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Chapitre I - Départ partie II  - Kaya

Chapitre I - Départ partie II  - Kaya

Publié le 31 août 2021 Mis à jour le 13 sept. 2021
time 8 min

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Chapitre I - Départ partie II  - Kaya

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Image de Chulmin1700  sur Pixabay

 

— N'empêche, j'aimerais bien arriver vivant au camping, moi.

— T'inquiète pas, le camping de La Hoja mesterio nous verra arriver en un seul morceau. Peut-être même qu'on arrivera avant les autres, dis-je d'un air rieur.
— Ça, j'en doute, ils ont quand même deux heures d'avance sur nous.
— Ne me mets pas au défi. Si Josh prend le volant, je suis sûre de pouvoir les rattraper.
— Non, c'est bon. Roule normalement. S'il te plaît.
— C'est bon, c'est bon. Promis, je n'essayerai pas d'arriver avant eux.

Il soupira de soulagement et je me concentrai sur la route tandis qu'il inclinait le siège tout en posant ses pieds sur le tableau de bord. Le reste du trajet se déroula sans encombre. Nous nous étions relayés encore une fois et avions fait une pause pour nous restaurer lors de notre avant-dernier arrêt. Caden s'était endormi pendant que je finissais la route. Après, il nous resterait la tente et enfin une pause. Demain, une autre journée de route nous attendait, cette nuit ne serait qu'une escale pour rejoindre nos amis de longue date. Après direction les gorges de Salomon. Cela faisait longtemps que je n'y étais pas allée. Au programme : Canyoning et randonnée pendant deux semaines. Le pied total. Je commençais déjà à apercevoir la forêt de sapins qui entourait le camping. J'empruntai un chemin sur notre gauche en réveillant la belle au bois dormant d'un léger coup de coude.
— Hein ? Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il hagard.
— On arrive.
— Déjà ?
— Oui déjà. Cet endroit m'avait manqué. Dire qu'avant, on y faisait escale chaque année.
— Eh ! C'est toi qui as voulu partir loin et ne plus faire de randonnée après la naissance de Jessee. Matthew, lui, aurait bien voulu en faire. Un porte-bébé et le tour était joué.

Je pestai. Il avait raison le bougre. Surtout que singe comme il est, mon petit bonhomme aurait adoré venir ici. En vrai, je pense que j'ai tout stoppé, parce que je voulais me poser et ne plus partir n'importe où à l'aventure. Je ne voulais rien rater de ces premiers babillements, premiers pas, premiers mots, etc... J'éprouvais le besoin de stopper tout ça à l'époque. Maintenant, c'était l'inverse, je voulais me retrouver à crapahuter partout. D'abord sans eux, pour retrouver ma liberté, et pour profiter à fond du moment présent sans me demander si Jessee avait faim, ou si ça plairait à Matthew, juste faire ce qui me plaisait. Quand l'idée avait commencé à germer dans ma tête et que j'en avais fait part à Matthew, il n'était pas emballé par cette perspective. Cela changeait notre quotidien, le rythme que nous avions trouvé, où tout s'emboîtait très bien. Trop bien, justement.
Il me fallait du changement et il avait fini par le comprendre. J'avais vraiment un homme en or. À tel point qu'il me rappelait à l'ordre lorsque je culpabilisais de partir sans eux. Instinctivement, je caressai du bout des doigts le collier qu'il m'avait offert à mon anniversaire, il y a deux ans. Un arbre de vie argenté ornait l'extérieur avec des petites pierres semi-précieuses en deuxième couche : une aigue-marine, un grenat et du péridot. Quand je l'ouvrais, je pouvais voir leur photo. Un souvenir que j'emportais chaque fois avec moi lorsque je partais, même pour aller faire de simples courses.
La barrière du camping qui s'ouvrait me tira de mes pensées et je garai le véhicule derrière un bungalow d'où il émanait de la musique que je reconnaissais déjà. Tom et Ellie nous faisaient de grands signes de leur fenêtre. Mon Dieu ! Que cela faisait longtemps qu'on ne s'était vu. À cet instant, je prenais conscience qu'ils m'avaient manqué et aussi à quel point je me sentais reconnaissante de pouvoir les revoir comme avant. Josh sortit de l'autre côté, la fourche du barbecue à la main. Visiblement, c'était toujours lui qui s'occupait du repas.

Je coupai le contact et descendis pour les saluer. Ellie, qui était sortie entre-temps, me sauta au cou. Cette petite rousse, à l'odeur citronnée, qui était toujours aussi enjouée et spontanée, me faisait un bien fou à voir. Le camping était vide et l'on entendait la rivière qui coulait en contrebas. Les douches à l'opposé semblaient avoir gardé leur design de l'époque. Les murs, toujours aussi beiges et abîmés par le temps, laissaient entrevoir quelques tags sur ses parois. Cela me rappelait ce soir d'hiver où nous avions gravé nos prénoms juste sous la poutre à l'entrée. Ellie se détacha de moi avant de se jeter dans les bras de Caden et de chercher à le faire tomber. Je ne pus me retenir de rire. La tigresse avait encore de la force et mettait bien en difficulté mon boute-en-train favori. Deux gamins, voilà ce à quoi ils me faisaient penser.
— Rha Ellie ! T'aurais pu attendre que je sois bien réveillé, râla Caden.
— Même pas en rêve ! C'est bien toi qui m'as dit de chercher les failles si je voulais te battre et là t'en avais une grande, alors ne compte pas sur moi pour te louper !
— Sont pas possibles ces deux-là ! railla Josh. À peine arrivés et déjà en train de chercher à savoir qui l'emportera.
— En l'occurrence, c'est Ellie qui cherche à le mettre à terre, pouffai-je.
— Je lance les paris. Je mise sur ma femme, déclara Tom tout content en montrant un billet de dix euros qu'il posa sur le rebord de la fenêtre dans un bocal.
— Perso, je mise sur personne, vous me fumez toujours.
— Comme tu veux ! Dix sur Caden, annonçai-je.
L'intéressé se stoppa un bref instant en nous regardant tour à tour avant de repartir de plus belle dans sa bataille contre miss cheveux de feu. L'argent n'avait plus court à l'heure actuelle, mais ça nous amusait toujours de lancer des paris entre nous. Je passai derrière eux en tentant de ne pas me faire bousculer par leur chahut et allai taper la bise à Josh et un check à Tom qui s'amusait à lever le poing pour voir si j'arrivais à l'atteindre. Je m'agrippai au rebord de la fenêtre et me propulsai à l'aide de mes pieds pour y parvenir. L'intérieur toujours aussi cosy, était décoré par leur soin. Les gérants leur avaient attribué ce logement pour les remercier de leur fidélité et gare à ceux qui oseraient l'occuper. La dernière fois, ils les avaient fait déguerpir en leur faisant croire qu'il était hanté. Il fallait bien avouer que certaines décorations, si elles étaient bien éclairées, faisaient un peu flipper. Je repensais à ce crâne de cerf qui ornait la paroi juste au-dessus de leur lit ou encore à ce maudit tableau dont on avait constamment l'impression qu'il nous suivait du regard. Leurs goûts m'étonnait toujours autant sur certains points, mais j'adorais le rocking-chair qui trônait sur la terrasse extérieure et la guirlande de plante en pots qui pendait au plafond.
— Bien ! Madame n'a pas perdu de son agilité.
— Petit con, le taquinai-je. Toi, t'as pas perdu en connerie à ce que je vois.
— Qu'est-ce que tu veux, on ne se refait pas, me dit-il en me faisant un clin d'œil.

J'entendis un cri féminin victorieux émaner de derrière le véhicule et je vis Ellie qui s'était redressée et qui sautait à pieds joints avant de nous faire une petite danse de la victoire bien à elle.
— Yeah ! Hin, hin ! Dans ta face, l'imbattable. Je t'ai eu, cette fois ! cria-t-elle en lui tendant la main pour l'aider à se relever.
— Eh bah, t'as bien progressé, ma belle, répondit-il avant de la prendre dans ses bras. Alors les gars, j'vous l'avais dit qu'elle serait là cette année, non ?

Josh venait d'arriver à mon niveau et passa son bras autour de mon cou avant de me tendre une bière.
— T'as perdu cette fois ma petite sauterelle. Tu dois dix euros à Tom, déclara-t-il tout fier en l'indiquant.

Hum ! Josh, mon cher petit blond, tu aurais dû te taire. J'attrapai la bière d'une main et de l'autre, je tapotai sa joue avant de le faire tomber avec un croche-pied. Sonné, il ne chercha même pas à prendre sa revanche et rit de bon cœur.
— En attendant, t'es toujours aussi facile à mettre à terre.

Je lui tendis la main pour l'aider à se relever et bus une gorgée après avoir donné son argent à Tom qui arborait un sourire radieux. Oh toi, mon gars, je vais pas te louper.

Nous avions commencé à monter notre tente deux pièces tandis que Tom et Ellie s'amusaient à se pousser en tentant de rentrer les piquets dans le sol. Notre barbecue-man, lui, était reparti gérer le repas pendant que Caden vérifiait que la toile se plaçait bien comme il fallait. Après avoir fini d'installer nos affaires et comme la soirée était déjà bien entamée, je passais vite fait un coup de fil à Matthew et Jessee.
Ils me racontèrent ce qu'ils avaient fait depuis notre départ : peinture, pâte à modeler, fabrication d'un tipi dans le jardin et j'en passe. Eux aussi prévoyaient de dormir à la belle étoile ce soir. Ils raccrochèrent quand Jessee bâilla et demanda à aller se coucher. J'aimais les voir passer du temps ensemble, et même si j'avais un petit pincement au cœur de ne pas être auprès de mon petit bonhomme pour le coucher moi-même, je me sentais bien ici, avec mes amis.

La nuit s'était déjà bien installée lorsque nous passâmes à table. Saucisses, brochettes, côtes de porc, chips, salade, etc... il y avait de quoi nourrir tout un régiment. L'espace d'un instant, je doutais que l'on puisse manger tout ce qui se trouvait sous nos yeux, mais c'était sans compter les gouffres qu'étaient mes amis. Je les voyais déjà se jeter sur la nourriture comme s'ils n'avaient pas manger depuis des jours. La fatigue me gagna rapidement et je déclarai forfait tandis qu'au coin du feu, ils continuaient à rire et chanter en brûlant leur chamallow. De vrais enfants.

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