Sainte fulmination
Froid… je le sens, si froid,
Terrassé en la neige, mes tissus tendus en harpes.
Foi… en qui avoir foi ?
Répandu en la terre, ma chair qui s’écharpe.
Toi… qu'as-tu donc fait, toi ?
Cristallisé en un fleuve, mes effluves qui s'échappent,
Moi ? Je n'étais rien, moi.
Irriguant les pins noirs, ma trachée en écharpe.
Bien-aimé fils, embrasse Terre, joins toi à elle,
Je tombe alors, sombre abîme, plus aucun ciel,
J'entends la Terre, magma grondant, chaleur pulsante,
Enfant d'en haut, béni sois-tu, va donc et chante !
Grand et céleste appel, chœurs et cors triomphants !
Mon corps dans le fiel, je le vois à mes pieds.
Captive si longtemps, de mon tombeau errant,
Je la sens à présent, mon âme s'est levée.
Dieu que j’ai maudit, qu'ai-je fait de si bon ?
En martyr tu t'offris, bien que tu fusses vil,
Ton corps, lui, crois, saigné en mon nom,
Ton premier acte de foi, sur l'autel du péril,
Crois en moi, ta douleur enfin achevée,
Apaise toi, décadent sanctifié !
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