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De la mort et du temps

De la mort et du temps

Publié le 20 juin 2021 Mis à jour le 20 juin 2021
time 2 min

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De la mort et du temps

I - NATURE MORTE

Sonnet marotique

 

Lorsque l’hiver dépose un blanc manteau de givre (1),

On ressent dans les bois toute une pureté.

C’est un cadre vivant, baigné de majesté,

Dont le peintre attentif se repaît et s’enivre.

 

J’admire ces secrets que la nature livre :

L’oiseau chante sans fin sa soif de liberté,

Le chevreuil brame et cherche un peu d’éternité

Dans l’unique souci de son plaisir de vivre…

 

Mais cet humble bonheur ne dure pas longtemps,

Car dans chaque bocage, aux abords du printemps,

Tout animal se change en gibier de battue :

 

Le chasseur aux aguets s’essouffle dans son cor,

Et dans un cri lointain, que je perçois encor,

La victime en détresse est sans cesse abattue.

 

 

II - FUGIT IRREPARABILE TEMPUS

(Virgile, Géorgiques, III, 284)

Sonnet marotique

 

« (…) et si dans cette foule

J’avais alors hurlé : Chaque jour qui s’écoule

Est un pas vers la mort ! On m’eût pris pour un fou. »

Jules LAFORGUE, Premiers poèmes, ‘Stupeur’, vers 12 à 14.

 

Lorsque je sens mon corps quelque peu défaillir,

Guidé vers ce chemin où le trépas avance,

Je plonge en mon passé, comme un bain de jouvence,

Où c’était chaque jour un bonheur à cueillir.

 

J’entends encor la joie et les rires jaillir,

Ces instants merveilleux surgis de notre enfance

Dont le souvenir est la seule survivance.

Infortunés mortels, pourquoi faut-il vieillir ?

 

Révoltée, insoumise, ô faible créature !

Mais tel est le destin. C’est dans notre nature

De lutter vainement contre l’ordre établi…

 

Dépêchons-nous de vivre, insensés que nous sommes !

Car le temps, dans sa course, atteint toujours les hommes :

Il ne laisse plus rien que la cendre et l’oubli (2).

 

 

NOTES

(1) Voilà un beau cliché poétique que je n’ai pas eu le cœur de corriger ! Sans doute ce « blanc manteau de givre » est-il une réminiscence du fameux rondeau de Charles d’Orléans : « Le temps a laissié son manteau / De vent, de froidure et de pluye »…

(2) Cette chute du poème est un hommage à mon poète favori, Pierre de Ronsard. Dans un sonnet intitulé « A Olivier de Magny », il écrit : « Car les heures s’en vont, et des hommes ne reste, / Apres nostre trespas, que la cendre et l’oubly », vers 13 et 14.

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