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Dans l'antre des Grands Mages - Partie 3

Dans l'antre des Grands Mages - Partie 3

Publié le 8 janv. 2022 Mis à jour le 8 janv. 2022
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Dans l'antre des Grands Mages - Partie 3

— C’est presque fini, Minaud ! entendit-il lorsqu’une lame se matérialisa sous son menton avant qu’il n’ait le temps d’esquisser le moindre geste.

Cony, en revanche, siffla à s’en époumoner avant de s’écrier :

— On est attaqués !

Le Grand Mage toujours très concentré sur son acte magique, releva soudainement la tête et comprit. L’apprenti n’avait pas eu le temps de le prévenir afin qu’il puisse anticiper l’arrivée des assaillants. Il n’avait pas fini de concocter son antidote mais fort heureusement l’ouverture de la Porte Scellée lui insufflait suffisamment de puissance pour qu’il puisse s’en saisir pour activer la protection magique sans trop de difficultés. Mais Minaud, lui, s’était fait prendre, et n’avait pas eu le temps de revenir vers lui pour se mettre à l’abri. Le vieux sorcier ne pouvait plus rien pour lui. Il n’avait pas le choix et devait réagir vite avant d’être lui-même mis en péril. Il stoppa donc net son ouvrage et pointa la voûte centrale de l’une de ses mains ; ses doigts richement bagués commencèrent à s’agiter pour former de complexes diagrammes de lumière. L’arche centrale se mit alors à vibrer sous la magie projetée par le sorcier. Tout à coup, les pierres sombres s’étirèrent vers le sol, tel un rideau que l’on abaisse, scindant hermétiquement les deux pièces.

— Non ! Il a bloqué l’accès ! Soldats ! Ouvrez un passage, tout de suite !

Minaud, dont la gorge était toujours menacée par une lame aiguisée comme un rasoir, reconnut cette voix. Bien qu’il ne parvînt pas à apercevoir celui qui avait lancé l’ordre, de là où il était retenu en otage, dans un acte désespéré il se risqua à l’appeler :

— Baltazar ?

— Qui m’appelle ! vociféra la voix.

— C’est le mioche, répondit celui qui maintenait fermement la lame acérée sous le menton de l’apprenti. Je fais quoi de lui, Maître ?

Baltazar s’approcha et reconnut instantanément Minaud et blêmit légèrement.

— Minaud ! Toi ici ? Que fais-tu là ? Avec le Grand Mage ? - il secoua la tête, d’un air dépité - Dans quoi t’es-tu fourré Minaud…

Il soupira avant de s’adresser au soldat qui le tenait prisonnier.

— Il n’est pas dangereux, mais garde-le comme ça. Il pourra peut-être nous être utile plus tard !

— Baltazar, lâcha Minaud dans un souffle. Qu’est-ce que… Je vous croyais mort !

— Et tu t’es vite trouvé un nouveau maître à ce que je vois, cracha Baltazar l’air mauvais, masquant à peine un brin de jalousie. Pas la meilleure pioche, si tu veux mon avis !

Minaud se tut et ravala les sentiments mêlés de joie et de tristesse qui lui nouaient désormais les entrailles.

Sous les ordres de Baltazar, des gardes tentaient d’ouvrir un passage vers la seconde partie de la salle dans laquelle s’était retranché le Grand Mage ; mais le mur de pierres sombres restait inébranlable, infranchissable.

— Alors ça en est où ? Dépêchez-vous ! ordonna une autre voix, en provenance de l’escalier, dont le ton péremptoire montrait qu’elle était habituée à commander. On a retrouvé le monstre, Baltazar, il est enfermé dans une cage sur la place du Palais. Ils ont fait le sale boulot. On est tranquille de ce côté-là !

Baltazar regarda le nouveau venu et hocha la tête. Il s’avança alors vers l’arche d’un pas décidé.

— Poussez-vous de là ! hurla-t-il aux gardes qui s’affairaient toujours à percer la cloison. On n’a pas le temps ! Allez, écartez-vous !

Baltazar leva alors les bras au-dessus de sa tête, faisant apparaître une boule de feu au creux de ses mains, qu’il lança vivement sur le rideau de pierres. Celui-ci ne bougea pas d’un pouce sous l’impact.

— Il va falloir faire mieux Baltazar ! tonna la voix du Grand Mage, depuis la seconde salle.

Celle-ci résonna d’une telle intensité qu’elle semblait provenir de toute part.

— Ainsi donc, tu peux nous entendre, vieil homme ? Alors, rouvre donc le passage immédiatement et viens rencontrer ton destin ! hurla Baltazar alors qu’il projetait un deuxième éclair de feu sur le rideau de pierres.

Celui-ci était d’une toute autre puissance que le précèdent sortilège et les pierres, jusqu’alors intactes, s’ébranlèrent. Sakine, qui se tenait en retrait, observait la scène. Sans réponse du Grand Mage à sa provocation, Baltazar redoubla d’efforts, propulsant une salve de boules de feu de plus en plus fortes, sans succès. Le Sénéchal prit alors l’initiative de tenter une nouvelle approche.

— Grand Mage, dit-il. Nous avons avec nous un gamin à qui, je suis sûr, vous souhaitez une longue vie. Ne l'abrégez pas bêtement en prolongeant un peu plus la vôtre !

Baltazar jeta un coup d’œil en arrière sur Minaud qui, maintenu fermement par un garde au rictus mauvais, une lame sous la gorge, semblait pétrifié. En dépit de la menace, le vieux sorcier garda le silence et de toute évidence la protection magique qui se dressaient devant eux semblait inébranlable. Baltazar décida donc de changer de tactique offensive, non sans avoir étudié du regard les murs et le plafond soutenant l’arche au préalable.

— Si on ne peut pas passer par là, on va détruire ce qui se trouve autour !

Joignant l’acte à la parole, il s’agenouilla face à l’arche et plaqua ses deux mains au sol. Il resta dans cette position quelques instants, comme statufié, puis soudain le sol se mit à trembler. Les vibrations se firent de plus en plus intenses jusqu’à se muer en violentes secousses. Alors que les murs entourant la voûte tremblaient désormais sous la magie de Baltazar, le plafond commença à se fissurer, libérant un nuage de poussières de ciment qui retomba au sol. Les pierres de l’arcade magique commençaient à se déchausser.

— Attention ! cria Sakine. Écartez-vous !

D’un seul mouvement, les soldats se regroupèrent derrière Baltazar.

— Le mur va bientôt céder ! prévint ce dernier, les dents serrées par l’effort de concentration.

— Tenez-vous prêts, ordonna Sakine à ses sbires. Nous n’aurons que peu de temps ! Baltazar dépêche-toi !

— Je fais ce que je peux, grogna le mage. Mais si tu as une meilleure idée, je t’en prie !

Sakine s’approcha alors de Minaud, le tira par le bras jusqu’à la muraille, faisant fi des pierres qui s’écrasaient désormais tout autour d’eux et du plafond qui menaçait de tomber.

— Écoute, vieil homme ! Ton jeune ami ne sera plus qu’un lointain souvenir si tu n’ouvres pas cette porte immédiatement !

Le canari, visiblement contrarié, siffla rageusement, non sans insulter copieusement le Sénéchal Sakine.

— Tais-toi, sale piaf, ou tu feras un excellent canari à la broche ! le menaça ce dernier.

Cony se mua alors en une boule de plume pleine de contrariété mais ne siffla plus un mot.

Le Grand Mage, dans l’autre salle, gardait le silence.

— On n’a plus le temps ! hurla Sakine.

Rageusement, il empoigna Minaud, le souleva de terre et lui décocha un violent coup de poing dans le ventre. L’apprenti s'effondra, tordu de douleur. Le vieux sorcier resta mutique derrière la protection magique.  Sakine, visiblement contrarié par son absence de réaction, releva Minaud par le col, le soulevant à nouveau à un pied du sol.

— Allez petit, dis à ton copain de se rendre ! ordonna-t-il en le secouant brutalement.

Minaud le regarda sans rien dire. Le plafond s’effritait dangereusement au-dessus de leurs têtes et le nuage de poussière qu’il libérait retombait lourdement sur leurs épaules. L’apprenti, suspendu à bout de bras, bringuebalait telle une poupée de chiffon. Les particules de ciment commençaient à irriter ses yeux, qui devinrent rouges et larmoyants. Son nez et sa gorge étaient désormais en feu. L’apprenti renifla, avant de murmurer, au comble du désespoir :

— Ce n’est pas le moment…

Malgré ses efforts, il ne put réprimer un énorme éternuement. Soudain, le monde sembla emporté dans une danse furieuse.

Dans un souffle puissant, le pan de mur s’effondra comme un château de cartes. Les hommes de Sakine et Baltazar, postés en retrait, se retrouvèrent projetés en tous sens, cul par-dessus tête. Baltazar, témoin de la scène, se releva d’un bond puis s’époussetant les épaules et le chapeau aida Sakine à se redresser.

— C’était quoi ça ? mugit ce dernier.

Baltazar se tourna vers Minaud, ahuri, qui avait chu au sol un peu plus loin et qui s’était recroquevillé dans un coin de la pièce. Face à eux, une partie de la voûte avait cédé.  

— Soldats ! Allez me chercher le Grand Mage ! hurla Sakine, se ruant lui-même vers la seconde pièce désormais accessible.

Minaud, semblant reprendre ses esprits, rampa jusqu’à son canari et son bâton de sorcier, posé non loin.

— Alors là, chapeau ! lui lança Cony, dans un sifflement réprobateur. T’as tout gagné !

— La ferme Cony, lui répondit Minaud.

Derrière l’amoncellement de pierres effondrées, alors que Sakine et ses soldats s’infiltraient, une violente déflagration retentit, les projetant en arrière. Ils allèrent s’étaler plus loin comme de ridicules pantins désarticulés. Peu d’entre eux semblaient avoir survécu au choc. Sakine, dont la robustesse n’avait d’égale que sa fureur, se releva lourdement.

Baltazar, qui était resté en retrait, propulsa une pluie de boules de feu en direction de la seconde salle.

Sakine lui hurla de faire attention à ne pas atteindre la Porte Scellée, qui devait se trouver de l’autre côté. L’attaque de Baltazar généra encore plus de poussière et de fumée, et de cette fumée, comme sorti de nulle part, apparut le Grand Mage.

— Vous arrivez trop tard Baltazar et… et ? Et toi ! Mais qui es-tu ? lança-t-il en toisant Sakine.

— Moi ? Mais enfin, vieux fou, je suis le Sénéchal Céleste Sakine ! déclara celui-ci d’un air hautain, visiblement offusqué de ne pas avoir été reconnu.

— Oui, oui, peu importe, hein ? trancha le vieux sorcier calmement. Maintenant, tous autant que vous êtes, sortez de ma demeure ! Je ne vous y ai pas invités.

Sakine et Baltazar se jetèrent un regard en coin avant de partir d’un rire grinçant. Leurs quelques hommes encore debout, eux, ne riaient pas, pas plus que Minaud d’ailleurs.

— Pauvre fou ! lui lança Baltazar tout en lui balançant un éclair, que le vieux sorcier dévia d’un revers de main.

— Baltazar, mon cher élève, tu as fait des progrès, certes ! Mais ils ne sont pas suffisants !

— Je ne suis plus ton apprenti vieux fou ! cracha Baltazar.

— Oui, oui, c’est certain. D’ailleurs, si ça avait été le cas, je t’aurais déjà tué pour t'empêcher de devenir cette nuisance que tu incarnes aujourd’hui !

Baltazar, les traits déformés par la rage, leva les mains vers le ciel. Toutes les pierres dispersées dans la salle se soulevèrent alors et furent projetées avec une force incroyable sur le Grand Mage. Ce dernier fut alors enseveli sous une énorme masse de débris rocheux, sous les rires déments de son ancien élève.

— Ha Ha ! Je t’ai eu ! hurla-t-il ! Alors vieux fou, c’est qui le plus grand sorcier du monde, maintenant !

Dans un silence soudain, la poussière retomba doucement. Plus rien ne bougeait. Sakine, incrédule, recouvra finalement ses esprits avant d’ordonner à ses gardes de se saisir des trésors du Vieux Mage. Baltazar, lui, n’avait d’yeux que pour la Porte Scellée.

— Il a eu le temps de la refermer, pesta-t-il. Il va falloir trouver un moyen de l’ouvrir. - posant un regard sur Minaud d’un air entendu, il ajouta - il aurait pu avoir la décence de la laisser ouverte avant de crever, n’est-ce pas ?  Bien, reprit-il, emparez-vous de la porte, on s’en va ! Et emmenez le gamin aussi !

L’ancien mage de la Cité Céleste Éternelle et Merveilleuse s’avança vers le tas de pierre qui recouvrait le Grand Mage et lâcha une ultime pluie d’éclairs mortels, autant par rage que pour s’assurer de la mort de son ancien Maître. Minaud, atterré, regarda le tas de pierres fumantes. Ils avaient perdu. Après tous ces efforts, tous ces voyages, tous ces combats… c’était fini.  

Baltazar s’avança alors vers lui tout en tissant un puissant sortilège d’endormissement qui le fit aussitôt sombrer dans l’inconscience.

***

Sacha, Kirly et Karl pénétrèrent en courant dans la salle. C’était le soir et tout était fini depuis bien longtemps. Au début, ils ne distinguèrent pas grand-chose si ce n’est qu’un violent combat semblait avoir eu lieu ici. Karl s’approcha prudemment d’un immense tas de gravats.

Sacha et Kirly étaient restées en arrière, silencieuses, tentant de comprendre ce qui avait bien pu se passer. Elles accoururent lorsque Karl leur hurla de venir. Après avoir contourné le tas de pierres, elles découvrirent le Grand Mage, assis sur l’un des éboulis. À leur arrivée, ce dernier releva la tête et leur dit d’une voix lointaine :

— Ha, c’est vous…

— Que s’est-il passé ici ? demanda Kirly. Vous deviez nous attendre avant d’entrer dans la Cité ! Si Sacha n’avait pas été là, nous n’aurions jamais pu arriver jusqu’à vous !

— Ils les ont emmenés, baragouina le vieil homme comme pour lui-même. La Porte, et le gamin.

— Le gamin ? Ils ont emmené Minaud ? s’inquiéta Karl. Qui ça ! Où !

— Aidez-moi à me relever, je vais tout vous expliquer, se contenta de répondre le Grand Mage.

Une fois sur pieds, le vieux sorcier alla de droite et de gauche ; il semblait agité.

— J’ai réfléchi à tous les tenants et les aboutissants, déclara-t-il. Minaud n’est probablement pas que ce qu’il prétend être, ou ce qu’il croit être.

Kirly lança un regard à Karl, qui secouait la tête d’incompréhension.

— Pouvez-vous nous expliquer depuis le début, Grand Mage ? On ne comprend rien à ce que vous dites !

— Oui, pardonnez-moi. Je vais essayer d’être plus clair. Nous sommes arrivés ici, ce matin. J’ai dû ouvrir la Porte Scellée afin de pouvoir préparer ce dont j’avais besoin pour me soigner. Minaud faisait le guet là où tu te trouves Kirly, mais il a dû baisser sa garde car Baltazar et un autre, dont j’ai oublié le nom, sont arrivés avec des soldats avant qu’il ne puisse venir se mettre en sécurité. Je n’avais pas fini mon antidote et j’ai dû fermer l’accès à la salle, avec Minaud de l’autre côté. Baltazar a essayé de forcer le passage mais son pouvoir n’était pas suffisant, jusqu’à ce que... comment dire, il y a eu un choc, comme une incroyable bourrasque de vent métamorphe, et tout s’est effondré ! J’ai donc dû combattre Baltazar et… et je me suis retrouvé sous ce tas de pierres. Le temps que j’arrive à me dépêtrer, tout le monde était parti, bien sûr ! Ils ont capturé Minaud, et emmené la Porte Scellée avec eux.

Il fit une pause et reprit.

— Ce qu’il s’est passé… ce qui a brisé ce pan de mur entier, c’est vraisemblablement l’œuvre de Minaud. J’ai senti son empreinte dans le déferlement magique !

Les deux jeunes se lancèrent un regard incrédule. Minaud !? Leur copain Minaud ?! Il aurait détruit un mur de la Cité Céleste Mystérieuse et Magique pourtant protégé contre de nombreuses formes de magie ? Cela paraissait difficile à croire.

— Je ne vois qu’une explication, poursuivit le Grand Mage, et elle n’est pas vraiment réjouissante, ajouta-t-il en soupirant.

— Pouvez-vous nous en dire plus ? demanda Karl.

— Pas maintenant, trancha le Grand Mage. On en reparlera plus tard, si mes craintes devaient se confirmer.

Pendant ce temps-là, Sacha, qui n’avait pas loupé une miette du récit du vieux sorcier, furetait de ci de là, visiblement intriguée par les lieux. En connaisseuse, elle soupesait quelques artefacts magiques, faisant parfois une moue mi-figue mi-raisin, avant de les reposer. L’endroit, avait été pillé, de toute évidence, mais il restait quand même des pièces de valeur. Au bout d’un certain temps, la guérisseuse se tourna vers le Grand Mage.

— Et ici, il y avait quoi ? demanda-t-elle.

Le Grand Mage la regarda les yeux perçants.

— La Porte Scellée, répondit-il prudemment. On n’a pas été présenté, à ce que je sache.

— Pour plus tard les présentations, tu veux bien ? Celle-là même à laquelle je pense de Porte Scellée ? reprit la sorcière.

— Il n’y en a pas beaucoup, des Portes Scellées, à ce que je sache, rétorqua le vieux mage.

Comme tous les êtres formés au Grand Art, le Grand Mage et la sorcière se toisaient, tentant de se sonder mentalement. Si leurs yeux pouvaient lancer des éclairs, ce serait un violent orage auquel assisteraient Karl et Kirly.

Sacha réfléchit un moment.

— Alors la situation est plus embêtante que ce que je pensais, finit-elle par lâcher.

— Oui, et non. Je suis le seul à pouvoir ouvrir le portail, et j’ai eu le temps de le refermer, fit remarquer le sorcier.

— Alors pourquoi te l’ont-ils emprunté ?

— Hum, hé bien… je ne sais pas, à vrai dire, elle ne leur sera d’aucune utilité, assura le Grand Mage.

— Et à vous ? demanda Karl.

— Comment cela ? s’interrogea le vieil homme.

— He bien, peut-être qu’ils ne l’ont pas prise dans le but de l’avoir, mais plutôt dans l’optique que toi tu ne l’aies plus, répondit Sacha à la place de Karl.

— Ha ! Oui je vois. Hé bien c’est sûr que le vol de la Porte me contrarie ! Beaucoup même ! Mais je ne pense pas qu’ils me l’aient volée juste pour que je ne l’ai plus en ma possession, puisqu’ils me croient tous mort enseveli sous ce tas de caillasse. Non, je crains bien qu’ils aient d’autres projets pour ce portail.

— Et Minaud ? demanda Kirly.

— Pour Minaud, c’est plus compliqué.

Le vieux mage semblait ne pas vouloir se laisser entrainer sur ce terrain.

— Minaud ! Ils ont enlevé Minaud ! entendit-on siffler depuis un recoin sombre de la salle.

— Cony ! s’exclama Karl qui s’empressa d’aller fouiller les décombres à sa recherche.

Il finit par retrouver le bâton du jeune apprenti et son canari, visiblement secoué par les derniers événements. Il lui murmura des mots de réconfort en le ramenant vers ses amis.

— Cony, tu vas bien ? lui demanda Karl.

— Ça va Karl… ça va. Mais ils ont enlevé Minaud, répondit piteusement le volatile.

C’était rare de le voir autrement que dédaigneux et boudeur.

— On va le retrouver, ne t’en fais pas, essaya de le rassurer Karl.

— Encore faut-il savoir où ils l’ont emmené, fit remarquer Kirly, d’un ton mécontent.

— Et vous avez réussi ? demanda soudain Sacha à l’adresse du Grand Mage.

— Réussi à quoi, vieille femme ?

— Ben à vous soigner pardi !

— Pas totalement, avoua-t-il. Mais disons que je suis hors de danger. Mes pouvoirs, en revanche, vont mettre un peu de temps à revenir complètement.

— Surtout depuis que tu n’as plus accès à la Porte ! ajouta Sacha.

— Oui… Oui, c’est cela, répondit le vieux mage contrarié.

— Je suis la seule à me demander à quoi sert cette Porte ? demanda Kirly, agacée. Est-ce que quelqu’un pourrait nous expliquer ?

Le Grand Mage la toisa un moment, interloqué. Comment pouvait-on oser lui parler sur ce ton ? Ce n’était pas dans l’ordre des choses, tout partait de travers, décidément. D’ailleurs, jamais depuis le début de cette sombre affaire ses ennemis n’étaient allés aussi loin. Mais ils ne l’emporteraient pas dans leurs tombes.

— Pour ce que j’en sais, commença Sacha, la Porte Scellée est appelée ainsi car…

— Laisse, vieille femme, je vais mieux expliquer que toi, la coupa le Grand Mage.

— Soit, vieil homme, mais ne nous fais pas un cours d’histoire non plus, on n’a pas le temps pour ça, grogna la sorcière.

Malgré lui, le vieux mage sourit devant tant d’impertinence.

— Comme vous l’avez sans doute entrevu, notre monde, celui des Cités Célestes, n’est pas le seul. Jusqu’à présent, nous avions connaissance d’un autre monde, qui existerait aux côtés du notre. C’est un grand secret que très peu de personnes connaissent ! Et puis… et puis, il y a eu toi, Karl. Tout me laisse à penser que tu ne viens pas de ce deuxième univers. Ce qui fait donc trois mondes différents.

Karl hocha la tête, sous le regard de Kirly.

Le Grand Mage reprit…

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