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8.2 – Investir dans la fiction 

8.2 – Investir dans la fiction 

Publié le 6 août 2022 Mis à jour le 6 août 2022
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8.2 – Investir dans la fiction 

Les liens qui se tissent entre nous et certains livres font lieux. Il y a comme une métamorphose qui s’opère en leur sein, un changement de formes au cœur même de nos lectures.
Nous verrons bientôt en quoi cette idée de forme accueillante est essentielle. Mais commençons par voir ce que sont les lapalissades à rebours.

Si nous disons : « J'entre dedans », ou bien, « Je sors dehors », nous faisons ce qui s'appelle couramment une lapalissade : la réaffirmation inutile d'une évidence.
Mais si nous disions : « Entrer dehors », ou bien : « Sortir dedans », alors là nous nous ouvririons d'un coup d'infinies possibilités pouvant nous permettre de mieux ressentir et de mieux exprimer notre expérience intime de la lecture de fictions littéraires.

En effet, quand je lis un roman qui me transporte dans son propre univers imaginaire, je pourrais très bien exprimer cette expérience de vie par une expression telle que : « Je suis entré dehors, dans cet extérieur de l'autre monde que m'ouvrait ce livre... », ou bien encore : « En lisant cette histoire brutalement je suis sorti de moi pour entrer dans son univers... ».

Entrer dans une histoire, entrer dans un livre, c'est sortir de soi et d'abord du troupeau en soi.

Entrer dehors… Sortir dedans…

C'est prendre sa part du récit de notre univers.
C'est participer de la magie du phénomène humain en rendant possible l'écart créateur, le pas de côté qui nous permet d'exister pleinement et de créer librement.

Car toujours celui qui mène le troupeau, celui qui fait tourner le manège, celui qui écrit l'histoire, induit chez les autres des comportements mimétiques qui les réconfortent en leur évitant les mauvaises surprises, les mauvaises rencontres, tous les dangers. Sauf qu'il s'agit toujours là de la sécurité du chien ; celle de l'animal domestiqué, de l'homme réduit au statut de consommateur et de spectateur.
Se soustraire du troupeau en lisant le monde comme un livre et les livres comme des mondes c'est s'augmenter d’une liberté qui sans cela n’est qu’un simple mot.

M'inspirant une nouvelle fois de l'idée du philosophe Paul Ricoeur, je rappellerais ici cet autre point de vue toujours possible : celui de l'identité narrative, « c'est-à-dire la sorte d'identité à laquelle un être humain accède grâce à la médiation de la fonction narrative » (in Esprit N°140/141, Juillet-août 1988).

Comment, en tant que lectrices et lecteurs de fictions littéraires, nous forgeons-nous notre identité narrative comme une partie intégrante de notre propre personnalité, non seulement par nos stratégies discursives et nos inventions et réaménagements des faits réels de notre vie, mais aussi en fonction de nos lectures et de notre investissement imaginaire dans ces dernières ?

Merci pour votre lecture. Vous pouvez utiliser le bouton "Commenter" pour me faire part de vos questions et remarques.
Je suis chercheur indépendant à Paris. Je travaille sur la lecture immersive de fictions, le sentiment de "traversée du miroir" par les lectrices et les lecteurs de romans. Pour que je puisse poursuivre mes travaux votre soutien m'est indispensable.
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