L'horloger du Lauragais
L'horloger du Lauragais
Nouvelle
Un matin, j'ai décidé d'arrêter le Temps.
Je formule cette phrase sans grandiloquence, avec la tranquille certitude de celui qui a longuement mûri son projet, dans le silence d'une maison vide. Il pleuvait ce jour-là sur les tuiles rondes de Castelnaudary, une pluie fine, insistante, de celles qui font luire les façades ocre et qui gonflent les eaux brunes du canal du Midi où se déforment paresseusement les reflets des platanes. J'avais quatre-vingt-deux ans, les mains nouées par l'arthrose, et je venais de marquer le premier anniversaire de la mort de ma femme, sous un ciel qui semblait s'être excusé d'être si bleu.
Mon nom est Élie Fontvieille. Horloger, comme mon père avant moi, comme son père encore avant lui, depuis sept générations que les Fontvieille réparent les montres et les pendules dans la même échoppe de la rue du Collège. Sept générations à courber l'échine sur les rouages minuscules, à souffler dans les ressorts, à écouter chanter les mécanismes comme d'autres écoutent chanter les grillons dans les restanques. Mon grand-père disait, dans son parler encore tout imprégné de la langue d'oc : lo temps es un ase que cal menar doçament, le temps est un âne qu'il faut mener doucement. Je crois bien que c'est lui qui, sans le savoir, a semé dans mon enfance la graine étrange dont je m'apprête aujourd'hui à récolter le fruit.
La boutique, je l'avais fermée trois mois auparavant. Non par lassitude — j'aurais pu, je crois, mourir debout parmi mes établis, les yeux dans ma loupe de joaillier —, mais parce que la ville n'avait plus besoin de moi. Les jeunes gens portaient à leur poignet des objets plats et muets qui dormaient la nuit comme des bêtes familières au pied du lit, et qui savaient mieux que moi l'heure qu'il était à Tokyo ou à Valparaiso. Les vieilles pendules reposaient dans les greniers, remplacées par des écrans. Mon dernier client, un vigneron de Fanjeaux, m'avait apporté au printemps une montre de gousset qui avait appartenu à son aïeul, une savonnette en argent niellé dont le balancier s'était rompu. Je la lui avais rendue vivante, palpitante, chuchotante — et il avait pleuré.
C'est après son départ que l'idée m'était venue.
Non, je dois être plus précis : l'idée m'était venue bien auparavant, mais ce jour-là seulement elle s'était incarnée, comme un spectre prend soudain chair dans une chambre longtemps fermée. J'avais compris que je détenais, par la grâce de près de soixante-dix années passées à coudre ensemble les secondes et les minutes, une science que personne d'autre au monde ne possédait plus. J'avais compris aussi que cette science, si je ne l'employais pas avant de mourir, s'en irait avec moi dans le caveau familial du cimetière Saint-Pierre, auprès de Marguerite, et que le Temps continuerait sans moi son implacable ouvrage, indifférent, dévorant, le Temps qui m'avait pris ma fille à six ans d'une fièvre que les médecins n'avaient pas su nommer, le Temps qui m'avait pris Marguerite en novembre, le Temps qui finirait par prendre jusqu'au souvenir de leurs voix.
✦ ✦ ✦
L'atelier occupait le rez-de-chaussée d'une maison étroite coincée entre une ancienne pharmacie et la devanture close d'un marchand de graines. Les murs, chaulés jadis, avaient pris avec les décennies cette teinte de vieux parchemin qu'ont les papiers oubliés dans les tiroirs. Deux fenêtres donnaient sur la ruelle pavée qui contournait la maison — l'une sur l'échoppe, l'autre, plus étroite, sur l'arrière-boutique —, car mon père m'avait appris très tôt qu'un horloger ne saurait travailler sans la lumière du jour, et qu'aucune lampe, fût-elle la plus puissante, ne remplaçait jamais le grain particulier d'une matinée claire. Au fond, une porte basse ouvrait sur le réduit où mon père avait entreposé, au fil des ans, les pendules que les clients ne venaient jamais récupérer : une soixantaine d'horloges de toutes époques, de toutes factures, qui dormaient là dans la demi-pénombre comme une assemblée de vieillards muets.
C'est là que j'avais résolu d'accomplir l'œuvre.
Pendant trois mois, à l'insu de tous — mais qui donc m'aurait surveillé, vieillard solitaire que j'étais ? — j'avais travaillé. J'avais démonté chacune des horloges endormies. J'avais extrait les rouages, les échappements, les balanciers, les ressorts. J'avais nettoyé pièce à pièce, à la benzine et au chiffon de lin, ces organes minuscules. Puis j'avais entrepris de les assembler autrement.
Je construisais une machine.
Pas une horloge : l'inverse d'une horloge. Je ne saurais l'expliquer mieux, tant les mots de notre langue sont ordinaires et tant ce que je faisais relevait d'une géométrie plus ancienne. Disons qu'une horloge ordinaire domestique le Temps ; elle le découpe en tranches égales, elle le rend visible, elle permet aux hommes de feindre qu'ils le maîtrisent. Ma machine, au contraire, devait le saisir à la gorge. Elle devait, par la vertu d'un assemblage inverse — ressort remonté à contresens, balancier oscillant dans le plan opposé, échappement retourné comme un gant —, faire refluer la grande marée qui emporte toute chose. Non pas remonter le temps, ce qui serait une chimère de mécanicien ivre : mais l'immobiliser. Le tenir en suspens. L'obliger à faire halte.
Savais-je si cela fonctionnerait ? Je n'en savais rien. Mais j'avais la foi du dernier fidèle d'un culte éteint, et cette foi me suffisait.
✦ ✦ ✦
Ce matin de novembre donc, un an jour pour jour après la mort de Marguerite, j'ai refermé derrière moi la porte de la rue. J'ai traversé la boutique obscure, où les établis recouverts de draps avaient l'air de catafalques. J'ai poussé la porte basse de l'arrière-boutique. Et je me suis trouvé face à ma machine.
Elle occupait presque tout l'espace. Haute de deux mètres environ, appuyée contre le mur du fond, elle ressemblait vaguement à l'un de ces autels baroques que l'on voit dans les chapelles perdues du Lauragais, ou peut-être à un grand reliquaire. Mais au lieu des statues de saints, elle offrait au regard une floraison de rouages, d'arbres dentés, de poulies, d'aiguilles pointées vers des cadrans sans chiffres. Tout cela, bien que fait de cuivre, de laiton et d'acier, avait quelque chose d'organique, comme si la matière métallique s'y était mise à pousser, à se ramifier, à bourgeonner. Au centre, trois balanciers de tailles différentes attendaient, immobiles, d'être mis en branle. Et tout en bas, accessible à une main tremblante, une manivelle de cuivre luisait doucement dans la lumière grise.
Je me suis assis sur le tabouret que j'avais disposé là. J'ai retiré mon chapeau et l'ai posé sur mes genoux. J'ai regardé longtemps la machine, comme on regarde, au moment des adieux, le visage d'une personne aimée.
Puis j'ai saisi la manivelle, et j'ai tourné.
✦ ✦ ✦
Ce qui se produisit ensuite, je l'écris aujourd'hui avec les mots les plus simples que je puis trouver, car toute ornementation rhétorique serait une injure à l'événement.
D'abord, un silence.
Non pas le silence ordinaire qui tombe dans une pièce quand les bruits du dehors s'apaisent, mais un silence d'une autre espèce, plus dense, plus ancien. Le silence qu'il devait y avoir, je crois, avant la parole, avant même le premier souffle. Un silence tel que j'entendis, distinctement, le murmure de mon propre sang dans mes tempes, et que ce murmure lui-même me parut retentissant.
Puis les balanciers de la machine s'immobilisèrent.
Ou plutôt : ils cessèrent de se mouvoir alors même qu'ils venaient de commencer. Ils restèrent suspendus dans l'air, inclinés de quelques degrés, figés comme des pendentifs. À travers la fenêtre étroite, je vis — mais je ne vis pas, car voir est un verbe trop vif pour ce qui se déroulait — une goutte de pluie arrêtée à mi-course entre le ciel et la pierre du rebord. Elle brillait, parfaitement ronde, retenue dans le vide, comme une perle dans l'air.
Je me levai. Mes articulations ne me faisaient plus mal. Je sortis, traversai la pièce, ouvris la porte de la rue.
Castelnaudary était suspendue. Suspendue en plein mouvement. Un chat traversait la chaussée ; il était arrêté à mi-bond, pattes écartées, queue dressée. Un pigeon stagnait dans le ciel, ailes déployées. Une femme, sur le trottoir d'en face, tenait son parapluie de guingois : les gouttes qui ricochaient sur la toile cirée ne retombaient pas. Au loin, la cloche de la collégiale Saint-Michel devait être en train de sonner neuf heures, car je voyais un vol d'étourneaux figé au-dessus du clocher, en forme de virgule noire.
J'avais réussi.
J'avais arrêté le Temps.
✦ ✦ ✦
Je marchai longtemps dans ma ville silencieuse. Je n'éprouvais ni vertige ni effroi, mais une sorte de paix singulière, comme si le monde, enfin, avait consenti à me livrer sa vraie nature. Je passai devant la boulangerie Fabre, où le patron était arrêté en train de sortir une fournée ; je vis ses mains gantées tenir encore la pelle de bois, et la buée des pains chauds, en nuée immobile au-dessus des briques du four. Sur le seuil, son petit-fils, qu'on appelait Mèu — le miel, en occitan — parce que sa grand-mère lui préparait toujours ces petits gâteaux qu'il dévorait avec gourmandise, tendait une main vers la corbeille des viennoiseries. Je traversai la place d'Angoulême, dont la fontaine dressait un jet d'eau figé en une colonne de verre. Je m'attardai devant le collège, où une poignée d'élèves en retard, plaqués contre le mur comme des fresques, portaient sur leurs visages ces expressions de rire et de défi qui sont la grâce brève et furieuse de l'adolescence.
Je marchai jusqu'au cimetière.
La grille en était entrouverte. Je la poussai ; elle ne grinça pas, elle ne s'ouvrit pas davantage, elle n'eut aucun mouvement, car rien n'avait plus de mouvement. Je m'étonnai de pouvoir moi-même me déplacer, et je compris alors, à cette minute précise, que j'étais devenu étranger au Temps, que je n'étais plus qu'une ombre tolérée, un passant autorisé.
J'allai jusqu'à la tombe de Marguerite.
Elle portait son nom, ses dates, et une petite photographie ovale où elle souriait de ce sourire un peu moqueur qu'elle avait dans les premières années de notre mariage, quand nous allions le dimanche pique-niquer sur les bords du Lampy, sous les chênes verts. J'avais apporté des roses, sans m'en apercevoir ; je les tenais encore dans ma main. Je les posai sur la pierre.
Je m'assis sur le banc voisin.
Je lui parlai.
Je lui parlai longuement, avec cette liberté qu'on n'a jamais, de leur vivant, avec ceux qu'on aime. La crainte de les blesser — ou de se blesser soi-même — est toujours là, bordant nos paroles comme un fil de laine borde un tricot. Je lui dis tout ce que je n'avais pas su lui dire. Je lui dis combien j'avais eu peur, l'année de la disparition de notre petite Clémence, de ne pas être à la hauteur ; et comment, cette nuit-là, quand le médecin était passé pour la dernière fois, sa main dans la mienne, m'avait empêché de sombrer. Je lui dis combien j'aimais, aujourd'hui encore, la manière qu'elle avait de mettre du thym dans la daube, et cette chanson qu'elle chantonnait en occitan quand elle repassait, Se canta, que cante, canta pas per ieu, canta per ma mia qu'es al luènh de ieu. Je lui dis que la boutique était fermée depuis l'été, que le grand platane du quai, celui sous lequel nous avions dansé pour nos belles noces d'or, avait été abattu au mois de mars à cause de la maladie qui ronge les bords du canal, mais que les cigales chantaient toujours en été, cachées dans les écorces, et que cela, peut-être, était l'essentiel.
Je lui parlai pendant ce qui me parut être une longue matinée, et qui ne fut, à proprement parler, ni une minute ni une heure, puisque le Temps s'était absenté.
Quand je n'eus plus rien à dire, je me tus.
Le silence qui suivit fut le plus beau que j'aie jamais connu. Il contenait, je crois, tout ce que j'avais dit, tout ce qu'elle aurait pu me répondre, et tout ce qu'il restait en nous d'indicible. J'y demeurai longtemps.
✦ ✦ ✦
Et c'est alors que me vint la deuxième idée. Celle que je n'avais pas prévue, et qui faillit me faire chavirer.
Je pouvais ne pas remettre le Temps en marche.
Je pouvais, en bousculant seulement d'un doigt la manivelle de ma machine, laisser l'univers à son éternelle suspension. Marguerite resterait ici, sous sa pierre, mais je ne la perdrais plus davantage. Castelnaudary ne se déliterait plus, ne vieillirait plus, ne verrait plus mourir ses derniers artisans, ne verrait plus les arbres du canal abattus un à un. Les enfants du collège resteraient à jamais dans leur rire insolent. Le chat, en plein bond, ne retoucherait jamais le pavé. Les étourneaux danseraient éternellement au-dessus du clocher, virgule noire sur le papier du ciel.
Je pouvais être, pour l'éternité, le seul vivant d'un monde arrêté.
Je revins à l'atelier. Je m'assis devant la machine. Je considérai la manivelle de cuivre. Il eût suffi, pour maintenir l'arrêt, de ne plus la toucher. Pour reprendre, au contraire, le cours des choses, il fallait la tourner en sens inverse, d'un seul tour complet.
Je demeurai là longtemps.
Je pensai à tout ce que le Temps m'avait pris. Puis, peu à peu, je me mis à penser à tout ce qu'il m'avait donné. Les matins d'hiver où Marguerite apportait du café noir sur mon établi. Les mains de ma fille Clémence, si petites, ramassant des amandes tombées dans le jardin de ma tante, à Saint-Félix. Le sourire de Mèu quand il sortait de la boulangerie de son grand-père, un petit gâteau au miel à la main, et qu'il me faisait un signe de loin. Les cigales. Les figuiers. La langue d'oc de mon grand-père, lo temps es un ase que cal menar doçament.
Un âne qu'il faut mener doucement.
Non pas arrêter. Mener. Doucement.
Je compris, alors, avec une lenteur qui ressemblait à celle de la vérité, que j'avais commis une faute. Le Temps m'avait pris beaucoup, certes. Mais ce qu'il m'avait pris, il me l'avait d'abord donné. Et si je l'arrêtais maintenant, pour toujours, je n'empêchais pas seulement de nouvelles pertes : j'interdisais aussi toute nouvelle joie. Les enfants que Mèu aurait un jour ne naîtraient jamais. Les platanes morts ne seraient jamais remplacés par d'autres arbres, d'autres espèces, d'autres ombres. Aucune fillette, dans aucun siècle, ne courrait plus pieds nus sur les dalles tièdes d'une cour de Montolieu, un soir de juillet. Le monde, pour être sauvé de la mort, devait aussi être privé de la vie.
C'était un marché que je n'avais pas le droit de conclure à la place des autres.
Je me levai. Je pris la manivelle. Je la tournai dans l'autre sens, d'un seul tour complet.
✦ ✦ ✦
Les balanciers reprirent leur oscillation. Un souffle passa sur ma nuque — c'était le vent qui, de nouveau, s'engouffrait sous la porte. Au loin, j'entendis la cloche de Saint-Michel achever de sonner les neuf coups qu'elle avait commencés dix mille ans plus tôt, ou dix minutes, je ne saurais dire.
Je sortis dans la rue.
Le chat termina son bond et disparut sous un porche. Le pigeon reprit son vol. La femme au parapluie fit deux pas et tourna le coin. Les étourneaux s'effilochèrent dans le ciel en une arabesque qui se défit vers l'est.
Personne n'avait rien remarqué.
Il ne pouvait en être autrement, bien sûr. Pour tous, il n'y avait pas eu d'interruption, il n'y avait eu que la continuité ordinaire des secondes. Ma traversée de la ville, ma conversation au cimetière, ma longue délibération devant la machine : tout cela avait eu lieu dans un intervalle que le Temps n'avait pas compté, et dont il ne conserverait aucune trace, hormis dans ma mémoire.
Je restai longtemps dans l’arrière-boutique, à remettre chaque chose à sa place. Je rangeai les outils sur l’établi, dans l’ordre que mon père m’avait appris, des plus gros aux plus fins. Je balayai la sciure de cuivre et les copeaux de laiton qui jonchaient le sol depuis trois mois de travail. Je lustrai les cadrans muets de la machine, comme on essuie le front d’un ami fiévreux. Je remis sa housse au tabouret. Puis je gagnai l’échoppe, et je découvris un à un les établis, car il me semblait qu’ils n’avaient plus rien d’un catafalque, mais d’un meuble de famille qu’on redécouvre. J’avais l’impression, en accomplissant ces gestes humbles, de saluer une dernière fois mon métier, ma maison, et toutes les heures qu’ils avaient contenues.
Je rentrai chez moi, à travers la pluie fine qui avait repris son cours. Je retirai mes souliers mouillés. Je me préparai une tasse de café noir, comme Marguerite avait coutume de le faire. Je la bus debout, devant la fenêtre de la cuisine, en regardant les gouttes glisser sur les tuiles rondes de Castelnaudary.
✦ ✦ ✦
La machine est toujours là, dans l'arrière-boutique. Je ne l'ai pas détruite ; j'aurais trouvé cela cruel, comme de tuer un animal qui vous a rendu un service. Mais je ne la remettrai pas en marche. Je l'ai enveloppée d'une grande bâche, et j'ai refermé la porte basse.
Je sais qu'un jour, quelqu'un viendra. Un neveu, un héritier lointain, un brocanteur venu faire l'inventaire après ma mort. Il ouvrira la porte. Il découvrira la machine. Il observera l'étrange assemblage de cuivre et de laiton, et il ne comprendra rien. Peut-être s'en débarrassera-t-il pour quelques pièces au ferrailleur de Saint-Papoul. Peut-être, au contraire, un de ces amateurs d'horlogerie bizarre l'achètera-t-il et tentera-t-il, des années durant, de percer son secret — sans y parvenir, car le secret n'est pas dans la machine. Il est dans la main qui la tourne, dans la foi qui l'anime, dans les sept générations de Fontvieille qui, sans le savoir, l'ont préparée.
Il a cessé de pleuvoir. Les pavés luisent. Sur le rebord de ma fenêtre, une grive a posé ses pattes orangées et me regarde à travers la vitre, la tête penchée de ce côté, puis de l'autre, comme si elle s'étonnait de me trouver encore là.
Je lui souris.
Je n'arrêterai plus le Temps. Mais je crois avoir compris, ce matin-là, quelque chose qui vaut la peine d'être dit, et c'est pour cela que j'écris ces pages. Le Temps n'est pas notre ennemi. Il est l'étoffe même dont nous sommes tissés. L'arrêter, c'est arrêter d'être. Le maudire, c'est se maudire soi-même. Il faut le mener, avec patience, avec fermeté, avec tendresse aussi, car le chemin, malgré tout, est beau.
Dehors, la cloche de Saint-Michel sonne dix heures.
Je les écoute, une à une, tomber dans le matin de Castelnaudary.
Et chacune, je la remercie.
✦ ✦ ✦
Fin
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Kommentar (1)
Bruno Druille vor 3 Stunden
Bien belle histoire de temps, mes ancêtres Fonvielle/Fontvielle étaient laboureur-cultivateur (un arpenteur-géomètre) et les plus « récents » briquetiers, à Baziège, Montgiscard, Montlaur, Montbrun-Lauragais et Villefranche-Lauragais et autres villages du Lauragais de 1700 à 1898 (aucun collatéral à Catelnaudary, pourtant je fais de la généalogie descendante).