facebook Auberge et vilénies - Partie 3
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Auberge et vilénies - Partie 3

Auberge et vilénies - Partie 3

Publié le 26 nov. 2021 Mis à jour le 28 nov. 2021
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Auberge et vilénies - Partie 3

Ils se rendirent ensuite chez le forgeron du village.  Celui-ci était en train de donner de grands coups sur une plaque de métal brulant à l’aide d’un lourd marteau. Le bruit était à la limite du supportable lorsqu’ils pénétrèrent dans la forge, les mains plaquées sur leurs oreilles.

Heureusement, il s’arrêta rapidement lorsqu’il aperçut le petit groupe se rapprocher avant de poser son énorme masse à côté de l’enclume.

— Sacha ! Kirly ! cria-t-il lorsqu’il les reconnut à travers la vapeur suffocante des lieux. Quel bon vent vous amène ? Tiens, vous êtes accompagnées à ce que je vois !

La sorcière fit alors les présentations :

— Kalios, voici Karl et Minaud, ils vont avoir besoin de tes immenses compétences !

La montagne de muscles qu’était le forgeron se tourna alors vers les deux garçons en leur présentant une main comme un étau.

— Ho ! Sorcière, tu me flattes ! Tu dois avoir un grand besoin de mes services, alors. – il fit un clin d’œil aux deux jeunes - Les amis de mes amis sont aussi mes amis, leur sourit-il tout en leur broyant la main. Que puis-je faire pour vous ?

Sacha lui expliqua alors les grandes lignes des évènements récents pendant que Karl et Minaud se masser les mains après qu’elles eurent été écrasées par le forgeron.

C’était un colosse, mais plutôt avenant et très serviable. Il réfléchit un moment en regardant les trois jeunes attentivement.

— Qui sait manier une épée parmi vous ? leur demanda-t-il.

Deux doigts se pointèrent aussitôt vers la jeune femme.

— Je n’ai pas besoin d’armes supplémentaires, expliqua celle-ci. Par contre, si je pouvais les aiguiser un peu sur votre meule…

— Bien sûr ! La meule est juste là. Prends le temps qu’il te faut. Tu as aussi de la graisse, si tu veux.

La jeune femme ne demanda pas son reste et s’installa dans le coin de la forge où se trouvait la meule. Elle posa alors, sur un vaste établi situé à côté, deux épées, une longue et une courte, deux dagues dont l’une était finement travaillée et devait être précieuse, un poignard…

— C’est tout ? demanda Minaud qui la regardait sortir des lames d’un peu partout d’un air méfiant.

La jeune femme fouilla alors dans sa botte pour en sortir un dernier couteau plus court, tout en regardant le sorcier droit dans les yeux.

— J’ai besoin d’un peu de temps, dit-elle tout en se mettant à la tâche.

Kalios était impressionné.

— Je peux ? lui demanda-t-il en désignant une des épées.

— Bien sûr, accepta-t-elle sobrement.

— Elles sont de bonnes factures ! Et très bien entretenues, qui plus est ! Tu les as eues où ? Tu as sur toi plus d’armes que dans le village entier ! rit-il de bon cœur.

— On me les a données, donna simplement la jeune femme en guise d’explication. Merci beaucoup pour le compliment, Kalios !

— Données, tu parles ! Je suis sûr qu’elle les a volées ! chuchota l’apprenti à l’oreille de Karl.

Ce dernier ne l’écoutait qu’à moitié car il ne pouvait détacher son regard des murs de la forge. Celui-ci était recouvert de toutes sortes d’armes et d’outils diverses.

— Tu vois quelque chose qui te plairait, jeune homme ? lui demanda Kalios dans un sourire.

— Heu… non, je ne fais que regarder, vous avez un choix impressionnant…

Le forgeron posa un regard très fier sur son précieux trésor. Il s’approcha du présentoir et en retira une longue épée à deux mains.

— Tu veux essayer celle-là ? lui dit-il en lui tendant l’arme de guerre.

Karl regarda l’arme d’un air impressionné.

— Je peux ? c’est la première fois que… dit-il en se saisissant du long pommeau. Ouf ! C’est lourd !

Kalios rattrapa la lame avant qu’elle ne touche le sol.

— Je suis désolé ! Je ne sais pas manier l’épée… J’aurais dû vous le dire avant que…

— Ne t’en fais pas, c’est de ma faute, elle est bien trop lourde pour toi en plus. – il partit d’un grand rire – Parfois je ne mesure pas bien ma force, et tout me parait très léger ! Voyons voir… et un arc ? que dirais tu de celui-là ? je fabrique de très bonnes pointes qui…

Karl prit un air désolé.

— Je ne sais pas tirer à l’arc non plus.

— Ha… hé bien… - le visage du forgeron s’éclaira soudain – j’ai exactement ce qu’il te faut ! Attends-moi ici ! je reviens tout de suite !

Il sortit à grandes enjambées pour revenir quelques minutes plus tard.

— Voilà ! annonça-t-il d’un air réjoui tout en brandissant un lance-pierre. C’était celui de mon fils mais…

Minaud s’empara de la phrase au vol, en éclatant de rire.

— Il n’en a plus besoin, maintenant qu’il est un homme, c’est ça ?

— C’est bon, Minaud … on a compris, répliqua Karl d’un air piteux.

Kalios regarda les deux garçons d’un air gêné.

— Je ne voulais pas te vexer, Karl.

— Non ! Non ! Je vous assure, vous n’y êtes pour rien. Je peux le voir ?

Le forgeron lui tendit l’objet. Même s’il s’agissait d’un objet apparemment à destination des enfants, celui-ci était de bonne facture. Son bois était solide et la matière élastique avait l’air en parfait état.

— Merci beaucoup ! J’ai hâte de l’essayer !

Kalios affichait un air ravi. Il mettait un point d’honneur à ce que personne ne ressorte de sa forge sans l’outil ou l’arme adaptée et il aurait été peiné si cela avait été le cas aujourd’hui.

 

Tous se tournèrent alors vers le jeune apprenti.

— À ton tour, mon garçon.

— Ah non ! répliqua ce dernier. Nous autres sorciers n’avons nul besoin d’armes en acier !

À ces mots, Kirly, toujours en train d’aiguiser ses lames releva les yeux. Kalios regardait alternativement le garçon et Sacha.

— Pas même un petit couteau ? Regarde, j’en ai un très bien juste là.

Le jeune sorcier croisa les bras d’un air buté.

— Allons Minaud, essaya de la convaincre la guérisseuse. Prends quelque chose… Le voyage que vous allez entreprendre n’est pas sans danger et tu serais plus en sécurité si tu avais de quoi te défendre.

Mais l’apprenti ne voulut rien entendre et de guerre lasse le forgeron et la guérisseuse finirent par abandonner. Kirly roula des yeux en soupirant et retourna à sa tâche. Elle avait la sensation qu’elle allait en avoir besoin, elle, de ses lames...

 

Le reste de la journée fut consacré aux derniers préparatifs. La tâche la plus difficile fut de récupérer la mule que le sage avait consenti à leur prêter. Non pas que son propriétaire – un vieux paysan aux rides presque aussi profondes que les sillons de ses champs – fit quelques manières. Il paraissait au contraire presque soulagé de la leur confier. La difficulté venait du fait que la mule semblait sourde. Le paysan leur expliqua bien que ce n’était absolument pas le cas, qu’elle était juste « un peu bornée » et qu’il « suffisait de savoir lui parler ». Toujours est-il qu’au bout d’une heure passée à pousser, tirer, échanger les rôles, tenter la manière forte, les caresses, et même en désespoir de cause une carotte à grignoter, le tout sous le regard goguenard du paysan, l’animal têtue consentit à se mouvoir. Personne ne comprit vraiment pourquoi d’ailleurs, mais tous s’en réjouirent.

Ils prirent un ultime dîner chez la guérisseuse, le dernier vrai repas avant un petit bout de temps. Ils ne se firent donc pas priés pour finir leurs bols, ni du second lorsqu’ils se resservirent. Il faut dire que Sacha ne mettait pas son don pour suivre les recettes uniquement dans les potions qu’elle concoctait pour les villageois. C’était également une excellente cuisinière et la volaille rôtie, fourrée de légumes et accompagné d’un excellent potage était digne des plus grandes tables.

N’ayant nul autre endroit où dormir, la guérisseuse leur proposa de rester une seconde nuit chez elle, ce qu’ils acceptèrent tous de bon cœur.

Au moment de se coucher, le retour à la réalité les rattrapa soudain lorsque Kirly leur rappela :

— Nous partirons demain matin à la première heure ! Soyez prêts. On n’a pas le temps de lambiner !

 

Alors que le jour n’était pas encore tout à fait levé, la jeune femme secoua les deux garçons. Minaud ronchonna et se retourna. Karl, lui aussi, eut du mal à se réveiller. Ces derniers jours avaient été épuisants, et il aurait bien voulu rester encore un peu au chaud. Ils finirent néanmoins par émerger de leurs couchages lorsque Kirly demanda à Sacha si elle pouvait lui indiquer où trouver un seau d’eau bien froide.

Ils firent leurs adieux à Sacha à l’entrée du village.

— Soyez prudents les enfants ! leur recommanda-t-elle. Aussi bien pendant le voyage qu’avec le mage ! On ne le connaît pas ! - elle sortit alors trois petits sachets qu’elle leur confia. - Voici quelques petites choses que j’ai trouvées et qui pourront vous aider.

Chacun examina le contenu de ce qu’il avait reçu.

— Pour toi Kirly, j’ai mis du pollen pour ton allume-feu, expliqua la guérisseuse en souriant. Le temps que Minaud révises ses sorts de flamme !

Kirly la remercia chaleureusement tandis que le jeune sorcier faisait la moue. Il n’avait pas apprécié que la jeune femme soit aller raconter ça. C’était privé, après tout !

La vieille sorcière serra la jeune femme dans ses bras puis se tourna vers Karl.

— Pour toi, mon petit, j’ai pensé à de petites billes. Elles ont le pouvoir de plonger dans un profond sommeil les personnes sur qui tu les lances.

— Merci beaucoup, Sacha ! Ça sera très pratique avec mon lance-pierres, s’enthousiasma le jeune homme.

Enfin, elle dit à Minaud :

— À toi, petit sorcier, je te donne des herbes qui ont le pouvoir de soulager les blessures. Utilise-les à bon escient !

— Merci, Madame, s’inclina Minaud.

La vieille femme continua :

— Et prend bien soin de ton oiseau ! Il m’a tout l’air d’être d’une espèce rare et précieuse…

Le canari, comme s’il comprenait, poussa un sifflement qui ressemblait à s’y méprendre à un remerciement. Minaud promit. Les trois jeunes firent alors leurs au revoir à la guérisseuse.

— Ha ! J’allais oublier ! - elle sortit quelques pièces de cuivres qu’elle déposa dans la main de Kirly. - Ça pourra vous être utile en chemin.

Tous trois la remercièrent encore vivement.

— C’est une dame bizarre, déclara Minaud alors qu’ils s’éloignaient, mais il faut reconnaître qu’elle est très gentille.

Sacha se tint longtemps sur le pas de sa porte, les regardant s’éloigner puis disparaître dans les premières brumes matinales.

 

***

 

Le Haut Conseiller Ebenezer avait regagné son bureau, à l’abri des tumultes de la Cité Capitale. Celui-ci lui offrait un havre de paix dans lequel il pouvait réfléchir et travailler.

De retour depuis peu du Conseil des Éminences, il n’avait pas arrêté de méditer à tout ce qui avait été dit là-bas. L’esclandre provoqué par le Grand Mage n’arrangeait pas la situation. Le moins que l’on pouvait dire était que les nerfs de tous les dignitaires étaient à vif et cela n’augurait jamais rien de bon.

Officiellement, la réponse de l’Empire à la provocation du sorcier était de lui envoyer des émissaires dont la mission serait d’établir un canal de communication entre les deux parties afin d’essayer de trouver une solution diplomatique.  Se jeter dans une bataille dont l’issue, même si elle ne faisait guère de doute, affaiblirait considérablement toutes les parties, n’avait pas fait l’unanimité et cette option ne serait employée qu’en dernier recours.

La réponse officieuse était toute autre et le vieil homme le savait. Il avait écouté les hiérarques et commandants militaires s’entretenir en marge du sommet. Une action violente était en train d’être préparée dans l’ombre, outrepassant de loin les décisions de l’Empire.

Depuis lors, le vieil homme se demandait quoi faire. Il hésitait, partagé entre ses devoirs envers l’empire et sa loyauté fraternelle.

Devant lui, posé sur le vaste bureau, se trouvait le coffret contenant les pierres à parlotte. Il n’avait pas encore réussi à l’ouvrir car en soulevant le mince couvercle, ce simple geste ne scellait-il pas son sort ? Lui pardonnerait-on, si l’on venait à l’apprendre, son acte que l’on qualifierait aisément de traitrise ?

Il avait néanmoins la sensation qu’il devait le faire. Non parce que le grand mage était son frère, mais parce qu’il se battait pour un idéal que tous deux partageaient. Certes, leurs armes n’étaient pas les mêmes. Le champ de bataille d’Ebenezer prenait la forme de documents officiels, de décisions, de manipulations et d’influences. Celui de son frère était plus violent, plus impulsif, plus meurtrier. Au-delà de ces différences, un point commun les rassemblait : ils étaient en train de perdre la guerre.

Il avança une main vers le coffret mais la retira. Ce n’était jamais une partie de plaisir en règle générale mais cette fois-là était particulière et il l’appréhendait bien plus que d’ordinaire. Son frère pouvait se montrer irascible et imprévisible. Il poussa un soupir. En ouvrant cette boîte, il ne pourrait pas se défaire de l’horrible sentiment de trahir Sa Majesté. Pourtant ce n’était pas le cas, il le savait… ou essayait-il de s’en convaincre ?

Le Grand Mage n’était pas un traître. Il n’était simplement qu’un sorcier extrêmement puissant qui prenait parfois des décisions à l’emporte-pièce. Ce n’était pas un homme qui aimait tergiverser. Ebenezer était conscient lui aussi que l’époque où les palabres en réunion de quelques vieux conseillers suffisaient pour diriger l’empire était révolue. Compte tenu de la situation actuelle, l’action se révélait parfois nécessaire ; surtout lorsque les conseillers en question n’œuvraient pas forcément pour le bien de Sa Majesté ni de l’Empire. Néanmoins, ça ne lui aurait pas déplu que son frère fasse preuve d’un peu plus de retenue. Il soupira une fois de plus, retint son souffle et souleva le couvercle.

La lumière vint teinter d’une nuance verdâtre son bureau plongé dans la pénombre. Dans le plus grand silence, parfaitement immobile, il attendit comme hypnotisé par les minéraux luminescents.

Elles brillaient d’un faible éclat... Ce petit tas de pierres… il se souvint lorsque son frère cadet le lui avait offert. « Ainsi, lui avait expliqué ce dernier, ils pourraient toujours rester en lien, même sur des Cités Célestes différentes. » Le vieil homme avait trouvé l’attention vraiment touchante. C’était il y a longtemps maintenant. Avant tout ça. Lui venait d’être nommé conseiller, son frère quant à lui, venait d’accéder à la plus haute marche de la magie, au statut de Grand Mage. L’avenir s’avérait alors radieux pour eux et rien ne pouvait le laisser imaginer que ce cadeau servirait dans la situation actuelle.

— Oui ? dit la voix de son frère provenant des pierres.

— Mon frère, dit le vieil homme, tu imagines bien que ce n’est pas un appel de courtoisie.

— Tu y étais n’est-ce pas, à la réunion des grincheux ? Tu vas me passer un savon ? dit le Grand Mage, d’un ton mi-plaisantin mi-offensif.

Le vieux conseiller pensa alors que ça n’allait pas être une partie de plaisir.

— Tu sais bien qu’il n’est pas en mon pouvoir de te dire de faire ou de ne pas faire quoi que ce soit. Je m’en garderai bien de toute façon.

— Tant mieux ! répondit la voix.

Le vieil homme reprit.

— Cependant… oui, j’étais bien parmi ceux qui ont eu la chance s’assister à ta… démonstration. Inutile de te dire que le Gouverneur est furieux et que le sénéchal Eck, que tu as à moitié tué, est quant à lui vraiment fou de rage. - il secoua la tête même si son interlocuteur ne pouvait pas le voir - Je pense que tu aurais pu te passer de venir les provoquer, quand même.

— Et Palonto ? demanda le Grand Mage apparemment curieux.

— Quoi Palonto ?

— Il a réussi à sortir de son siège ?

— Je ne devrais pas te le dire… car je sais que tu vas t’en réjouir longtemps… ils ont dû démonter le trône… - il hésita – il doit se déplacer avec la planche de l’assise.

À ces mots le sorcier éclata de rire :

— Il a encore la planche collée aux fesses ? Même dans mes rêves les plus fous, je n’aurais pas imaginé ça. Ça lui apprendra ! Ha ha ha !

Ebenezer fut un court instant désarçonné par l’attitude nonchalante de son frère.

— Tu n’aurais pas dû…

— Ces cafards belliqueux avaient besoin d’une piqûre de rappel, lui répondit sèchement le Grand Mage redevenu sérieux en une fraction de seconde, avant de reprendre sur un ton plus anxieux. Et comment ont-ils réagi à tout ça ? Je n’ai pas pu assister à la fin. Je suis un peu curieux du coup, je l’avoue.

Le vieil homme fut surpris.

— Ce n’est pas un jeu ! s’indigna-t-il dans un hoquet. - la voix dans les pierres ne répondit rien - Les réactions ont été diverses… certains voulaient t’envoyer l’Armée Céleste, d’autres veulent simplement discuter avec toi via des émissaires. Enfin, d’autres ont privilégié une voie plus pernicieuse… en voulant organiser ton assassinat.

— Hum… je vois… et qui a gagné finalement ?

— C’est pour ça que j’ai ouvert le coffre, mon frère… Afin de te prévenir. Le conseil n’a pas voulu prendre de décisions trop rapides et il dépêchera des émissaires pour essayer de te raisonner.

Le Grand Mage poussa un gloussement.

— Si tu les vois, conseille-leur quand même de préparer leur succession !

Le vieil homme secoua la tête de dépit. Son frère ne changerait donc jamais ?

— Ce n’est pas tout ! reprit le conseiller. Certains sont en train de monter, parallèlement à la voie officielle, un commando d’assassins afin de s’en prendre à toi, discrètement…

— Je vois, répondit lentement le Grand Mage. Ceux-là aussi seront bien reçus, crois-moi !

— Je n’en doute pas, répondit franchement le vieil homme. Fais néanmoins attention car il semblerait que ce soit Akiri qui prendra le commandement de ces soldats. C’est un homme dangereux… c’est un des sénéchaux des brigades de la mort.

— Je connais Akiri oui. Je me souviens de lui… Il était très jeune je crois à l’époque… Il venait de sortir de l’école, mais sa réputation de soldat cruel et sans scrupules se rependait déjà autour de lui. Ainsi donc il est devenu commandant de ces crapules. Merci de m’avoir prévenu, mon frère, je saurai le recevoir comme il se doit.

— J’agis pour le bien de l’Empire de Sa Majesté, tenta de se convaincre le vieil homme, toujours en proie à ses propres conflits intérieurs.

— Fais également attention à toi. Nos amis communs vont probablement essayer de m’atteindre par toi, prévint Le Grand Mage dont le ton de la voix laissa légèrement transparaître son inquiétude.

— Je serai prudent, mon frère. Pour tout te dire, ils ont déjà commencé. Un conseiller, Mermiès est venu me parler aujourd’hui. L’air de rien, il voulait avoir des informations sur toi… Je ne lui ai rien dit qu’il ne sache déjà, cependant…

— Tous ces rats finiront par payer, je t’en fais la promesse ! s’emporta le sorcier. Méfie-toi de lui, méfie-toi des autres aussi, de tout le monde ! Quant à moi, je vais accueillir comme il se doit mes futurs visiteurs. Merci d’avoir appelé, à bientôt.

— Attends ! Il faut que je te dise … Baltazar …

— Il n’est pas mort, je sais. Je sens encore son aura putride de chien galeux. À bientôt.

Les pierres à parlote s’éteignirent aussitôt. Le vieil homme referma le vieux coffre. Il resta là encore un moment, attablé à son bureau, les yeux dans le vague. Insensibles à ses sombres pensées, les rayons de lune jouaient avec les rideaux de la fenêtre entrouverte. Une brise légère entrait parfois dans leur danse silencieuse, en venant soulever les fins voilages. Le vieil homme observait cette scène paisible en se demandant comment tout cela pourrait bien finir.

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