La vidéo (3)

Chapitre 3 : La vidéo
Le soleil filtrait à travers les grandes vitres du salon, effleurant les murs clairs de la colocation.
Un rayon chaud se posa sur le visage d’Airi, l’arrachant à un sommeil agité.
Son téléphone vibra avec insistance. Il grogna, tendit la main.
— Allô ?
— Airi ! Regarde la télé, vite !
La voix de Kazu était paniquée.
— Quoi ? Attends, je comprends rien…
— Oniji… et Jung… Ils sont passés à la télé ! Sur le toit !
Airi se redressa d’un bond. Il enfila un sweat à la hâte et traversa le couloir jusqu’au salon. La lumière du matin baignait la pièce d’une douceur presque ironique.
Il attrapa la télécommande. Les images s’affichèrent aussitôt.
Oniji et Jung sur le toit, filmés en plan large. Leurs voix résonnaient clairement.
Airi sentit sa gorge se serrer.
Chaque phrase de la vidéo lui donnait l’impression qu’on leur arrachait un morceau de leur avenir.
Quelques minutes après l’appel, la porte s’ouvrit.
Kazu rentra enfin, encore vêtu des mêmes vêtements que la veille, légèrement froissés. Il entra dans le salon juste au moment où Airi s’adressait au groupe.
Depuis plusieurs minutes, Airi enchaînait les pompes pour tenter de calmer la colère qui montait en lui. Quand il les vit tous, il s’arrêta net.
— Je vous préviens… aujourd’hui ne sera pas un bon jour. Regardez les infos avant que je perde patience.
Kazu alluma la télévision. Le silence tomba lourdement.
La vidéo tournait en boucle. Les mots de Jung claquaient comme des gifles.
Oniji blêmit. Il serra les poings si fort que ses jointures blanchirent. Soudain, il perdit pied, recula d’un pas mal assuré et renversa son verre qui se brisa sur le sol.
— Qui… qui m’a filmé ?! hurla-t-il en frappant violemment la table.
Kazu éteignit instinctivement le son. Son regard se posa sur Oniji, qui se passait les mains dans les cheveux, les tirant de rage.
Zenko fit un pas en avant, la voix tremblante et pleine de remords :
— Je sais qu’on m’avait prévenu… On avait fait attention, pourtant… Mais tu le sais comment ils sont. Ylina a vu les infos et m’a dit que c’était fini…
Il baissa la tête, les larmes coulant sur ses joues.
Airi ne semblait pas surpris.
Il resta silencieux, le regard sombre.
Oniji respira un bon coup en entendant Zenko parler avant d’exploser de nouveau, la voix rauque et incontrôlable :
— Tais-toi ! On t’avait prévenu ! Voilà le résultat ! Purée… Ce n’est pas contre toi, Zenko, mais franchement… pourquoi tu nous as pas écoutés ?! Tu vois ce que ça donne ?!
Puis il se tut quelques instants. Il essayait de reprendre son souffle et de retrouver son calme. Pourtant, la colère continuait de le consumer. Son regard devint vide, perdu dans ses pensées, sans doute en imaginant ce qu’allait devenir leur avenir. Sa respiration était saccadée, ses poings serrés. Zenko ne répondit pas, les épaules voûtées, les larmes continuant de couler.
La sonnette retentit soudain, sèche et brutale.
Oniji, qui tentait de se calmer, sentit la rage reprendre le dessus.
Il traversa le salon d’un pas brusque et ouvrit la porte avec violence.
— Quoi encore ?!
Mais il n’eut pas le temps de s’excuser. Jung entra dans l’appartement comme un chien enragé, les cheveux ébouriffés, le costume froissé, le regard dur.
— Oubliez les contrats de Paris et Londres, lança-t-il d’une voix froide et cassante.
Il jeta une enveloppe sur la table basse.
— La vidéo a tout foutu en l’air.
À ces mots, quelque chose se brisa en lui. Dans un accès de rage, il donna un violent coup de pied dans une chaise qui vola à travers la pièce et s’écrasa contre le mur.
Le reste du groupe le regardait, choqué. Ils ne l’avaient jamais vu comme ça. Oniji, d’habitude si calme et posé, semblait sur le point de tout casser.
Plus personne n’osa parler. Le silence était devenu insupportable.
Airi comprit que plus rien ne serait comme avant.
Il tourna un regard inquiet vers Oniji, incapable de savoir quoi faire. Kenzo, lui, ne savait plus où se mettre tant le malaise était devenu pesant.
Kazu regardait chacun d’entre eux, le cœur lourd. Il aurait voulu calmer Oniji, mais il savait qu’il devait le laisser extérioriser sa colère.
Jung, lui, gardait les mâchoires serrées. Son regard suffisait à comprendre qu’il était tout aussi atteint, mais qu’il refusait de perdre le contrôle. La situation était déjà assez tendue comme ça.
Dehors, le soleil continuait de briller, indifférent à leur chute.
(Fin du chapitre 3)
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👩🏽💻Barbara Wonder
🏞️ SeaArt
📚Aventure, drame, humaine, K-pop, musique.
🪶18/06/26
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Une histoire née entièrement de mon imagination humaine.
Inspirée par mon amour pour la K-pop et particulièrement BTS, j’ai créé KOZA : une histoire brute, humaine et pleine d’espoir sur les cicatrices et la résilience.
Merci d’être là.
Barbara Wonder
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