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Dépêchons-nous de vivre !

Dépêchons-nous de vivre !

Publié le 19 juil. 2021 Mis à jour le 19 juil. 2021
time 4 min

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Dépêchons-nous de vivre !

Acrostiche à l'envers (1)

 

S ouvent il me revient des souvenirs divers,

R efrains purs et subtils de mon propre univers :

E cole, amis, parents… Douceurs passionnées !

V ous demeurez en moi toujours enracinées.

N aïvement j’étais cet enfant ingénu

E nivré de vigueur dans sa soif d’Inconnu.

L as ! Chaque aube nouvelle éloigne ces années !

A ujourd’hui ce garçon gémit dans mon cœur nu,

E t blesse le vieillard que je suis devenu :

I nexorablement, tragiques destinées,

V ers quelque gouffre obscur nos âmes sont menées…

A lors je veux revivre, en mes derniers hivers,

L es bonheurs de l’enfance… et ma vie à l’envers !

 

Carpe Diem

« Le temps s’en va, le temps s’en va, ma Dame,

Las ! le temps non, mais nous nous en allons ».

Pierre de RONSARD, Nouvelle continuation des Amours, sonnet XXV, vers 9 et 10.

 

Ma jeunesse s’enfuit,

Mais je vois dans l’espace

Mon étoile qui luit.

 

L’amour est si puissant qu’on ne peut s’y soustraire.

C’est ce culte du cœur que je veux célébrer !

Et qu’importe la femme où je vais m’égarer :

Je saurai revenir, si le vent m’est contraire.

 

Mais ma jeunesse fuit,

Et chaque jour qui passe

M’entraîne vers la nuit.

 

Mon amour est à vous. M’offrirez-vous le vôtre ?

Ô si vous méprisez cet aveu, ce tourment,

S’il prend déjà sa fin en son commencement,

Je ne chanterai plus pour en séduire une autre,

 

Car ma jeunesse a fui,

Et mon cœur qui trépasse

Ne bat plus que pour lui.

 

Au théâtre de la vie (2)

Sonnet italien

 

Je me souviens encor de toute la soirée :

Pour la première fois je venais en ces lieux,

Et tout, jusqu’à la loge, engendrait à mes yeux

Une émotion pure en mon cœur ignorée.

 

Elle enivre toujours ma mémoire égarée !

Un murmure lointain sembla monter aux cieux

Quand les acteurs, brillant dans leurs habits soyeux,

Parurent sur la scène amplement décorée.

 

La vie est un théâtre où l’on paye en naissant

Le droit de découvrir ce spectacle innocent.

Et l’on sait à l’entrée, inéluctable pacte,

 

Que le Temps, vile ouvreuse, exige son tribut !

Mais quand le rideau tombe après le dernier acte,

On veut déjà revoir la pièce à son début.

 

 

Notes

(1) Quand j’ai composé ce poème, je hantais encore les amphithéâtres de l’université de Bourgogne, à Dijon. Au sein de mon UFR de Lettres, un concours poétique était organisé avec, comme thème imposé, cette simple phrase nominale : « La vie à l’envers ». Et j’ai voulu relever le gant, surtout en entendant les étudiants autour de moi lancer qu’un tel sujet était impossible à exploiter dans un poème. J’ai finalement obtenu le premier prix du concours avec cet acrostiche qu’il faut… lire à l’envers !

La construction de cet acrostiche n’est pas anodine. J’ai tenté de renforcer par la forme le fond du poème. Les rimes sont agencées de la manière suivante : AA BB CC B CC BB AA. J’ai donc bâti une espèce de courbe homophonique ascendante avec son point culminant à la septième rime, milieu du poème. Puis, la reprise des premières rimes dans l’ordre C-B-A est censée mettre en valeur l’idée de « vie à l’envers » ainsi que le côté inexorable du temps qui s’écoule et auquel le poète ne peut échapper.

 

(2) C’est en lisant les fameux « Vers sur un album », d’Alphonse de Lamartine, que m’est venue l’idée de ce sonnet :

« Le livre de la vie est le livre suprême

Qu’on ne peut ni fermer, ni rouvrir à son choix ;

Le passage attachant ne s’y lit pas deux fois,

Mais le feuillet fatal se tourne de lui-même ;

On voudrait revenir à la page où l’on aime

Et la page où l’on meurt est déjà sous vos doigts. »

Bien qu’il fût élu à l’Académie française, Lamartine a parfois été jugé sévèrement par ses contemporains, notamment Flaubert. Pourtant le poète mâconnais excellait à transmettre émotion et sincérité à travers ses vers. Il fut, à juste titre, admiré par Victor Hugo et toute la génération romantique.

 

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