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Chapitre 3 : La place du mort

Chapitre 3 : La place du mort

Veröffentlicht am 8, März, 2026 Aktualisiert am 8, März, 2026 Horror
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Chapitre 3 : La place du mort

Le couvercle en carton bouilli céda avec un léger craquement, exhalant une odeur tenace de cave, de poussière et d'encre sèche. Marc sentit un léger vertige le saisir en se penchant au-dessus de la table basse, une pointe de nausée qu'il mit instantanément sur le compte de l'air confiné du salon.

Hypnotisés par le contenu de la boîte, les cinq amis se turent un instant. À l'intérieur, dans des compartiments aux cloisons fatiguées et usées par les frottements, reposaient seulement deux éléments : un épais paquet de cartes étonnamment rigides aux dos sombres, et un bloc-notes à la couverture de cuir noirci, maintenu fermé par un vieil élastique distendu.

Antoine fut le premier à briser le silence. Son esprit cartésien s'était immédiatement heurté à un détail logique, cherchant comme toujours à imposer un cadre rationnel à la situation. Du bout de l'index, il pointa une inscription dorée, frappée avec une rigueur presque industrielle, à l'intérieur du couvercle.

- « Pour six joueurs », lut-il à voix haute en plissant les yeux, sa vision se troublant une fraction de seconde. Un jeu pour six, qui s'appelle L'Absent. Si l'on part du principe que nous sommes cinq, la mécanique exige probablement de laisser une chaise vide. La fameuse place du mort.

- Très joyeux, ironisa Julien en se frottant vigoureusement la nuque. La chaleur l'engourdissait, réveillant son impulsivité. Il attrapa la bouteille et se servit un généreux verre de vodka, cherchant dans l'alcool un coup de fouet. Allez, on a vu pire comme jeu à boire. Distribue les cartes, Marc.

Mais Sophie n'écoutait pas. Fascinée, elle venait de s'emparer du bloc-notes, relâchant l'élastique qui claqua contre le cuir. Ses doigts tremblaient légèrement en tournant la première page, captant une énergie lourde qui émanait du papier.

- C'est... malsain, murmura-t-elle, les sourcils froncés en une expression de pur malaise.

Marc se pencha par-dessus son épaule. L'odeur de la vieille cheminée semblait saturer l'air autour d'eux. Le papier épais crissait sous les doigts de la jeune femme. Presque tout le carnet avait été frénétiquement raturé.

Des dizaines de pages étaient entièrement recouvertes de traits noirs géométriques, hachurées à la plume d'encre noire avec une violence sauvage qui transperçait parfois le papier. Pour leurs esprits fatigués, c'était l'œuvre d'un dément ; en réalité, les blocs d'encre denses et les lignes droites ressemblaient à s'y méprendre à des croquis architecturaux frénétiques, noircissant des murs porteurs et hachurant des cloisons à abattre.

- Quelqu'un s'est acharné là-dessus, constata Antoine en ajustant ses lunettes, perplexe face à cette géométrie agressive. C'est illisible.

- Sauf à la fin, souffla Sophie, la respiration soudain un peu courte.

Elle venait d'atteindre l'ultime page du carnet, curieusement préservée. Un tableau y figurait, une grille tracée à la main à la règle, divisée en six colonnes rigoureuses. Dans les cinq premières, des écritures cursives énuméraient des prénoms familiers, tracés avec une précision technique troublante : Antoine, Marc, Camille, Sophie, Julien. Leurs prénoms.

Personne n'imagina un seul instant qu'il s'agissait du registre d'une architecte listant scrupuleusement les occupants de chaque chambre pour son devis de rénovation.

Mais c'était la sixième colonne qui figea l'assistance. Sous l'en-tête, un seul et même prénom était inscrit, répété inlassablement à la main jusqu'en bas de la page, ligne après ligne, comme une signature obsessionnelle.

- Élise, lut Camille à voix haute, le regard vitreux.

En prononçant ce prénom, la jeune femme sentit un étrange frisson glacé lui parcourir la nuque, contrastant violemment avec la touffeur de la pièce. Dans son esprit, prompt à capter les résonances lugubres de la bâtisse, ce n'était déjà plus une simple suite de lettres sur du papier jauni. Élise venait de prendre place à leur table. La sixième place.

- Bon, coupa Julien avec une gaieté un peu trop forcée, tapant du poing sur la table pour briser l'hypnose collective. On joue ou on passe la nuit à fixer des antiquités en se donnant des sueurs froides ?

Marc déglutit, soudain écrasé par le poids de son rôle d'hôte et par un léger battement sourd derrière ses tempes. Il devait reprendre le contrôle de sa soirée. Il tendit la main et prit l'épais paquet de cartes.

- On joue.

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