A mon épouse, que je chéris

I - Mon destin, mon bonheur... (1)

Sonnet serpentin de forme marotique

 

Mon destin, mon bonheur, mon amour et ma vie

Sont restés quelque part dans cet aéroport ;

Vagabonds accablés, gémissant sur leur sort,

Ils errent, indolents, où l’ennui les convie.

 

Et chaque jour qui passe est comme une survie,

Puisque vivre sans toi, c’est pire que la mort !

Ô pourrai-je trouver un peu de réconfort

Dans les doux souvenirs de mon âme asservie ?

 

Impuissant, je te vois t’échapper de mes bras !

Je veux croire pourtant que tu me reviendras,

Et cet espoir de fou que mon cœur te confie

 

Est bien le dernier vœu que je ferai jamais,

Car tu seras toujours, Tanya, je te promets,

Mon destin, mon bonheur, mon amour et ma vie.

 

 

 

Ma juste moitié (2)

Sonnet shakespearien de forme italienne

 

Je vivais toujours seul, presque par habitude.

Mais devant tes yeux verts et tes charmes bénis,

Ta beauté, ton sourire et ta grâce infinis,

Alors un fol espoir berça ma solitude.

 

Brusquement notre amour se mut en certitude.

Du jour au lendemain, nous étions réunis,

Fébriles tourtereaux au creux d’un même nid !

Je goûtais au bonheur en toute plénitude.

 

Mon âme vagabonde avait trouvé son toit !

Mais déjà le travail t’appelait loin de France…

A présent orphelin, je dois vivre sans toi.

 

Ô puisse la fortune entendre ma souffrance !

Ne peut-elle, en un geste auguste de pitié,

Unir enfin mon cœur à sa juste moitié ?