Glückwunsch! Deine Unterstützung wurde an den Autor gesendet
avatar
ÉLÉGIE DES TEMPS DU FEU

ÉLÉGIE DES TEMPS DU FEU

Veröffentlicht am 31, Mai, 2025 Aktualisiert am 31, Mai, 2025 Poetry and Songs
time 3 min
0
Liebe ich
0
Solidarität
0
Wow
thumb Kommentar
lecture Lesezeit
1
Reaktion

ÉLÉGIE DES TEMPS DU FEU

Le monde est tombé,

non d’un fracas soudain,

mais d’un effritement lent,

pernicieux, invisible,

comme la chair rongée par le sel et le vent.

Sous nos pas vacille la terre.

Sous nos paupières, l’aube s’est tue.

Le ciel s’est vidé de ses astres.

Le vent n’apporte plus que cendres.

Ô civilisations pourrissantes !

Vos colonnes de marbre suintent l’abandon,

vos bibliothèques muettes exhalent la poussière des vérités mortes.

Les enfants naissent sans mémoire,

les vieillards meurent sans espoir.

Les villes s’éclairent de feux froids,

les forêts hurlent dans l’indifférence des dieux éteints.

Nous avons cru dompter le temps,

enchaîner la matière,

soumettre la vie.

Nous avons cru voler le feu aux étoiles.

Mais c’est nous-mêmes que nous avons brûlés.

Le progrès est devenu fléau,

la science, aveugle, tourne sur elle-même

comme une toupie folle au bord du vide.

Le verbe est corrompu.

Le chant se meurt dans la gorge des poètes.

Même l’amour est devenu simulacre,

souillé de plastique et de solitude.

Frères, sœurs, voyez :

le désert croît — il n’est plus métaphore.

Les fleuves s’assèchent,

les océans montent,

les glaciers pleurent des torrents amers.

Les forêts s’embrasent sous nos regards vides.

Les hommes se dressent contre les hommes,

non pour la gloire, non pour l’honneur —

mais pour un souffle d’air, une goutte d’eau,

un dernier éclat de lumière artificielle.

Le Léviathan est fendu.

Les lois, chiffons de sang.

Les Empires s’effondrent dans le rire des spectres numériques.

La guerre est diffuse,

liquide, insidieuse,

dans les flux des réseaux,

dans les pulsations des marchés fous.

Les peuples errent sans boussole,

les esprits se disloquent.

Le néant gagne,

grain à grain, souffle à souffle.

Ô temps du feu !

Ô crépuscule sans fin !

Nous marchons sur les braises du monde,

nus, blessés, ivres de désespoir muet.

Nous pleurons,

nous saignons,

nous chantons —

car il nous reste cela :

le verbe nu,

la parole noire,

le chant du cygne des hommes.

Bon courage, mes semblables,

en cette nuit sans étoile.

Il n’est plus d’aube —

seulement la flamme noire du néant.

Mais si nous devons choir,

choirons nous debout,

la plume dressée contre l’abîme,

le regard clair dans l’ombre.

Voici l’Élégie des Temps du Feu.

Voici notre testament.

Voici le dernier chant

des hommes qui furent.

lecture 130 Aufrufe
thumb Kommentar
1
Reaktion

Kommentar (1)

Du musst dich einloggen, um kommentieren zu können. Einloggen
Jackie H verif

Jackie H vor 7 Monaten

Magnifique chant de la fin des temps 😯

Dir gefallen die Artikel von Panodyssey?
Unterstütze die freien Autoren!

Die Reise durch dieses Themengebiet verlängern Poetry and Songs
15 janvier 2026
15 janvier 2026

Il y a des moments que j'aime partager et d'autres que je préfère garder pour moi, juste pour être sûre qu'ils ne s'abîment...

Clara Mancini
1 min
La neige et la glace
La neige et la glace

Parfois le temps fige la vitesse folle de ce monde. Cette fleur pour se protéger et garder sa beauté éternelle a dema...

Régine Pelladeau-Kornmann
1 min
À ses côtés
À ses côtés

En pensant à ma grand-mèreJe me battraiContre vents et maréesPour elleLa femme de ma vie

Lucie B.
1 min
L'horizon connaît ton nom
L'horizon connaît ton nom

Je pense que notre différencene s'éveille qu'au gré de notre courage :le courage de s'écouter,de s'acce...

Yaël Emerald
1 min
14 janvier 2026
14 janvier 2026

Même si je l'oublie parfois, je n'ai pas perdu la joie.

Clara Mancini
1 min
13 janvier 2026
13 janvier 2026

La peine finira bien par détaler, comme toi, sans se retourner.

Clara Mancini
1 min

donate Du kannst deine Lieblingsautoren unterstützen

promo

Download the Panodyssey mobile app