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Lilie's

Lilie's

Publié le 31 juil. 2022 Mis à jour le 31 juil. 2022
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Lilie's

Il faisait nuit, pourtant, je n’arrivais pas à fermer l’œil. Couchée dans mon lit, sentant le léger déplacement permanent que faisait ce bout de rocher où trônait la maison, je me demandais jusqu’où tout cela me mènerait.

 

Ce voyage entamé depuis maintenant une semaine, je l’avais accepté malgré les réticences de ma petite sœur « Tu ne sais même pas où ça va t’amener, et tu n’a aucune chance de fuir si ça tourne mal ! » Qu’elle m’avait dit… Bien sûr, elle avait raison, je ne pouvais pas quitter ce bout de caillou tant qu’il ne serait pas arrivé à destination. J’avais de quoi me nourrir, le nécessaire pour l’hygiène, quelques trucs pour m’occuper durant la journée, mais en cas de problème, j’étais coincée…

 

Je me levais et fit quelque pas hésitant vers le coffre. Ce coffre qui était le but même de mon voyage. Je n’en avais pas la clé, mon boulot, c’était de veiller dessus jusqu’à arrivé à destination, pas de regarder ce qu’il y avait dedans. Mais durant ces longues journées, sans cesse me revenais cette question « Qu’y a-t-il de si important dans ce coffre pour qu’on soit prêt à me payer 20 000 Serties juste pour l’accompagner dans ce voyage ? ». Et puis surtout, pourquoi venir chercher une pauvre paumée comme moi au fin fond de la partie le plus mal famé de la ville ? Cet étrange homme avec son œil de diamant aurait très bien pu faire le voyage, et sans débourser un Sertie…

 

J’en était là de mes réflexions, en fixant le coffre interdit, quand un bruit étrange se fit entendre ; une sorte de bourdonnement. Cela venait de l’extérieur.

 

J’attrapais le pistolet à 7 coups qu’on m’avait donné pour le voyage et sortit prudemment en le tenant braqué devant moi. Ayant fait deux pas dehors, je m’arrêtais net ; un nuage de fumée jaune était apparu à 5 pas de moi et l’on pouvait y discerner une silhouette humaine.

Sur mes gardes, j’attendis que la fumée se dissipe, le cœur battant. Une voix se fit entendre, presque familière.

 

– Détends-toi Lilie, je ne me ferais pas de mal.

– Je n'en doute pas, mais moi, je n’hésiterai pas !

Le nuage avait maintenant complètement disparu et la silhouette était maintenant bien visible. Je faillis lâcher mon pistolet et le rattrapais in extremis ; ces longs cheveux gris, ses yeux violets en amandes, cette cicatrice sur la joue gauche, ce sourire un peu moqueur… Cette femme me ressemblais trait pour trait, mais avec au moins 20 ans de plus !

- Alors Lilie, c’est comme ça que tu accueilles la seule personne qui te rend visite depuis une semaine ? » La voix était calme et amusée, tout le contraire de moi en ce moment.

- Comment… Tu es vraiment qui je crois ?

- À ton avis ? Tu vois une autre explication ?

– …

– Je suis perdue, explique-moi, comment est-ce possible ?

– Hé bien, dans l’époque d’où je viens, la machine à voyager dans le temps a été inventée. Peu accessible, mais je me suis débrouillée pour faire ce voyage ; tu sais bien, je suis débrouillarde. » Dit-elle avec un petit clin d’œil.

Je baissais mon arme et me détendis un peu. J’observais cette femme que je serais dans 20 ans et trouvais qu’elle avait l’air sereine, détendue ; heureuse même. Moi qui ne connaissais que le malheur, la tristesse et n’avait jamais même effleuré ce sentiment qu’est le bonheur…

– Je sais ce que tu penses, Lilie, « quand trouvera tu ce bonheur que tu vois dans mes yeux ? » Voilà quelques années, déjà que je l’ai atteint, j’avais oublié cette tristesse qui m’a tant rongée à l’époque… Mais si ça ne te dérange pas, pourrait-ont discuter à l’intérieur ? Je commence à avoir froid ici.

– Bien sûr, »lui répondis-je, encore à moitié sonnée.

Je regagnais donc la maison, suivie par mon moi futur. Je l’invitais à s’asseoir dans un des fauteuils et m’installais dans l’autre, en face d’elle.

– Alors, dis-moi, pourquoi avoir fait ce voyage dans le temps pour venir me voir, ici et maintenant ?

L’espace d’un instant, ses yeux reflétèrent le trouble plutôt que la joie, puis elle me sourit en répondit :

– C’est assez délicat en fait, ce voyage peut amener une excellente chose comme une catastrophe. Te rappelles-tu de la promesse qu’on a faite à ce petit garçon que l’on avait hébergé quelque temps chez nous ?

– Heu… Pas vraiment non. Sûrement une promesse faite pour le rassurer ou lui faire plaisir, rien d’important probablement.

– Au contraire, cette promesse, il l’a retenue et quand tu le reverras, il te demandera où tu en es dans son accomplissement.

– Tu es venue pour me faire tenir une promesse que j’ai faite à un gosse sans même y réfléchir ? C’était quoi déjà ?

– « Je te promets que je retrouverais tes parents. »

– Mais enfin ! J’ai sûrement dit ça pour le rassurer. Je ne m'en souviens même pas !

– Je sais, ça te reviendra seulement quand tu le reverras, dans à peu près 10 ans. Lui n’aura pas oublié, il aura alors 22 ans et n’aura encore aucune piste. Mais par contre, il sera ravi de te revoir, il ne nous a pas oubliées lui.

– C’est n’importe quoi… Et alors ? Pourquoi venir ici pour me parler de ces âneries ?

– J’avais oublié que j’étais si agressive à l’époque, dit-elle en riant un peu. Hé bien, c’est simple, dans le coffre que tu as promis de ramener, se trouve un carnet avec des noms, des adresses et diverses informations sur les parents de l’enfant.

– Je t’arrête tout de suite ! Hors de question d’ouvrir le coffre, Oeil de diamant va me donner 20 000 Serties, mais seulement si je n’y touche pas.

– Tu ne m’apprends rien et c’est pourquoi je disais que ça pouvait être une très bonne chose ou une catastrophe. J’ignore quels seront les conséquences du changement que je suis venue te demander de faire. Mais c’est la seule façon de retrouver les parents de Ralphie. »

J’en avais assez entendu !

– Même si j’ouvre ce coffre pour te donner ces informations, qu’est-ce que ça changera ? Depuis le temps, ses parents sont peut-être déjà morts, et même si ce n'est pas le cas, après tant d’années, une adresse ne veut plus rien dire, ça ne permettra pas de les retrouver ! Et surtout, j’en ai rien à faire de toute cette histoire ! Je vais pas faire une croix sur 20 000 Serties juste pour faire plaisir à un mioche que j’ai vu 48 heures dans ma vie ! J’arrive même pas à croire que tu as traversé le temps pour quelque chose d’aussi insignifiant que ça ! »

La femme que je serais dans 20 ans me regardait d’un air mi-amusée, mi-sérieuse. Elle commençait vraiment à me taper sur le système !

Elle me dit alors, d’une voix assurée :

– Quand tu auras entendu ce qui va suivre, tu auras autant envie que moi de l’ouvrir ce coffre : ce « mioche » comme tu l’appelles, c’est l’enfant de Hélène et Jack Clyden. Le livre, d’après mes sources, retracent une partie de leur voyage depuis leur disparition, mais aussi, la destination de ce voyage ainsi que la raison pour laquelle ils l’ont fait.

– … Les Clyden ? Ralphie est leur fils ?

– Exact. Donc tu sais ce que ça signifie…

– J’arrive pas à y croire…

– Si Ralphie retrouve la trace de ses parents, s’il remonte jusqu’à leur destination finale, il pourra reprendre le flambeau. Et tel que je l’ai vu, je peux t’assurer qu’il est le digne héritier de ses parents. On peut changer les choses !

– Je comprends maintenant le but de ta démarche. Mais je comprends aussi le risque : si on l’ouvre, on ne finira pas cette mission, on ne touchera pas la récompense et on ne rencontrera peut-être jamais Ralphie…

– Voilà, tu as tout compris. Mais il faut essayer, je suis sûr que ce n'est pas un hasard tout ça. Le risque en vaut vraiment la peine, tu le sais maintenant. »

Il n’y avait rien à ajouter. On se leva en même temps et on se dirigea vers le coffre. Je sortis mon arme, visais le cadenas et, après une petite hésitation, j’appuyais sur la détente. Le cadenas vola en morceaux et j’ouvris précipitamment le coffre.

Je me penchais pour voir ce qu’il contenait : divers livres, des armes que je n’avais jamais vues, des carnets, une sphère bizarre et enfin, au-dessus de tout ça, un papier où il était marqué en grand : « Mauvais choix, il fallait refuser la proposition de Lilie, le contrat est annulé, préparez-vous à mourir ! »

L’autre Lilie derrière moi avait aussi lu la lettre et, toutes deux étions aussi abasourdies l’une que l’autre. Un bourdonnement se fit alors entendre dehors. Cette fois-ci, je n’eus pas à me demander ce que c’était, j’avais compris : des gens arrivaient pour nous tuer.

Nous nous lançâmes un regard entendu et je vis Lilie sortir deux pistolets noirs, avec un petit sourire aux lèvres.

– L’aventure peut commencer ma petite !

– Comment peux-tu sourire à un moment pareil ?

– J’aime l’action et combattre le mal, tu avais oublié ? »

Elle éclata de rire alors que moi, je fronçais les sourcils ; nous étions la même personne, mais tellement différentes l’une de l’autre.

La porte d’entrée s’ouvrit brutalement et des hommes, tous habillés en costume blanc avec un tatouage bizarre sur le front, en franchirent le seuil, armé eux aussi d’armes à feu. Lilie et moi ouvrîmes le feu sans hésiter tout en nous jetant derrière le canapé. On entendit des râles d’agonies et je me redressais brièvement pour évaluer la situation : 2 ennemis à terre et 3 debout. Lilie me glissa un petit « Go ! » et sans devoir y réfléchir, on se sépara, chacune partant dans une direction opposée pour sortir de notre cachette. Les armes tonnèrent, je sentis une douleur au bras gauche et vis les 3 autres ennemis tombés au sol. Je me rapprochais des corps et, sans hésiter, achevaient les ennemis d’une balle dans la tête. Je vis que de son côté, l’autre Lilie en fit autant.

– Lilie 1, le mal 0 ; on fait une belle équipe, tu trouves pas ? » Me dit-elle d’une voix enjouée.

– T’es vraiment pas normal Lilie…

– Aller, arrête de râler en permanence, souris un peu, la vie est belle ! »

Je rangeais mon arme en murmurant « vraiment pas normale » alors qu’elle remettais également ses armes à leur places.

– Bon, et si on prenait ce carnet dont on a besoin ? On l’a bien mérité après tout. »

Pour le coup, j’étais d’accord avec elle.

J’espérais de tout cœur qu’on avait pris la bonne décision, on ne pouvait plus reculés maintenant. Comme Lilie l’avais si bien dit, l’aventure pouvait commencer…

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