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HUMUS, à la manière d’un psaume de poussière et d’aube

HUMUS, à la manière d’un psaume de poussière et d’aube

Veröffentlicht am 27, Jan., 2026 Aktualisiert am 27, Jan., 2026 Poetry and Songs
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HUMUS, à la manière d’un psaume de poussière et d’aube


I. GENÈSE — LE LIT DES ANCÊTRES


Ils sont là, sous nos pas.

Ceux qui furent hommes, femmes, enfants,

ceux qui marchèrent avant nous, aimèrent avant nous, tombèrent avant nous.

Ils sont là — non plus chair, mais trace,

non plus nom, mais sédiment.


Et la terre que nous fouillons de nos semelles savantes et pressées

est pleine de leurs cendres, pleine de leurs rêves brisés,

pleine de ce silence chargé de mots dissous.


Car l’humus est mémoire.

Car l’humus est chair recomposée.

Car l’humus est chant retourné au sol,

et toute grandeur humaine finit là :

dans ce limon secret, dans cette poussière fertile,

où s’accouplent la fin et le recommencement.


Refrain (à murmurer comme une veilleuse)


Et nous redeviendrons terre, et nous redeviendrons souffle,

Et nous redeviendrons chant —

humus d’humanité,

semence d’étoiles.


Voici venir l’heure non des conquérants, mais des composteurs.

Voici l’heure où l’on ne dresse plus les statues,

mais où l’on ensevelit les armes dans le giron du monde.

Voici l’heure des tombeaux ouverts sur les vivants.


Et chaque tombe est une promesse,

et chaque nom effacé est une semence de sens.

Ô lecteurs de demain, vous qui tenez ce chant comme un fruit mûr,

sachez-le : ceci n’est pas un adieu,

mais une germination.


Refrain (à voix basse, comme une prière retournée au sol)


Et nous redeviendrons terre, et nous redeviendrons souffle,

Et nous redeviendrons chant —

humus d’humanité,

semence d’étoiles.


II. LAMENTO — LES VOIX ENGLOUTIES


(chant des absents, plainte cosmique des oubliés)


Et les voix tombèrent.

L’une après l’autre.

Comme feuilles dans l’étouffement des guerres,

comme étoiles dans l’oubli des archives.


Des voix de mères sans sépulture,

de sages sans héritiers,

d’enfants nommés pour mourir avant le langage.


Et la terre, gonflée de mémoire muette,

ne savait plus que gémir par ses failles.

Car l’humanité, trop souvent, fit silence par meurtre,

et oublia par système.

Et ce fut là son péché — non d’avoir échoué,

mais d’avoir tu ce qui pouvait encore parler.


Refrain (comme un vent dans les ruines)


Et nous sommes déjà terre, et nous sommes déjà souffle,

Et nous sommes déjà chant —

humus d’humanité,

semence d’étoiles.


Ils n’étaient pas des héros.

Ils n’avaient pas de statue.

Mais ils savaient rire, et souffrir, et veiller les leurs.

Ils n’ont rien laissé d’autre

que leur manière de rompre le pain,

d’apprivoiser la nuit,

de croire encore à demain.


Le monde, trop pressé, ne les vit pas.

Mais leur mémoire pèse dans le pain des vivants.

Leurs silences brillent dans les clartés qu’on dit nouvelles.

Et leurs gestes reviennent — par d’autres mains,

par d’autres noms —

comme des prières sans autel.


Refrain (chuchoté dans les creux du sol)


Et nous sommes déjà terre, et nous sommes déjà souffle,

Et nous sommes déjà chant —

humus d’humanité,

semence d’étoiles.


III. INVOCATION — TERRE & VERBE


(appel à l’élément et au mystère,

invocation d’un monde recommencé)


Ô Terre, notre matrice,

nous ne venons plus t’exploiter — mais t’implorer.

Nous déposons nos noms, nos titres, nos siècles de conquête,

et nous venons nus,

comme viennent les orphelins sous la pluie,

comme viennent les peuples en exode vers un pain de sens.


Nous t’invoquons, sol obscur et nourricier,

non pour t’arracher encore,

mais pour te prêter serment.

Nous n’avons plus d’offrandes,

que ce poème,

ce corps fragile,

ce souffle redonné.


Refrain (voix lente, souffle bas)


Car nous fûmes toujours terre,

car nous fûmes toujours souffle,

car nous fûmes toujours chant —

humus d’humanité,

semence d’étoiles.


Ô Verbe ancien, parole non éteinte,

revins-tu d’entre les silences ?

Nous te pensions perdu dans les tombes,

écarté par les systèmes et les vacarmes,

mais voici que tu reviens —

dans le cri d’un enfant,

dans la fissure d’un mur,

dans l’humidité des herbes nocturnes.


Reviens, Verbe de braise,

verbe d’alliance,

verbe d’éveil —

viens t’inscrire non plus sur les pierres,

mais dans les veines,

dans les souffles,

dans les gestes ordinaires qui réparent.


Reviens, Verbe de tendresse,

non pour condamner,

mais pour relier.

Non pour juger,

mais pour traverser avec nous

le désert des illusions consumées.


Refrain (plus grave, plus ample)


Car nous fûmes toujours terre,

car nous fûmes toujours souffle,

car nous fûmes toujours chant —

humus d’humanité,

semence d’étoiles.


IV. RENAISSANCE — LE CORPS DU MONDE


(une chair nouvelle, une humanité transfigurée

par son retour à la terre et à la parole redevenue terrestre)


Et ce fut un frémissement — d’abord imperceptible,

comme le sursaut d’une graine dans l’obscurité du sol.

Puis vint la sève.

Puis vinrent les voix.


Car dans l’humus, tout recommence.

Non comme un retour en arrière,

mais comme un jaillissement neuf,

un recommencement d’espèce,

un tressaillement d’être.


Le Verbe s’était mêlé à la terre,

et la chair en fut transformée.

Une nouvelle humanité se leva —

non d’une injonction,

mais d’un consentement.


Refrain (désormais souffle d’élan)


Et nous redevenons terre, et nous redevenons souffle,

Et nous redevenons chant —

humus d’humanité,

semence d’étoiles.


Le corps du monde fut revisité.

On y respira à nouveau —

non dans la peur,

mais dans l’accord.


Le souffle devint lien,

et les veines, chemins de réciprocité.

Une peau nouvelle couvrit les cités —

faite de vivant, de mémoire, de murmures.


Les maisons furent poreuses,

les frontières, translucides.

On n’y vécut plus en forteresses,

mais en passages.


L’eau retrouva son cycle sacré,

le feu redevint célébration.

Les gestes — même infimes — portaient des germes d’avenir.

Et les vivants ne parlèrent plus d’humanité,

mais de communautés d’être.


Le corps ne fut plus objet.

Il fut relation.

Il fut monde.

Et chacun devint responsable de sa parcelle de vivant,

de sa vibration singulière dans l’ensemble orchestral.


Refrain (avec un timbre plus ample)


Et nous redevenons terre, et nous redevenons souffle,

Et nous redevenons chant —

humus d’humanité,

semence d’étoiles.


V. CODA — L’OFFRANDE


Ô vous qui tenez ce chant,

sachez que nous sommes déjà terre,

déjà souffle dans vos poumons,

déjà semence dans vos gestes.


Le monde à venir n’attend pas demain —

il germe dans chaque main qui donne,

dans chaque regard qui reconnaît,

dans chaque seuil devenu passage.


Car la mémoire des absents pèse dans le pain que nous rompons,

brille dans les étoiles que nous regardons,

résonne dans le souffle que nous prenons.


Ces voix ne furent pas des héros.

Elles n’avaient pas de statues.

Mais leurs récits, leurs silences, leurs gestes ordinaires

sont là —

dans la cicatrisation commune,

dans l’écoute attentive du monde.


Et la Terre, notre matrice,

ne sera plus exploitée, mais implorée.

Le Verbe ancien reviendra,

non dans la froideur des systèmes,

mais dans la vibration du cœur,

dans les gestes partagés,

dans la relation retrouvée.


Les citadelles tomberont,

et les villes seront habitées par des gestes de soin.

La Terre, la mer, l’air, le feu

seront célébrés comme des organes vivants.


Les frontières deviendront des passages,

les maisons des cœurs perméables,

et l’humanité ne parlera plus de possession,

mais de relation, de réseau vivant.


Refrain (ultime, comme une bénédiction)


Et nous redevenons terre, et nous redevenons souffle,

Et nous redevenons chant —

humus d’humanité,

semence d’étoiles.


Le monde nouveau ne sera pas un rêve lointain,

mais une réalité tissée de tendresse et de joie partagée.

C’est par l’amour et la beauté offerte

que tout recommence.


Et chacun de nous, dans son geste simple,

dans son regard accordé,

recrée ce monde —

non pour sa propre gloire,

mais pour l’harmonie des vivants.



Note : Ce texte est né d’une méditation sur l’humus — non comme simple matière organique, mais comme mémoire vivante, lieu de passage entre les morts et les vivants, entre la fin et le recommencement. Il emprunte au psaume, à l’hymne et à la prose poétique pour dire une conviction simple : rien de ce qui a été vécu, aimé, souffert, n’est perdu. Tout retourne à la terre, et tout peut encore porter ses fruits. HUMUS est une parole de veille, adressée à un monde fragile, non pour le juger, mais pour l’aider à se souvenir.


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Line Marsan verif

Line Marsan vor 2 Stunden

C'est très beau. Avec ce chant intime. On aimerait l'entendre, on l'entend presque résonner. ❤️

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