureux et pas seulement parce qu’il aura su redonner le sourire au monde entier dont tu fais également parti.
Ainsi notre lutin remercia sa voisine pour ses mots sages et plein d’espoir avant de partir retrouver Léonie avec comme seul bagage son sourire d’être enfin heureux pour lui même. Et avec la grâce de remplir une destinée qu’il avait tellement mis de côté, de peur de déplaire à des êtres chers ou encore des amis qui eux aussi parfois oublient que le sourire est important quand il vient du fond de l’âme et non de celle du voisin.

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