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L'industrie financière : assassin n°1 des citoyens ?

L'industrie financière : assassin n°1 des citoyens ?

Publié le 30 janv. 2021 Mis à jour le 30 janv. 2021
time 19 min

L'industrie financière : assassin n°1 des citoyens ?

On ne négocie pas avec une banque pas plus

qu’on ne négocierait avec un terroriste. »

Hervé Falciani

 

Puissance et nuisances des banques

Il est aujourd’hui prouvé que les dérives de l’industrie bancaire ont engendré précarité, dettes et chômage de masse. Pour que chacun comprenne les enjeux de la finance, toutes les écoles du monde devraient projeter aux élèves le TEDx talk de Jérôme Cazes, intitulé « Une transition financière pour la planète » enregistré à Clermont-Ferrand le 22 octobre 2016. Cette prise de parole publique d’une dizaine de minutes de celui qui a dirigé la COFACE (entreprise spécialisée dans l’assurance crédit du groupe Natixis) explique de manière pédagogique que « les banques sont les organisations privées les plus puissantes de la planète », mais aussi que « les grandes banques, gangrenées par la finance de marché, sont devenues des dangers publics […] » et qu’il est « de notre responsabilité à tous, citoyens, de les ramener vers l’intérêt général. »

Le sociologue Jean Ziegler attaque lui aussi le système financier quand il remarque que « le secteur financier partage une grande partie de la responsabilité car les grandes banques n’ont pas arrêté de jouer sur le marché des food trade (“denrées alimentaires”). Et qu’au même moment, un milliard de personnes sont sérieusement mal nourries. Chaque seconde, un enfant meurt de faim ». (Interview du 26 avril 201publiée par Der Spiegel)

Malheureusement, les alertes de Monsieur Ziegler semblent depuis des années êtredes cris dans le désert puisque nous avons appris fin 2020 que l’eau, tout comme le blé et le pétrole, était cotée en bourse aux Etats-Unis. Comme le souligne Augustin Langlade dans son article paru dans La Relève et la Peste :« Si le XXe siècle fut celui de l’or noir, le XXIe siècle pourrait ainsi devenir celui de l’or bleu. Plus l’eau sera rare, plus elle rapportera d’argent. Les financiers l’ont compris et c’est pour cela qu’ils cherchent à inaugurer de nouveaux marchés, tout en poussant les États à privatiser les systèmes de distribution nationaux ».

Cet article nous rappelle que les populations civiles du Mexique souffrent du manque d’eau depuis des années, d’importantes concessions étant gérées par des multinationales, dont Coca-Cola.

Le développement et le cours de bourse des multinationales semblent être plus importants pour les financiers que se préoccuper du fait que l’eau soit une ‘ressource collective inaliénable’.

Les scandales bancaires ont tous démontré que la finance offshore, grâce à son opacité et son manque de contrôle, a la perversité de mélanger l’argent propre à l’argent sale. Ce qui signifie très clairement qu’être lanceur d’alerte dénonçant les dysfonctionnements de l’industrie financière, c’est s’attaquer au cœur des dérives de l’activité économique et de ceux qui seraient nos « élites » ; un combat que nous menons depuis plus de dix années et qui explique, de facto, pourquoi nous n’avons été ni protégés, ni soutenus par les hommes qui se sont succédé aux responsabilités de nos pays dit démocratiques et notamment au pays des droits de l’Homme.

Julian Assange et le lanceur d'alerte Rudolf Elmer en conférence de presse à Londres 

 

Le fondement de nos sociétés est clairement remis en question alors que nous faisons face à une industrie bancaire que certains qualifient de criminelle. Corruption, fraudes, blanchiment, évasion fiscale, double facturation, ont engendré la précarité, le chômage, la misère en Europe et partout dans le monde. Certains s’enrichissent sans scrupule, les autres meurent doucement depuis des années. Tout comme la grenouille que l’on fait cuire à tout petit feu, les citoyens acceptent l’inacceptable. Sans les banques, les transactions financières n’existeraient pas. Avec nos scandales, chacun a compris que personne ne contrôle les banques : de l’affaire Kerviel / Société Générale aux SwissLeaks, aux LuxLeaks, à l’affaire Julius Baer, à la saga UBS ou encore aux Panama Papers, chaque scandale a prouvé que ces dysfonctionnements étaient possibles puisqu’ils étaient réalisés dans l’ombre, grâce à l’opacité, le terreau de la prospérité de l’industrie bancaire.

Le monde de la finance fait pression sur la justice et sur les élus partout dans le monde. C’est pourquoi tous les lanceurs d’alerte de cette industrie sont décrédibilisés, ostracisés. La finance n’est-elle pas la plus puissante des assassins ? Sans elle, y aurait-il autant d’opacité, de paradis fiscaux, de transferts de devises véhiculant les transactions du crime, autant de disparition ou mélange de transactions, de blanchiment ou noircissement d’argent ? Sans elle, les commissions occultes ou n’importe quel acte de corruption pourraient-ils être à l’abri ?

Vous l’avez compris, l’argent s’accumule à l’offshore alors que les criminels vivent à l’onshore - dans nos pays ‘démocratiques’.

Malgré toutes les belles paroles, les scandales se sont multipliés ces dernières années avec les Football Leaks, les Dubai Papersles Mauritius Files, auxquels se sont ajoutés le scandale des Cumex : « Pendant 15 ans, banques et fonds spéculatifs ont trompé le fisc de nombreux États et empoché des milliards d’euros, grâce à des achats et reventes de titres boursiers savamment étudiés » ; sans oublier celui de la Danske Bank, qui serait lecircuit le plus important au monde de blanchiment d’argent.

Hélas, les stades de football ne se sont pas vidés, les supporters se sont détournés de la corruption de cette industrie et continuent de soutenir les clubs et joueurs de leur coeur. Les classes moyennes ont continué à payer leurs impôts parfois en râlant, quelquefois en courbant l’échine ou souvent sans se poser de questions. 

Rui Pinto, lanceur d'alerte des Football Leaks reçoit en 2019 le prix Daphné Caruana au Parlement européen de Strasbourg, prix partagé avec Julian Assange et Yasmine Motarjemi 

 

Mélange des genres

Le 21 février 2017, la commission des finances du Sénat entend un certain nombre de personnalités sur la meilleure façon d’améliorer la compétitivité de la place financière de Paris, question à l’ordre du jour. Ce panel d’intervenants inquiète le sénateur Éric Bocquet (Enregistrement de la séance) qui y voit « une union sacrée, un plaidoyer pour la finance par la finance » car, dit-il, « le panel est composé de représentants de grandes banques privées internationales, dont la compétence n’est pas en doute mais dont l’intérêt va forcément dans le sens d’un développement de la finance. Ils sont conviés au même titre que les représentants de la direction générale du Trésor, c’est-à-dire du ministère de l’Économie et des Finances de la République. Et, au risque de choquer, je souligne la présence d’un représentant de la banque UBS, laquelle est aujourd’hui poursuivie par la justice française et pourrait se voir infliger une amende allant jusqu’à 5 milliards d’euros, pour des pratiques de démarchage illicite [Patrick de Fayet, qui avait plaidé coupable sur ce fait à l’été 2016] qu’elle a reconnues et la gestion de plus de 12 milliards d’euros dissimulés entre 2005 et 2012. ».

Les inquiétudes du sénateur Bocquet ne sont pas partagées par les autres membres de la commission des finances du Sénat puisqu’ils concluent, aux termes des prises de parole, qu’il ne faut surtout pas de taxes dissuasives et qu’il faut alléger le droit du travail pour pouvoir réagir vite en temps de crise.

Alors que le gouvernement français annonçait quelques mois après cette réunion au Sénat que Paris deviendrait la première place financière européenne après le Brexit et sachant que l’État français a peut-être décidé de saborder le dossier UBS, on est en mesure de se poser la question de l'éthique dans l’industrie financière.

Quel que soit le secteur d’activité concerné, tous les lanceurs d’alerte dénoncent des dysfonctionnements qui ont rapporté énormément d’argent à ceux qu’ils mettent en cause : ces sommes transitent forcément par des banques et les citoyens pourraient à juste titre se demander si elles n’ont pas, le plus souvent, alimenté des comptes offshore non déclarés. Parce-que nous sommes nombreux à avoir l’impression que l’argent s’évapore dans le pays où l’imposition et les charges sont les plus élevées au monde, il est temps que chacun demande des comptes.

 

Évasion fiscale

 « Un euro sur quatre des bénéfices des 20 plus grandes banques européennes atterrit dans les paradis fiscaux, soit 25 milliards de dollars pour 2015. […] Chaque citoyen en paye le prix », titrait l’ONG Oxfam sur son site à la veille de la semaine mondiale d’actions contre l’évasion fiscale qui débuta le samedi 1eravril 2017 à l’occasion du premier anniversaire de la publication des millions de documents du cabinet d’avocat panaméen Mossack Fonseca.

Selon l’association Tax Justice Network, les paradis fiscaux abriteraient 20.000 milliards de dollars. Comme il l’a été démontré, les banques françaises ne sont pas en reste et la première d’entre elles, BNP Paribas, détenait 170 filiales dans les paradis fiscaux dont cinq aux îles Caïmans en 2014. La même année, avec la publication des Panama Papers, l’émission Cash Investigation présentée par la journaliste Elise Lucet nous apprenait que la Société Générale était elle aussi très concernée. Mais si les racines de la crise économique internationale viennent des centres financiers offshore, de grands centres tels que Londres, la Suisse, le Luxembourg ou l’État du Delaware aux États-Unis ont puissamment contribué à développer cette crise, selon le site Web de l’ONG Tax Justice Network (TJN).

Lors d’une rencontre informelle avec Gérard Filoche, nous échangeons alors quelques mots sur l’évasion fiscale et mon expérience au sein de la banque UBS. L'ex-inspecteur du travail ne mâche pas ses mots lorsqu’il évoque la finance. Il avait par ailleurs déclaré dans l’émission du 11 février 2015, Un soir à la tour Eiffel, que l’évasion fiscale en Europe est « deux fois supérieure à la dette de tous les pays de la zone Euro, ce qui résoudrait la crise. Il suffirait de reprendre l’argent aux voleurs. LuxLeaks : 2.400 milliards d’euros de 340 entreprises dont 58 multinationales françaises qui, au lieu de payer l’impôt à notre république, de permettre d’aider les chômeurs à avoir du travail, de permettre d’avoir de meilleurs hôpitaux, de permettre que l’on ait de meilleures écoles, trichent au Luxembourg avec la complicité de Jean-Claude Juncker, lequel enjoint aux pays européens d’avoir un budget en équilibre, les yeux dans les yeux comme Jérôme Cahuzac […]. Je ne comprends pas comment les peuples européens ne se révoltent pas face à ça. Chaque Français doit comprendre que c’est lui qui est volé. La fraude fiscale, c’est 80 milliards d’euros par an, dixit le ministre des Finances ».

Effectivement - pour répondre au questionnement de Monsieur Filoche - c’est à croire que les citoyens sont en état de sidération pour ne pas avoir massivement réagi à ces scandales. D’ailleurs, les lanceurs d’alerte de l’industrie financière ont été sacrifiés par un monde de citoyens qui n’a pas voulu savoir la cause des problèmes et s’est laissé endormir par ceux qui ne font que parler des conséquences des alertes.

 

 Si chacun avait de la mémoire, nous devrions nous souvenir que Pierre Moscovici, ministre des Finances, avait lui-même acté que Jersey et les Bermudes soient retirés de la liste noire des paradis fiscaux début 2014 alors qu’il est aujourd’hui de notoriété publique que ces deux pays sont des acteurs majeurs en finance offshore et en opacité d’informations. Les Îles Vierges britanniques avaient quant à elles été retirées de la liste noire des paradis fiscaux en 2015, Bercy annonçant que la coopération fonctionnait plutôt correctement, or Le Canard enchaîné nous apprenait le 7 décembre 2016, dans le cadre du scandale de ce qui se nomme les « Football Leaks », que l’archipel abritait les sociétés et comptes offshore d’un certain nombre de stars du ballon rond. Le Panama, quant à lui, avait été retiré de cette liste noire lors du quinquennat du Président Sarkozy début 2012 avant d’y être réintégré au printemps 2016 après l’explosion du scandale des Panama Papers

L’impôt confiscatoire a créé des dérives et, par définition, l’envie pour certains de détenir des comptes offshore non déclarés. En France, les affaires dites Bettencourt et Cahuzac, liées chacune à UBS, auraient de facto dû faire sauter le « verrou de Bercy » – cette ineptie dont seule la France a le secret, qui octroie au ministre du Budget le monopole sur les décisions de poursuites en matière de fraude fiscale. En clair, seul le ministre du Budget Jérôme Cahuzac pouvait décider de faire poursuivre ce même Cahuzac Jérôme, fraudeur fiscal. Depuis ces scandales, la législation a évolué et le seuil retenu est de 100.000 Euros. Une avancée qui reste tout de même assez peu convaincante lorsque l’on entend nos hommes politiques ardemment déclarer lutter contre la fraude et vouloir récupérer des sommes qui manquent tant aux caisses de l’État.

La cellule de régularisation de Bercy a permis de faire rentrer des milliards d’euros, mais des confidences en provenance du Ministère des Finances nous apprennent que ne sont rentrés se faire ‘dégriser’ que les contribuables qui ne sont pas protégés. Il serait intéressant de se demander si la lutte contre la fraude concerne chaque contribuable ou si l’état de droit serait à géométrie variable au pays des droits de l’Homme. 

 

Création monétaire

Le site du Ministère des Finances nous apprend que « lorsqu’elle accorde un prêt, une banque créée de la monnaie qu’elle prête à son client. On dit que les crédits font les dépôts ». Par ailleurs, « Les banques ne peuvent pas créer de la monnaie et la prêter indéfiniment, elles sont contraintes par des réglementations et par la politique monétaire de la banque centrale ». Cependant, lorsque l’on s’intéresse de près au sujet, cet argent créé par les banques commerciales - grâce à une simple écriture comptable - pose problème car l’économie ne reposerait que sur le nombre des emprunts, créant à tour de rôle de l’inflation et de la déflation, selon leur taux mais aussi parce que tout le système repose sur la confiance.

Avec les scandales précédemment décrits se sont ajoutées les manipulations du Libor et de l’Euribor et même de l’Hibor. De quoi s’agit-il ? Chaque jour, les plus grandes banques internationales « fixent chacune le niveau de taux auquel elle estime devoir emprunter auprès des autres banques du panel ». Les taux extrêmes sont écartés et la moyenne est établie par la BBA à Londres (British Bankers’ Association) pour le Libor ; le même mécanisme a lieu pour l’Euribor en Europe. C’est une sorte de baromètre de la stabilité financière et de la santé du système bancaire mondiale car les banques s’appuient sur ces taux pour offrir leurs produits à leurs clients. Des manipulations se sont produites pour couvrir les faiblesses de certaines banques ; UBS, HSBC, Deutsche Bank, Barclays entre autres ont été conduites à payer des amendes importantes pour avoir manipulé ce taux.

Cela pose un véritable problème au citoyen car la banque centrale est censée assurer la stabilité monétaire d’un pays où d’une zone où elle exerce.

Le financier suisse François de Siebenthal explique clairement que les banques créent des milliards à partir du néant et que le crédit créé engendre du dépôt : en clair, les banques créent des milliards à partir de rien sans aucune limite – même si le banquier crée ses propres limites en termes de fonds propres et de liquidités.

 Pourquoi alors tant de fraudes et de manipulations sur des marchés contrôlés alors que toutes les banques annoncent avoir mis en place des systèmes internes de lancement d’alerte, des codes d’éthique et recruté des armées de déontologues ?

Comment sortir de cet asservissement aux banques privées ?

Les monnaies libres seraient une solution, voire la solution dont chaque citoyen peut immédiatement se saisir. Créée en 2017, la Ğ1 - à prononer June - a, par exemple, été la première monnaie libre à destination de chaque être humain, par le biais du dividende universel. Elle a pour objectif de changer le monde, de permettre à chacun de  reprendre le contrôle de sa vie . Avec ce système, pouvoir innover et créer est possible sans avoir à subir les crises ou l’explosion de bulles spéculatives puisqu'il s'agit avant tout d'échanger des biens ou des services sans que personne n'ait peur de manquer. En effet, chaque utilisateur de la G1 sait que chaque jour, il co-produit sa côte-part de monnaie.

 

Reprendre le contrôle de nos vies

La finance dérégulée n’aurait pas pu prospérer sans la complicité, sans le soutien des hommes politiques de tous bords. Lorsque l’on écoute avec attention les déclarations de Madame Martine Donnette, on est en droit de se demander si la fraude ne ferait pas partie de l’ADN du pouvoir français aux niveaux local, régional et national.

Cette lanceuse d’alerte n’est pas issue du milieu financier, elle n’a pas travaillé pour une banque de gestion de fortune, une fiduciaire ou la filiale d’une banque d’un paradis fiscal.

Après avoir été ruinée, cette ancienne commerçante a créé l’association En Toute Franchise dont l’objectif est de lutter contre la fraude des grandes surfaces. Avec Claude Diot, elle explique – chiffres, plans et textes à l’appui – que ces fraudes massives à hauteur de centaines de milliards d’euros ne seraient possibles dans notre pays qu’avec la complicité des élus et des administrations. Depuis 27 années, leur isolement est celui que connaissent tous les lanceurs d’alerte de la finance. Leur combat rejoint le nôtre puisqu’il s’agit précisément de manque de contrôle et lorsque contrôle il y a, aucune sanction n’est donnée.

Les hommes politiques se succèdent, clament soutenir les combats, n’hésitent pas à parler de scandales, mais que font-ils concrètement pour les faire cesser ? Il suffirait simplement d'appliquer la loi.

Un exemple venu de l'étranger ces dernières années a pu retenir l'attention de certains d'entre nous. L’Islande, cette île perdue au nord de l’Europe et peuplée de 300.000 habitants, a défrayé la chronique dès 2008 puisqu’elle était virtuellement en faillite. Le gouvernement a été limogé, les banquiers et les responsables politiques concernés arrêtés, les banques nationalisées. Le peuple islandais, interrogé par référendum, a refusé de rembourser les dettes du pays à l’égard des Pays-Bas et du Royaume Uni pour un total de 5 milliards d’euros. Léconomie islandaise s’est ensuite portée à merveille avec un taux de croissance de 3en 2016 et en 2017. Malgré cela, le Premier ministre islandais faisait partie des Panama Papers mettant en cause le cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca abritant des comptes offshore de personnalités de premier plan. Tout comme Jérôme Cahuzac, ex-ministre français du Budget, l’homme politique islandais a nié avoir des comptes non déclarés devant les caméras. Le peuple islandais ne s’est pas laissé duper, il est descendu dans la rue et le Premier ministre a dû démissionner dans la foulée.

En France, les noms de plusieurs hommes politiques de premier plan sont apparus dans les fameux Panama PapersQuel citoyen français connaît leurs noms ? Qui s’est intéressé à eux ? La France est le pays où chacun veut changer le monde au café du commerce mais où il est compliqué culturellement d’être courageux pour s’opposer à ceux qui représentent l’élite politique, économique, intellectuelle.

En attendant, quelques voix déterminées se sont tout de même levées, portées par les bienveillants Gilets Jaunes Constituants. Ils ont eu le courage de se rendre à l’Ambassade d’Islande en France pour y demander des conseils au gouvernement islandaisde manifester devant le FMIde vouloir poser des questions au siège de Vinci à Rueil Malmaison, ou à des députés à l’Assemblée Nationale, notamment sur le financement des media mainstream et des suites du grand débat .

Même si les media mainstream ont essayé de discréditer ces Gilets Jaunes Constituants pacifiques, les faisant passer pour des violents personnages, il n’empêche que ces citoyens avaient raison de demander des conseils, de réclamer des comptes là où aucun contrôle n’a jusqu’à présent été effectué. Les audit citoyens seront l’étape déterminante d’une société à venir radicalement différente, où la corruption des esprits ne pourra plus vivre cachée.

En cette triste année de Covid-19, les dépressions guettent les jeunes et les étudiants partout dans le monde. La moitié des commerçants, artisans et TPME risque de déposer le bilan. La précarité des salariés s’accentue. Des multinationales engrangeant des profits entament elles-aussi des plans de licenciement. Pendant ce confinement, des violences des citoyens explosent à Tripoli (Liban) ; ils expliquent ne plus rien avoir à manger à cause de dirigeants politiques corrompus, en poste depuis des décennies. Malheureusement, c’est le sort qui attend chacun si nous ne levons tous pas rapidement face à cette ploutocratie qui pratique avec ardeur le mensonge en bande organisée.

Les appels au secours des citoyens libanais me rappellent que l’ancien président sud-africain Nelson Mandela avait déclaré en 2005 :

« Des millions de personnes sont prises au piège dans la prison de la pauvreté. Il est temps de les rendre libres. Comme l’esclavage et l’apartheid, la pauvreté n’est pas naturelle. Elle est fabriquée par l’homme et elle peut être surmontée […]. Quelquefois, il revient à une génération d’être grande. Vous pouvez être cette génération ! »

Il n’y aurait pas de très grande pauvreté s’il n’y avait pas de très grandes richesses, cela va de soi. Depuis plus de dix années, nous répétons que la finance a pris les citoyens du monde et les économies des pays en otage alors que les richesses se sont multipliées pour les milliardaires. Le temps n’est-il pas venu de demander des comptes - en proposant des solutions pérennes - et de penser à l’héritage que nous laisserons, nous Européens, qui vivons sur le continent le plus riche au monde ? Nous le devons àtous ceux qui souffrent dans ce monde, à nos enfants et aux générations suivantes.

 

Couverture de l'article, photographie de Christine Roy

 

 

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