L'instant d'avant ...

Il s'est éteint, d'un souffle il a expiré et il n'est plus ... La nouvelle si redoutée est tombée, un simple coup de fil pour dire l'inaudible. Je respire profondément, longuement pour mieux fixer dans mon cerveau son visage. Je cherche le timbre de sa voix pour le retenir mais ... l'image et le son sont floutés, résurgences qui sombrent déjà dans le passé.

J'ai beau fermer les yeux pour le rendre vivant, tenter de sentir la chaleur de sa main que je caressais il y a encore si peu de temps comme celle d'un enfant, je rencontre seulement l'absence, un vide abyssal qui comprime ma poitrine.

J'ai contemplé ensuite son corps froid, inerte et déserté subitement de toute la révolte, la colère, le désespoir, la tristesse et la résignation qui l'ont fracassé dans l'ouragan de la vieillesse, de la maladie, et de la déchéance qui chaque mois grignotaient un peu plus ses facultés.

J'aurai tout donné pour le voir sourire à nouveau, tordre le nez à la vie et sentir les battements de son coeur mais il y a des jours sans retour, des jours où l'être cher s'érige en souvenir et l'avenir vous laisse orphelin d'un père.