La Charlotine
Cher Charlotte Escobar,
Je crois avoir fait cette nuit un cauchemar d’insomniaque. J'ai rêvé que j'essayais de dormir.
En passant devant mon miroir, outre mes abdos de suricate bodybuildé, j'ai pu remarquer que mon visage était un peu abîmé.
À force de m'être trop mouché, les contours de mon nez ont pelé. Je crois que c'est assez disgracieux pour tuer dans l'œuf tout excès de sensibilité. Je vais prendre une photo. Je l’enverrai à Laura si je souhaite un jour rompre et que le courage me manque.
J'ai aussi vécu un drame personnel que je tiens à aborder avec toi. J'ai oublié ma pomme pot' sur la table de ma cuisine.
Ensuite, Sébastien le bizarre nous à fait cours à moi et mes camarades. Je ne sais pas trop quoi penser de lui.
En revanche, je crois qu'il m'aime bien.
Puis j’ai brillamment passé mon oral d’anglais avec un accent digne d’un allemand édenté.
Notre professeur s’est inquiété du manque d’investissement de mon duo de choc. Je lui ai répondu que c’était parce que Margot était malade.
C’est parce qu’on avait la flemme
Ensuite, le BDE a décidé de réunir toute l’école pour faire une annonce. Ils ont choisi la plus grande salle du bâtiment. 20 places.
Les deux tiers des élèves ont dû rester debout. Mais pas nous, parce qu’on est pas des cloportes
À midi nous avons mangé tous les deux dans une salle. Le prof était déjà là. Ma voisine a décidé que c’était pas grave et qu’on pouvait quand même regarder Élite sans écouteurs.
Je me demande lequel de nous trois a été le plus gêné quand des bruits d’individus occupés à nourrir leur besoin de sensibilité ont retenti dans la salle
Pendant l’après-midi, Margot était malade (pour de vrai). C’était chiant. Tu étais laconique. C’était triste.
Je crois que je souffre d’une forme très chaste de charlottophilie. Je vais me soigner.
Après les cours, j’ai rendu une courte visite à mes parents pour vérifier qu’ils étaient vivants et que le testament était toujours à mon avantage.
Puis j’ai fait des courses. Je manquais de chips. Ce qui est évidemment incompatible avec toute forme de bonheur terrestre.
Finalement, je suis partie faire de l’escalade. J’ai mis tout en œuvre pour me briser une jambe et ne pas travailler demain. Mais les risques pris m’ont finalement mené à exceller.
J’ai enchaîné les voies avec réussites et insolence au grand désarroi de Christophe qui n’a pu qu’observer avec envie (mais sans désir) l’athlète que je suis.
C’est tout.
Maladivement,
Un toxico anonyme
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