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La vie s'en va

La vie s'en va

Publié le 14 nov. 2021 Mis à jour le 14 nov. 2021
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La vie s'en va

Tu aurais dû être parmi nous aujourd’hui. J’aurai dû être fatiguée, les yeux cernés mais heureuse de te serrer dans mes bras. Tu n’es pas dans le berceau et le berceau est à la cave. Pour toujours. Tu nous as quitté.

Je ne peux m’empêcher de me demander ce qu’aurait été notre vie si tu avais été là. Aurais-je été une bonne mère ? aurions-nous formé une famille heureuse avec ton grand frère ?

23h. Je retourne aux toilettes pour la 6ème fois en une heure. Le sang coule à flot et pire que tous des matières visqueuses sortent de moi. Je vacille. Je finis par tomber, je n’arrive plus à respirer. Ce médicament est censé me délivrer mais j’ai l’impression qu’il va me tuer. Il arrive et essaie de m’aider à me relever. Je souffle que je n’aie pas la force et je m’écroule dans le couloir.

Je ne sais pas pourquoi on fait des enfants : quand ils sont là on est toujours fatigué et toujours en recherche de quelques instants de tranquillité car selon la formule consacrée on a besoin de souffler.  Pourtant, quand la maison revêt le calme habituel lié à la présence exclusive d’adultes, on attend que l’enfant et sa douce folie reviennent. La folie d’être heureux, d’aimer, de jouer et de crier sans manière sans condition. Être vivant à tout prix.

J’aurai voulu te voir jouer avec elle, te disputer avec elle. Je rêvais bêtement de cette jolie photo de famille où nous serions tous les quatre ensembles, le sourire large. La famille parfaite en quelque sorte.

C’est si dur d’accepter que tu ne seras jamais parmi nous. Que ton frère restera un enfant unique, ce mot si lourd à porter. Ce frère qui aime tant les autres enfants et qui aurait été un si bon compagnon pour grandir et apprendre.

Je n’accepte pas que tu sois parti. Je n’accepte pas qu’une fois de plus la vie ait pris fin en moi. J’ai mal.

J’ai arrêté de travailler, le temps de faire de multiples allers retours à l’hôpital car même si c’était déjà fini il fallait en plus subir toutes ces interventions pour que ce soit effectivement fini. Pendant des semaines, j’ai dit que j’étais malade mais je n’ai pas dit que j’avais fait une fausse couche.

Il a fallu retourner travailler ensuite. Reprendre le court de sa vie comme si rien ne s’était passé. Avec ce décompte en tête : ça aurait été la fin du premier trimestre, ça aurait été le début du congé maternité. Et tout cela avec le télescopage de l’autre grossesse qui s’est achevée comme cette dernière.

Suivre et traquer le déroulement de ce qu’aurait été cette vie si elle ne m’avait pas abandonnée. Sourire aux femmes qui autour de moi tombent enceintes. Sincèrement mais avec toujours un pincement au cœur. Accepter que la vie s’arrête là pour moi et qu’elle continue avec les autres. C’est dur. LA vie continue. Ce poncif atroce, implacable, s’est imposé à moi.

J’ai tout raté. J’aurai voulu être une mère parfaite et je suis finalement comme les autres en perpétuelle bataille entre la fatigue et le regret des instants perdus. Tu n’as pas encore trois ans mais je pressens déjà que mon bébé est loin et que je ne revivrai plus jamais ces instants de fatigue extrême et d’amour puissant

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