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#6 - Rendez-vous au Berghof...

#6 - Rendez-vous au Berghof...

Publié le 17 déc. 2021 Mis à jour le 17 déc. 2021
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#6 - Rendez-vous au Berghof...

J’évoquais ici même dans le premier texte préliminaire (1 – En 2022 une expérience en pensée…) le caractère expérimental du voyage que je me propose d’entreprendre, et dont vous pourrez suivre le récit sur Panodyssey, à partir de janvier.

Pour mémoire je vais me lancer dans la réécriture du célèbre roman de Thomas Mann, Prix Nobel de littérature 1929 : La Montagne magique. Son action se déroule de l’été 1907 à l’été 1914 dans un sanatorium suisse appelé Le Berghof. Le propos principal en est le suivant : un jeune homme de bonne famille s’y rend pour trois semaines en visite de courtoisie auprès de son cousin atteint de tuberculose, mais, vite saisi par la magie envoûtante de l’altitude, l’atmosphère de maladie et la comédie sociale du lieu, il y reste sept ans. J’arriverai la veille et je partirai le lendemain.

 

Suis-je fou ?

 

Disons que ce qui dans ma vie, et à plusieurs reprises déjà, m'a brutalement détourné d'une voie vraisemblablement impossible à suivre mais qui cependant se présentait à moi, ce fut toujours le choc engendré alors par la surprise, et qui agit sournoisement comme un rappel à la résignation. Se résigner à rester de ce côté-ci.

L'expérience de la traversée, du pas-sage, en deux mots, avec le pas tout à la fois de la marche et de la négation, et ainsi donc le paradoxe également que ce serait à la fois sage et pas sage en même temps que de le faire ce pas-là ; et s’il n’est pas là où est-il alors ? Stop ! Le langage et donc la lecture, je cherche à le montrer ici, se jouent de nous et l’expérience de la traversée semble ainsi par ces artifices interdite d’accès sous un régime normal de conscience. La langue dérobe aux humains l’accès aux mondes qu’elle engendre.

Aussi, en structurant a priori l’inattendu toujours possible comme une expérience je pense déjouer l’effet de surprise et pouvoir du coup vaincre la résignation et aller de l’avant : non seulement projeter, mais conscientiser, et peut-être même densifier et autonomiser mon fictionaute, tel que je le définissais dans le deuxième texte préliminaire (#2 – Révélation du Fictionaute…).

Comme pour toute expérience de pensée il y aura là une part d’alchimie qui opérera, m’opérera, qui opérera l’opérateur que je serai. En vérité il faudrait non pas qu’on lise et analyse cette œuvre qu’est La Montagne magique, mais à la fois qu’on s‘y dissolve et s’y cristallise, ou qu’on s’y cristallise et qu’on s’y dissolve en même temps. Comme la jeune Alice au Pays des merveilles nous allons devoir goûter quelques gâteaux qui pourront soit nous grandir soit nous réduire à presque rien, ou comme Neo dans le film Matrix de 1999 choisir entre la pilule rouge et la pilule bleue.

Une traversée du pas-sage ?

 

Pour Thomas Mann et son jeune anti-héros Hans Castorp le climax de La Montagne magique, l’acmé de son enchantement, de la grande sorcellerie qui forme tout le sous-texte tellurique du roman, est une fameuse Nuit de Walpurgis.

Cette nuit nous ne pourrons pas éviter de la traverser nous aussi le moment venu. Pour le coup ce sera bien là un pas-sage, un pas qu’il serait sage de faire, mais qui nonobstant ne sera pas sage pour autant. Mais sans doute là est LE passage, ce que les universitaires en narratologie étiquette du nom de métalepse.

Ce serait la potentialité qu’il y aurait pour une lectrice ou un lecteur de pouvoir passer d’une rive à l’autre, de celle de la réalité dans laquelle nous lisons à celle de la fiction que nous sommes en train de lire.

Une nouvelle de l’écrivain argentin Julio Cortázar, Continuité des parcs, illustre un tel collapse dans la fiction, plus que l’effondrement du réel, l’effondrement au réel qui ne se poursuivrait en nous que par l’écho dans notre esprit du grand tintamarre de son éboulement.

En résumé ce ne serait pas parce que nous percevons ou ressentons encore quelque chose que ce quelque chose est, ni parce qu’une chose n’est pas, que nous ne pourrions cependant, nous, accéder à l'existence de son inexistence.

Maintenant, pour ce qui nous concerne concrètement, avec pour viatiques ces six textes préliminaires, nous avons rendez-vous à Davos en Suisse, au sanatorium Berghof, en janvier… A bientôt donc...

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Commentaires (2)

C'est décidé, je vais lire La Montagne Magique dès Janvier!
Excellente résolution pour la nouvelle année ! :-) et vous pourrez d'autant plus suivre et apprécier j'espère mon expérience... :-)

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Author: Kevin Miller Listen to the interview here

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