Le Prix de l'Homme
Le Prix de l'Homme
Argent, moi qui t’implore en fin de mes moyens,
te voici venu ; le moyen de ma fin.
Il vit en moi et croît tout autour.
Je délecte mon cœur et mon esprit devient sourd
Les chiffres s’accumulent et les têtes aussi,
dans les plaisirs se complaît mon âme assujettie.
Je dévore la splendeur au prix du marché,
et me dévaste les sens, à peine éveillé.
Combien encore me faudra-t-il de toi ?
L’on se lasse de tous les corps mais jamais de cet amant-là.
Dans les êtres faux, je dilapide ma morale,
de cadavres et d’or est mon piédestal.
Par toi je m’offre et défaille dans toutes les vestales,
sans jamais que tu ne m’accordes un sursaut de moral.
Encore et toujours, ô bonheur pécunier,
offre-moi le monde qui se meur à mes pieds.
D’extérieur du moins, je suis immaculée,
mais je me meurs en moi-même ;
meurtri et souillé.
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