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Chapitre 4 - Incompréhension - Kaya

Chapitre 4 - Incompréhension - Kaya

Publié le 14 sept. 2021 Mis à jour le 17 sept. 2021
time 12 min

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Chapitre 4 - Incompréhension - Kaya

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Image de Ichigo121212  sur Pixabay

TW : Torture, sang, arrachage d'ongle,électrisation

15 Mars 2051

Je m'éveillai en sursaut en entendant la voix de Caden qui ne cessait de m'appeler. Je tenais ma tête entre mes mains tant elle me faisait mal.
— Dieu merci, tu vas bien, souffla-t-il.
— Que s'est-il passé ?

La lumière présente sur les parois de la m'agressait les yeux. Je les protégeais des bras le temps que je puisse le tolérer un peu mieux. Je voulus me lever, mais je fus vite stoppée par les chaînes qui me gardaient prisonnière. Petites, mais solides... Comment avions-nous atterri dans cette pièce ? Les événements me revinrent peu à peu en tête. Prenant conscience de ce qui s'était apssé, je ne pus retenir un léger hoquet de surprise.
— Il savait !
— De quoi tu parles ? Qui savait ?
— Le mec là ! Celui qui donnait les ordres ! Il savait qu'on n'était pas des Muraliens. Je l'ai compris juste avant de perdre connaissance.
— Mais s'il savait, alors pourquoi ?
— Je ne sais pas. Mais il faut partir d'ici ! Je crois qu'on a mis les pieds dans quelque chose de trop gros pour nous.

Je considérai les lieux maintenant que je m'étais accoutumée à la forte luminosité des lampes. Trois par mur, dont deux à chaque angle, quatre au sol et six au plafond. Pourquoi autant de lumière ? C'est quoi cette salle ? La pièce, simple et terne, ne devait pas faire plus d'une trentaine de mètres carrés. Seuls deux matelas, munis d'une couette chacun, occupaient l'espace. Mon regard s'attarda sur le béton ciré et je sentis mon cœur louper un battement ; le sol entier était couvert de taches de sang. Qu'est-ce qu'ils trafiquent ici ? Je tirai sur mes liens pour m'en défaire, en vain. Je me faisais mal inutilement.
— J'ai déjà essayé. Elles sont bien fixées.

Je regardai les menottes qui encerclaient mes poignets, une barre jaune et une LED verte clignotaient sur le côté droit. Qu'est-ce que ça signifie ? Je n'avais encore jamais vu ce modèle. Et pourtant, mon père travaillait avec les forces de l'ordre ! Un hurlement se fit entendre, suivi d'un autre, puis le silence. Un silence étouffant. Nous échangeâmes un regard paniqué avant de nous tourner vers la porte en métal blanche. Seule une petite grille à barreaux servait de décoration et en même temps de vis-à-vis sur l'extérieur. Extérieur qui semblait plongé dans l'obscurité. Les griffes acérées de la peur s'insinuèrent en moi, tant et si bien qu'une boule se forma dans ma gorge. Je dus me faire violence pour parler :

— C'est quoi ce bordel ?
— Ça dure depuis que je me suis réveillé. Je ne sais pas ce qu'ils font ici, mais c'est tout sauf rassurant.
— Et les autres ? Ils sont où ?
— Loin d'ici, j'espère...

Je soupirai avant de m'accroupir, les genoux repliés vers mon torse et de poser ma tête dessus. Comment les choses ont pu tourner ainsi ? Comment je vais revenir vers Matthew ? Où est-ce qu'on est ? Nous étions juste partis en Road Trip ! Un nouveau cri retentit, ce qui ne fit qu'accentuer l'angoisse que je ressentais. Comme s'il lisait dans mes pensées, Caden rompit le silence de la pièce :
— Hey, hermana, regarde-moi. Je te sortirai d'ici je te le promets, je...

Avant qu'il puisse finir sa phrase, la porte s'ouvrit violemment. Des gardes apparurent, suivis d'une femme en bouse blanche, du nom d'Hécate si l'on se fiait aux dires d'un des gars qui l'accompagnait. Elle leur ordonna d'emmener Caden. Ils le détachèrent et malgré sa liberté apparente, il ne réussit pas à leur échapper. Nous avions affaire a des soldats entraînés. Impossible de reproduire l'effet de surprise dans ces conditions. Il tenta de résister quand même, en vain. Je remarquai alors la barre jaune sur le côté des menottes qui descendait rapidement et la LED verte qui virait au rouge vif à mesure que la jauge baissait. J'avais beau hurler, crier son nom, tirer sur les chaînes à m'en faire saigner les poignets, ils ne réagissaient pas. Je savais qu'il rejoignait cette symphonie mortifère qui s'échappait de l'autre côté. Et effectivement, après quelques minutes de silence, j'entendis ses cris qui me glacèrent le sang. Mon frère de cœur, mi hermano souffrait à cause d'eux. Pourquoi ? Qu'est-ce qu'ils font ici ?

Je me recroquevillai et éclatai en sanglots, consciente comme jamais de mon inutilité. Du bout des doigts, je cherchai mon collier. Par chance, il était encore là. Dans quoi on s'est fourré ? Jesse, mi hijo, Matthew, je suis désolé. Ellie, Josh, Tom, j'espère que vous êtes loin de tout ça, priai-je de toute mes forces.

 

Il ne réapparut qu'après un moment qui me sembla avoir duré des heures et ils le déposèrent sur le lit sous ses grognements de douleur. J'avais tellement eu peur de ne jamais le revoir, que je ne pus m'empêcher de ressentir un certain soulagement. Le pauvre avait le visage tuméfié, couvert de sueur et il arrivait à peine à bouger. Ses vêtements, déchirés par endroits, laissaient apercevoir de longues entailles ensanglantées qui parcouraient son abdomen. Bien que celui-ci paraissait ne plus s'écouler, le tissu en était imbibé. Cette vue me pétrifia et je sentis une vague de frisson partir du sommet de mon crâne pour s'étendre jusqu'à la pointe de mes orteils. Que t'ont-ils fait hermano ?

J'eus à peine le temps de lui parler que l'infirmière leur donna l'ordre de m'emmener à mon tour. Je me débattis autant que je le pouvais, mais même si j'étais loin d'être faible, je n'arrivais à rien ! Soudain, une espèce d'aiguillon se retira de ma peau, juste à la jointure de mes mains, pile sous les menottes et je compris pourquoi c'était si facile pour eux. La sensation m'avait échappé et pourtant, cette piqûre m'affaiblissait. Des fourmillements parcouraient mon corps et m'engourdissaient petit à petit. Ruinant tout espoir de rébellion. Au loin, j'entendis Caden qui leur sommait de me relâcher et leur promettait en espagnol la souffrance d'une mort lente s'ils touchaient à un seul de mes cheveux. Mon cœur se brisait en le voyant dans cet état. Je me détestais, car j'étais la cause de ses tourments, car je savais que les heures à venir seraient une horreur sans nom à supporter pour lui. Comme cela l'avait été pour moi. En le voyant qui peinait à se relever, je lui affichai un faible sourire dans l'espoir de le rassurer alors même que la peur me tordait l'estomac.

Ils me traînèrent dans un long couloir tout aussi gris et froid, éclairé par de faibles néons. Au sol, je remarquai des taches de sang frais qui me firent frémir encore plus que celles de notre cellule. Une odeur de tabac mélangée à celle de produits d'entretien me brûlait la gorge. Comment peuvent-ils avoir de quoi fumer ? La production de tabac est pourtant interdite elle aussi ! Mais je chassais cette préoccupation de mon esprit. Nous arrivions à une salle avec une table d'opération au centre et un cercle qui la surplombait. Des écrans holographiques couraient sur le mur du fond, ainsi qu'une grande ouverture avec des barrières qui semblaient donné sur une énième salle. Celle-ci était plongée dans l'obscurité et seule une lumière bleue en ressortait. Une espèce de tube rempli d'un liquide bouillonnant trônait au milieu. Je ne pus en observer davantage. Ils me placèrent rapidement dessus le plateau, le ventre contre la surface glacée et la tête dans un trou prévu à cet effet. Le liquide rouge déjà aperçu auparavant, recouvrait le béton de la pièce. J'en avais la nausée, cette pièce sentait la mort.
— Qu'est-ce que vous allez me faire ? questionnai-je tandis que la table se relevait pour me mettre face à eux.

Hécate fit des allers-retours devant moi, tandis que quelqu'un pénétrait dans la pièce.
— Qu'est-ce qu'on a cette fois ? questionna un homme à la voix rocailleuse.
— Le sujet n°3754 de sexe féminin. Il s'avère qu'elle fait partie de ceux présentant un fort pourcentage de réussite. Son comparse n°6584 a montré plus de résistances qu'escompté. C'est aussi un élément prometteur.
— Bien, dans ce cas n'hésitez pas à doubler la dose avec elle.
— Vous êtes sûr ? Cela pourrait avoir certaines conséquences avec les composants.

Mais de quoi ils parlent ? Quels composants ?
— De quoi vous parlez ?
— Certain, reprit-il en m'ignorant, avant de se diriger vers la sortie.
— Je vous ai parlé !
— Mais tu vas la fermer oui ? vociféra Hécate en me tirant les cheveux si fort que j'ai bien cru qu'elle allait me les arracher. J'aurai besoin de plus de sérum dans ce cas.
— Vous aurez le nécessaire, lâcha-t-il avant de partir définitivement.

Elle se pencha vers moi et me toisa avec un sourire sardonique comme jamais je n'en avais vu auparavant. Elle passa sa langue sur ses lèvres avant de remonter la manche de mon t-shirt, prit mon visage entre ses doigts et quelques mèches ébène retombèrent sur ses yeux pourpres. Comment pouvait-elle avoir les yeux de cette couleur ? En y réfléchissant, rien ne collait chez cette femme. Les quelques endroits visibles étaient parsemés de cicatrices et son cou était parcouru par des traits violacés qui s'échappaient de son haut pour remonter à la base de ses lobes.
— Gravez-lui son numéro.
— Quoi ?
***

Avant que je puisse dire quoi que ce soit d'autre, une machine se mit en route près de mon avant-bras droit. Un rayon sortit de la pointe et déchira ma peau, qui me brûla comme si elle passait sous acide. J'avais l'impression que mon corps fondait de l'intérieur et je ne pus retenir un hurlement en sachant pertinemment que Caden l'entendrait et que cela le rendrait fou d'inquiétude. Lorsqu'enfin la torture s'arrêta, je sentis quelque chose de froid glisser sur mon dos et un liquide chaud qui coulait après son passage.Des sanglots  m'échappèrent tandis que les larmes dévalaient mes joues pour finir par s'écraser le sol. Elle recommença durant un moment qui me sembla durer des heures, jusqu'à ce qu'elle finisse par s'arrêter dans un soupir jouissif. Je ne pouvais que rester là à subir. Dès que je montrais une quelconque résistance, les menottes s'enclenchaient et déversaient encore leur poison dans mes veines, me les brûlant tel du papier de verre qui se frotterait contre elles.
— Pourquoi... Pourquoi vous faites ça ? sanglotai-je.
— Échantillon sanguin prélevé, rallongez le lit.

Elle se plaça à nouveau devant moi, bien droite cette fois et je ne pouvais voir que ses pieds, que je me surprenais à observer. De magnifiques sandales les entouraient avec des ongles vernis de couleur rouge, similaire à celle de ses yeux. Un tintement métallique se fit entendre, me tirant de ma contemplation. Putain ! j'en étais venue à fixer des pieds pour oublier la peur qui faisait tambouriner mon cœur ! Je sentis un de mes doigts être soulevé pour le placer dans un étau. Une pression se fit sentir soudainement sur l'ongle. Je hurlai tandis que tout mon corps de crispa, tirant un peu plus sur mes entraves au point de me donner l'impression qu'on lacérait ma peau de surcroît. Je ne compris ce qu'il s'était passé qu'au moment où l'outil lui échappa des mains. Mon ongles entre ses pinces. Une vague de colère me vrilla les sens. Je n'avais jamais eu autant envie de faire mal à quelqu'un de toute ma vie. Cette violence que je sentais monter en moi depuis mon bas ventre prenait presque le pas sur le reste. J'ignorais pourquoi ils faisaient ça, mais je ne me laisserai pas abattre si facilement ! J'avais le doigt en sang, je le voyais goutter au sol et s'étendre en une petite flaque sombre. Amplifiant l'effet nauséeux qui s'emparait de moi. Elle y mit un pansement avant de retourner sur son foutu dictaphone qu'elle sortit de sa poche tandis que je serrai les dents de rage.
— Mettez là normalement ! Allez, dépêchez-vous ! Sujet réactif. Mise en route de la phase deux.

Ils me détachèrent et malgré toute ma volonté à vouloir m'échapper d'ici mon corps en décidait autrement et la pièce tourna. Je vacillai et ils me rattrapèrent avant de me sangler dans l'autre sens. Elle lacéra mon t-shirt et déchira mon soutien-gorge, m'arracha mon collier sans que je ne puisse réagir. Je grimaçai malgré moi. Le seul objet que j'avais réussi à garder se trouvait maintenant dans les mains d'une psychopathe ! Ma poitrine à l'air libre, elle y plaça des électrodes tandis que je recevais un seau d'eau sur la tête. Surprise, je laissai échapper un gémissement tandis que mes pleurs redoublèrent d'intensité. Des témoignages sur ce genre de tortures me revinrent en mémoire. Non, ils ne vont quand même pas ? Mais avant qu'un son ne pût franchir mes lèvres, elle tourna un bouton, un sourire sadique aux lèvres, tandis qu'un hurlement de douleur m'échappait . Son putain de sourire ! Je me concentrai sur cette pensée alors même que je sentais mon corps tout entier se faire électriser, m'arrachant un autre cri si fort qu'il me perça les tympans. Elle s'amusa ainsi à plusieurs reprises. Arrêter, recommencer, encore et encore. Cette scène se répéta dans une cacophonie de plaintes mêlée à son rire sordide jusqu'à ce que tout ne vire au noir.
***

Au moment où je repris conscience, ils me jetèrent dans la cellule comme un vulgaire déchet. Ils ne prirent même pas la peine de m'attacher à nouveau et sortirent de la pièce sans se préoccuper de Caden qui venait - rampait serait plus adapté - vers moi. Lui aussi, ils l'avaient laissé libre. Pourquoi nous font-ils ça ? Qu'est-ce qu'on leur a fait ? Mais je connaissais déjà la réponse. Nous n'avions rien fait de mal, nous étions juste au mauvais endroit au mauvais moment et nous étions utilisés comme des cobayes pour quelque chose qui nous dépassait. Nous avions pourtant suivi les ordres du G.A.C.U... Je tentais de reprendre mon souffle, mais manquai de m’étouffer avec mon propre oxygène à chaque inspiration tant mon corps frissonnait. Caden posa sa main sur moi ce qui me fit sursauter et m'arracha une grimace. J'avais mal partout, mais le voir avec cet air aussi désespéré me tordait de l'intérieur. Je savais qu'il culpabilisait de m'avoir emmenée malgré lui dans cet enfer, de les avoir laissés faire, de m'avoir écoutée dans ce hangar. Mais comment aurait-il pu savoir ? Aucun d'entre nous ne pouvait prédire qu'ils s'adonnaient à ce genre d'abomination alors que la paix régnait sur tout le continent. Je m'en voulais au moins autant que lui pour avoir été aussi dupe. J'avais bien senti que quelque chose n'allait pas, mais je n'avais pas pris au sérieux mes propres signaux. Quelle erreur !
Je vais leur faire payer pour ce qu'ils t'ont fait, hermana, je le jure, je vais leur faire payer, murmura-t-il en enfonçant sa tête dans mon cou.

Caden et son putain d'espagnol. Nous étions les seuls à parler de cette manière depuis que les différents langages avaient été abolis. Et cela ne m'était d'aucune aide, au contraire. Qu'il se sente obligé de passer par elle plus que d'ordinaire me prouvait que lui aussi se sentait en danger entre ces murs. Nous restâmes ainsi durant des heures interminables, nous berçant l'un l'autre en attendant avec crainte qu'ils reviennent nous faire subir je ne savais quelle torture maladive.

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Chapitre 5 - Expérience - Kaya
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Oina Sasclain
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