On porte au fond de nous , le deuil de l'enfant qu'on était
Quand à la porte des souvenirs , fustigeait l'espoir.
Les rêves sont devenus des regrets,
Des "je serais" sont devenus des " il est trop tard".
Alors on s'efface peu à peu de la vie ,
On voyage moins , on ne prend plus les bateaux.
Hier encore , on s'aimait à en plonger dans la folie,
Et maintenant , on se dit qu'elle reviendra bientôt.
Prévert disait que le bonheur nous avait prévenu,
Qu'un jour ou l'autre , il reviendrait.
Mais comme hier , il ne reviendra plus ,
C'est alors que j'écris désormais.
On porte au fond de nous , le deuil de l'enfant qu'on était.
C'était encore hier, je m'en souviens ,
Les mots d'amour se lançaient comme des pierres ,
Qui ricochaient sur les longs fleuves de nos chemins.
Elle portait dans son regard la Terre entière ,
Et de son crépuscule illuminait mon destin.
Comme le bonheur , elle m'avait dit qu'elle reviendrait,
Prévert m'avait prévenu , il n'en est plus rien.
Je porte au fond de moi l’enfant que j’étais,
Celui qui faisait semblant d’y croire.
Quand elle était partie en me disant qu’elle reviendrait
En semant des sourires dans le creux de ma mémoire.
Cyrille RAMAIN
Kommentar (0)