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8.0 – Lire c’est aller quelque part

8.0 – Lire c’est aller quelque part

Publié le 3 août 2022 Mis à jour le 3 août 2022
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8.0 – Lire c’est aller quelque part

L'objet de notre recherche peut se résumer en ces termes : comment avoir pleinement le sentiment d'entrer dans les histoires que nous lisons ?
Pourrions-nous aller au-delà d'une traditionnelle lecture, aussi prenante soit-elle, mais réglée, classique, linéaire, dans les sillons tracés par les auteurs ? Et, si oui : comment ?

D'abord, en prenant conscience de notre propre identité de lecteur.
C'est là le premier pas.
Simple en apparence, mais essentiel.
C'est le premier pas qui met en marche, et la marche ensuite tracera notre route.

Cette simplicité n'est en effet qu'apparente. Elle ne générera rien en elle-même et restera inopérante si elle n'est pas activée par une ferme intention.
Ce que nous prônons ici c'est en effet une lecture intentionnelle. C'est-à-dire une lecture motivée par une ferme intention : celle de voyager véritablement dans les livres.

La lecture doit s’apparenter pour nous à l’accomplissement d'une action. Mais avons-nous véritablement cette intention ?

Si oui, nous devrions d'abord pouvoir facilement choisir librement nos lectures. C'est-à-dire laisser venir à nous, par affinités et par intuitions, celles qui nous transporteront, voire qui nous transformeront.
Ensuite, nous devrions pouvoir en faire la lecture en toute conscience et en restant en pleine possession de notre volonté individuelle.
L'objectif est de trouver, puis d'affirmer notre identité de lecteur. C'est-à-dire en vérité rien de moins que de passer de l'identité civile qui nous a été accolée à la naissance et par la naissance, aux personnages que nous pourrions aussi être potentiellement sur d'autres plans.
C'est ce que nous avons vu précédemment avec l'exemple du cas de Cervantès en Alonso Quichano, lui-même en Don Quichotte.

Si les marins avaient toujours emprunté les voies navigables connues, jamais Magellan n'aurait réalisé son exploit.
Mais au 21e siècle, avec les développements de prothèses technologiques qui pourraient plus facilement nous donner l’illusion de voyager dans l'imaginaire, tout en contrôlant en fait plus rigoureusement notre imaginaire, nous devons, davantage encore que durant les siècles précédents, rester vigilants à préserver notre liberté d'esprit, notre liberté de penser et de passer.
Et notamment pour ce qui nous mobilise ici : la liberté de penser nos lectures, de nous penser librement dans ces dernières, de passer un temps dans leurs mondes.

Pour cela nous devons persévérer dans une ferme volonté de sortir du troupeau des lecteurs moutonniers, pour lire maintenant avec une intention délibérée de rentrer dans la fiction et d'y jouer notre rôle, d'y tenir notre place.

Pour vivre cela, je prédis que bientôt certains seront prêts à devenir des loups.
Quel que soit le prix à payer, plutôt que de rester des chiens, bien nourris par le plaisir de lire, mais attachés, limités, enclos par les milles ruses des auteurs.

« Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu'importe ?
Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
Cela dit, maître Loup s'enfuit, et court encore. »
(Jean de La Fontaine, Le Loup et le Chien.)

Merci pour votre lecture. Vous pouvez utiliser le bouton "Commenter" pour me faire part de vos questions et remarques.
Je suis chercheur indépendant à Paris. Je travaille sur la lecture immersive de fictions, le sentiment de "traversée du miroir" par les lectrices et les lecteurs de romans. Pour que je puisse poursuivre mes travaux votre soutien m'est indispensable.
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Commentaires (2)

C'est marrant...à tenter de définir "techniquement" mon projet de thèse, j'en arrive à des paragraphes comme (attention, work in progress):
Par exemple, sur la page wikipédia de Todorov :
Les réflexions postérieures de Todorov portent principalement sur l'altérité et notamment sur la question du « nous » et des « autres » dans les discussions des humanistes en Europe lors de la découverte du Nouveau Monde, pendant le processus de colonisation ou au cours du XXe siècle, ainsi que sur la question de la mémoire.
Certes, mais juste après :
« Méfions-nous des deux extrêmes : nous n’avons pas à rougir de choisir cette voie moyenne. »

Erreur.
Il faut aller « individuellement » aux extrêmes, les mots ne sont que figés, alors que la vie est mouvement. Les mots sont des outils pour permettre le mouvement, vouloir figer le mouvement, trouver l’équilibre une fois pour toutes, c’est là la cause humaine d’une réalité falsifiable et manipulable.

Chaque un doit faire le mouvement.
Bien sûr, cela fait peur. D’autant plus pour ceux qui ont tenté le voyage, et ont échoués à s’en approcher d’assez près pour réussir. Ceux qui ont eu trop peur et sont revenus dans le giron du « groupe ».
Exemple :
"Né à Sofia le 1er mars 19392, Tzvetan Todorov se rend à Paris en 1963 et devient docteur en psychologie en 1963. Il acquiert la nationalité française en 1973."
La nationalité française, à partir de là, il a comblé un vide avec de la réalité falsifiable et manipulable. Qu'en dirait Georges (Bataille)?
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Lorenzo Soccavo 6 jours

Mes quelques lectures de Georges Bataille sont bien loin ! Ce que vous me dites là d'intéressant se retrouve peut-être dans ce qui serait une sorte de travail intérieur en moi, dont ces textes et mon expérience "Retour à Davos" seraient l'expression, travail sur l'articulation de la double métaphore du monde comme livre, et, du livre comme monde (?) :-)

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