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5.3 – De la vie à la mort... 

5.3 – De la vie à la mort... 

Publié le 4 juil. 2022 Mis à jour le 4 juil. 2022
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5.3 – De la vie à la mort... 

Le seul souci pour nous est que cela reste toujours seulement une histoire.
Une histoire dans une histoire, une vieille astuce. Un truc. Une illusion de plus.

Des métalepses peuvent être si discrètes qu’un lecteur non averti peut aussi très bien n’y voir qu’une simple licence poétique.
Par exemple ici chez Virginia Woolf : « Voici un poème où il est question d’une haie. Je vais flâner le long de cette haie, et cueillir des fleurs : de vertes belles-de-jour, et des aubépines couleur de clair de lune, des églantines, et de sinueuses branches de lierre. Je vais les tenir ferme entre mes mains, et les déposer sur la surface luisante du pupitre. » (Les Vagues, traduit de l'anglais par Marguerite Yourcenar).

Beaucoup d'auteurs de littérature fantastique usent abondamment depuis longtemps de cet artifice.
Je pense notamment au célèbre romancier japonais Haruki Murakami, par exemple dans ses trois tomes 1Q84, entre beaucoup d’autres.
Les effets s’en trouvent concentrés dans un petit livre de 2005, L’étrange bibliothèque, dans lequel Murakami les exploite par rapport justement à notre situation de lecteurs égarés entre deux mondes à chacune de nos lectures.
Notre rapport à nos propres abîmes de lecteurs en quête de livres y est subtilement métaphorisé par les inquiétants sous-sols d’une bibliothèque.

En 2001 l'écrivain britannique Jasper Fforde publia L'Affaire Jane Eyre, une uchronie littéraire dans laquelle une détective poursuit un criminel dans le monde du roman de 1847, Jane Eyre de Charlotte Brontë.

Les exemples seraient multiples.
La science-fiction exploite beaucoup cet effet. La littérature jeunesse aussi parfois, pensons à L'Histoire sans fin, roman de l’écrivain allemand Michael Ende.
Bastien, dix ans, vole un livre titré L'Histoire sans fin. Au fur et à mesure qu’il progresse dans sa lecture il prend conscience de pénétrer plus avant dans le monde du livre, certes engendré par la propre imagination de ses lecteurs, mais qui par l’intensité qu’il acquiert précisément de leurs lectures n’en représente pas moins pour eux un véritable danger : celui de ne pas pouvoir retourner ensuite dans le monde réel.

La lecture comme possible traversée du miroir...

De l'autre côté du miroir de Lewis Carroll, un des rares titres de livres peut-être à être devenu une expression courante (passer de l’autre côté du miroir), reste cependant pour moi le livre emblématique d’une métalepse sans fioritures parasitaires.

La jeune Alice, celle qui vécut déjà de curieuses aventures au pays des merveilles, s'endort dans un fauteuil, rêve qu'elle est éveillée et qu'elle passe de l'autre côté du grand miroir du salon.
Tout a lieu simplement. L’auteur jouera ensuite facilement avec d’hypothétiques inversions d’images et de directions dans le reflet du monde de derrière le miroir, mais l’important est en fait dans le passage.

Le passage fait écho à notre appréhension du passage de la vie à la mort. 
Ce passage que Jean Cocteau a si sublimement exprimé au cinéma dans Le sang d’un poète en 1930, puis dans son Orphée de 1950.
Le passage du miroir…
Alors, la lecture comme possible traversée du miroir ?

Merci pour votre lecture. Vous pouvez utiliser le bouton "Commenter" pour me faire part de vos questions et remarques.
Je suis chercheur indépendant à Paris. Je travaille sur la lecture immersive de fictions, le sentiment de "traversée du miroir" par les lectrices et les lecteurs de romans. Pour que je puisse poursuivre mes travaux votre soutien m'est indispensable.
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