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Une réunion tout sauf ennuyeuse - Partie 2

Une réunion tout sauf ennuyeuse - Partie 2

Publié le 18 nov. 2021 Mis à jour le 28 nov. 2021
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Une réunion tout sauf ennuyeuse - Partie 2

Le ventripotent petit sorcier à la gauche du gouverneur arborait un imposant couvre-chef dont un ruban d’un noir profond venait faire le tour. Ce bout de tissu n’était pas une coquetterie vestimentaire mais venait rappeler à tous le rang élevé dans la congrégation magique de celui qui le portait. Il se leva difficilement avant de sortir de sa poche un bout de papier griffonné et commença à parler d’une voix faible. Les auditeurs du fond devaient tendre l’oreille pour l’entendre et on entendit même un « plus fort ! » peu respectueux.

— Merci Sénéchal Eck… Heu, voyons voir ... ça … ah oui ! voilà ! Les différents témoignages que nous avons pu recueillir sur le déroulement de l’attaque nous donnent à penser qu’une tempête métamorphe avait lieu au-dessus de la Cité Céleste au moment des faits. Un déchaînement de vents magiques ne peut bien sûr à lui seul convoquer un dragon, évidemment, évidemment, oui. Mais cela a certainement aidé à son apparition ! Oui, oui, oui … - il caressa un instant sa barbe avant de reprendre - Mes frères mages et moi-même allons bien sûr enquêter pour déterminer les causes de cette tempête et de son éventuelle utilisation à des fins de destruction. En soi, bon … les tempêtes magiques ne sont pas rares et cela va demander un long et minutieux travail. Nous allons faire au plus vite mais ça ne sera pas rapide, certes. Enfin, nous sommes en ce moment même en train de mettre au point un sort de localisation, n’est-ce pas ? Une fois celui-ci achevé, nous pourrons certainement localiser l’auteur de cette tragédie s’il existe… c’est presque certain, oui, oui… Merci. 

Le manque d’éloquence de l’archimage dont la réputation n’était plus à faire avait frappé une fois de plus. Les invités s’entre regardèrent. Ceux parmi l’assistance qui l’avaient déjà entendu discourir n’étaient pas plus surpris que ça. Quant aux autres, ils ne comprirent que le sorcier avait fini de parler que lorsqu’il se rassit. Personne n’émit le moindre applaudissement et même le gouverneur resta un moment silencieux, incrédule, avant de reprendre ses esprits.

— Merci, Archimage Palonto pour cet exposé... Bien ! Je vais à présent vous donner la parole. Si vous souhaitez vous exprimer ... oui ?

Un militaire dans l’assistance se leva presque aussitôt.

— Votre éminence ! Je suis le Sénéchal Ivanovi, grand protecteur de la Cité Céleste Fière et Miroitante ! Je souhaiterais m’exprimer.

— Vous avec la parole Sénéchal, l’invita Georges.

— Je vous en remercie. Ne vous inquiétez pas, je ne monopolisai pas la parole bien longtemps car ce que j’ai à dire est très court. Les dragons sont des animaux légendaires et personne n’en a vu depuis les Guerres Fraternelles. Nous pensions tous, n’est-ce pas, qu’ils avaient disparu depuis longtemps ! Le fait qu’une de ces bêtes soit réapparue n’est pas le fruit du hasard. Elle a forcément été convoquée par quelqu’un. Bien sûr, nos amis mages présents dans la salle pourront nous en dire plus à ce sujet, j’en suis certain, quand ils auront terminé leur enquête... un de ces jours. Mais avons-nous le temps d’enquêter, je vous le demande ! Qui nous dit que la Cité Céleste Éternelle et Merveilleuse n’est pas la première d’une longue série. Qui nous dit qu’il n’y aura pas une autre attaque bientôt ! Souhaitez-vous vraiment attendre qu’un tel drame se reproduise ? Souhaitez-vous prendre le risque que bientôt, ce soit au tour de votre Cité à vous, que vous chérissez ? Qui abrite les gens que vous aimez ?  Non, bien sûr que non ! Les mages enquêteront bien sûr, car il faut des réponses. Mais ce qu’il faut surtout, et tout de suite, ce sont des actes ! Trouvons ceux qui ont fait ça ! Trouvons-les et tuons-les sans attendre !

Une longue salve d’applaudissement accompagna cette fois ci la fin de la prise de parole du Sénéchal à laquelle même quelques sorciers se joignirent.

— C’est plutôt bien parlé, acquiesça Akiri dans un sourire. Il me plait bien cet Ivanovi. Qu’en pensez-vous, haut conseiller ? N’a-t-il pas raison ?

— La précipitation n’est pas toujours la solution, grommela le vieil homme.

— Certes ! Vous préférez donc des victimes supplémentaires pendant que les mages désigneront un coupable que nous connaissons tous déjà ?

A ces mots, Ebenezer se retourna complétement vers son voisin :

— Que voulez-vous dire ? demanda-t-il peut être un peu trop vivement.

— Ah ? Vous ne savez pas ? Attendez, vous allez voir… répondit Akiri avec un ton faussement naïf avant de se lever à son tour. Gouverneur ! Je suis le Sénéchal Akiri, commandant des brigades de la mort, et je souhaiterai prendre la parole.

Georges lui donna l’autorisation d’un vague geste de la main.

— Hé bien, hé bien mes amis ! tonna le militaire. Que nous voilà tous réunis en de tristes circonstances, n’est-ce pas ? Ces pauvres gens … vous imaginez ? Tirés du lit au petit matin par un monstre ravageant tout sur son passage … voir ses amis, sa maison … ses enfants ! Tous brulés vifs dans ce drame abominable … nous savons tous n’est-ce pas qu’il ne s’agit pas d’un accident, que ce n’est pas le destin, ou la malchance qui a entrainé la chute de cette magnifique cité. Oui, nous le savons ! Nous savons qu’il s’agit d’une attaque lâche et ignoble, dont l’auteur doit être puni ! Bien sûr, j’ai écouté attentivement les discours des uns et des autres. J’ai d’ailleurs beaucoup apprécié le vôtre, Sénéchal Ivanovi. J’ai entendu les mages nous dirent qu’il faut attendre, enquêter et je ne sais quoi d’autres … permettez-moi de vous dire qu’il s’agit là d’une perte de temps et j’irais même plus loin en la qualifiant de criminelle ! – à ces mots, un murmure parcourut l’assemblée – car nous savons tous, je pense, vers qui se portent tous les soupçons désormais. Je vais vous poser trois questions simples, si vous me le permettez. Qui serait assez puissant pour invoquer un tel monstre ? Qui a déjà montré par le passé que sa loyauté envers l’empereur n’était pas aussi solide qu’il le prétendait ? Et enfin qui a disparu subitement il y a plus de dix ans lorsqu’il a été soupçonné de traitrise en voulant échapper à un procès équitable et la possibilité de se défendre ? Oui… vous savez tous de qui je parle ! Je parle du Grand Mage ! Nous savons tous que c’est lui l’auteur de cette basse attaque ! Alors je vous en conjure mes amis, cessons nos palabres inutiles et agissons maintenant !

Un tumulte s’empara de l’assemblée pendant que le Sénéchal se rasseyait tranquillement, sourire aux lèvres. L’hypothèse d’Akiri avait ses nombreux défenseurs et ses quelques détracteurs et une guerre de tranchée commença rapidement à faire rage dans les rangs des invités devenus incontrôlables. Pendant de longues minutes, les cris et les insultes fusèrent couvrant la voix du Gouverneur qui s’époumonait pour ramener un semblant de calme.

Akiri se pencha vers l’oreille d’Ebenezer.

— Mais j’y pense conseiller, vous le connaissez bien le Grand Mage non ? C’est un membre de votre famille si je me souviens bien… votre frère, c’est bien cela ?

Le vieil homme ne put s’empêcher de blêmir face aux dires de son voisin qui continua, tout en affichant un sourire carnassier :

— J’espère pour vous que je me trompe… sincèrement ! Avoir comme frère un tel traitre… ce serait vraiment dommageable, dans votre situation…

Ebenezer garda le silence feignant d’ignorer l’attaque et avait les yeux rivés vers un hiérarque, haut conseiller à la couronne qu’il connaissait bien, qui se levait et qui de sa voix de tribun couvrit peu à peu le capharnaüm ambiant.

— Quel spectacle donne-t-on ici ! Sommes-nous des enfants ou les Éminences de l’Empire ? J’ai écouté ce que les Sénéchaux avaient à dire. Je les ai écoutés même si je ne suis pas d’accord avec eux ! Alors je veux être entendu moi aussi ! Assez !

Peu à peu le silence se fit devant l’imposant personnage, et tous se tournèrent vers lui.

— Je comprends parfaitement le besoin de trouver un coupable et de le punir. Nous nous sentons blessés, nous nous sentons trahis. Mais ce n’est pas d’un coupable désigné dont nous avons besoin. Nous avons besoin de vérité ! Et cette vérité, elle n’éclatera pas avec des discours ! Elle ne nous sera connue que si nous avons la sagesse … oui messieurs ! la sagesse ! d’attendre des certitudes ! Qui nous dit que ce ne sont pas quelques habitants du Sol qui ont fomenté cette attaque contre la cité éternelle et merveilleuse ? Accuser le Grand Mage sans qu’il ne soit là pour se défendre, accuser un absent ! Est-ce vraiment là ce que nous souhaitons ? Je ne sais pas pour ma part, qui est le coupable ! je n’ai aucune certitude, et je n’en aurais que lorsque j’aurais des preuves ! Oui ! des preuves ! en avez-vous ? Je n’en vois aucune !

— Des habitants du Sol ! éclata Ivanovi. Et puis quoi encore ! Ces gens-là ne savent qu’élever du bétail et encore ! Alors un dragon ! je vous en prie Haut Conseiller ! Je partage l’avis du Sénéchal Akiri. Le Grand Mage est un sorcier puissant, mais il a perdu la raison il y a de nombreuses années. Il est en exil et son cœur est empli de haine. De la haine de l’empire ! De la haine des Cités ! Nous le savons tous ! Nous faisons tous semblant de l’ignorer, par facilité… par lâcheté même oserais-je dire ! Mais ce n’est un secret pour personne !

A peine le militaire eut-il le temps de se rassoir, sous les applaudissements et les huées, qu’une obscurité soudaine s’abattit sur la salle. Le cristal constituant la coupole s’était soudainement assombri et tous levèrent vers lui des yeux emplis de surprise.

Une voix profonde envahit tout l’espace, résonnant à l’intérieur même de la tête des auditeurs hébétés.

— Hé bien, hé bien… Voilà que déjà vous me condamnez, vous tous ici rassemblés, sans même me donner la possibilité de me défendre, est-ce bien là des façons ?

Le gouverneur Georges, qui avait tenté au maximum de garder le silence durant les débats, sursauta en entendant cette voix avant de se redresser de toute sa hauteur en adoptant sa posture la plus impressionnante.

— Qui a parlé ! Qu’il se montre ! rugit-il.

Du fond de la salle, semblant se matérialiser à partir de l’obscurité, apparut une silhouette. Tout en s’avançant celle-ci continua de parler, comme si l’ordre du suzerain n’était qu’un détail sans intérêt.

— Pour ceux d’entre vous qui l’ignoreraient, ou qui sont suffisamment stupides pour ne pas m’avoir reconnu, il est temps de faire les présentations. Je suis le Grand Mage de l’Empire Céleste !

Sortant de l’ombre apparut alors un vieil homme dont le vaste couvre-chef laissait le visage dans l’obscurité. Il était entièrement recouvert d’une longue cape bleu nuit, qui donnait l’impression qu’il se déplaçait à quelques centimètres du sol. Lorsqu’il eut annoncé son identité, les membres de l’assemblée restèrent interdits quelques secondes, mais ce moment suspendu dans le temps ne dura pas car bientôt fusèrent des : « Usurpateur ! », « Traitre ! » et autre « Menteur ! » provenant de tous les coins de l’immense salle.

Le sénéchal Eck s’était également levé bousculant son lourd siège et semblant prêt à bondir sur le nouvel arrivant.

— Si vous êtes vraiment celui que vous prétendez, alors défendez-vous ! Vous êtes accusé d’avoir détruit la cité céleste éternelle et merveilleuse en invoquant un dragon ! Je vous le demande, monsieur ! Est-ce vous qui êtes l’auteur de ce crime !?

— Soldat ! gronda le nouveau venu. Tu te trompes lourdement ! Je ne suis pas ici pour me défendre. Je suis venu pour vous mettre en garde ! Vous n’êtes tous qu’une bande de petits politiciens belliqueux et assoiffés de pouvoir. Mais votre fin est proche car en votre sein grandit un mal bien plus grand encore ! Changez ! Arrêtez de vivre grassement aux dépends du Sol ! Débarrassez-vous de cette sève pourrie qui vous alimente et de ces rats qui tous les jours prospèrent chez vous !

— Assez ! hurla le chef d’état-major. Comment osez-vous nous insulter ! Gardes, saisissez-vous de cet homme et …

Il ne termina jamais sa phrase dont les derniers mots restèrent coincés au fond de sa gorge. Portant les mains à son cou, son teint devint livide et sous les regards médusés de ses confrères, le Sénéchal s’effondra. Il tenta vainement de prendre appui sur la table mais ses forces semblaient l’abandonner et il s’affala sur le marbre du sol.

— Oh … Vous disiez soldat ? Hum… il semblerait que votre camarade ait fait un malaise, ironisa le mystérieux vieil homme. Vous devriez l’aider rapidement, si vous voulez mon avis.

Le gouverneur fit signe aussitôt à deux gardes qui se tenaient en retrait. Ils se précipitèrent vers leur commandant suprême et le soulevèrent par les épaules pour le trainer vers un lieu plus sûr.

— Ça va aller, chef … On vous accompagne chez le guérisseur, ne vous inquiétez pas, l’encouragea l’un d’eux tandis qu’ils s’éloignaient.

Georges se retourna alors vers le sorcier.

— Vous venez jusqu’ici sans y avoir été invité ! Vous nous insultez, nous menacez et pour finir vous blessez le Sénéchal Eck ! Qui que vous soyez, ça ne change rien car tout cela sonne comme un aveu vieux fou ! L’Archimage Palonto va s’occuper de votre cas !

L’intéressé qui jusqu’à présent était entassé au plus profond de son siège releva la tête de surprise.

— Hin ? Pardon ? Vous disiez gouverneur ?

— Eh bien vous êtes mage non ? Réduisez donc ce malotru en cendres, qu’attendez-vous !

— Eh bien… c’est-à-dire que… bien, d’accord… faisons ça… Tu vas voir ce que tu vas voir ! cria-t-il alors à l’adresse du vieil homme en se relevant doucement.

Le Grand Mage esquissa un sourire mais ne fit pas le moindre mouvement.

— Palonto ! Allons mon vieux… tu sais bien que tu n’as pas la moindre chance ! Le fauteuil sur lequel tu es assis, mon fauteuil au passage, est bien trop grand pour toi… mais soit ! Fais comme tu veux.

Les doigts richement bagués de l’archimage s’agitèrent en tous sens. Presque aussitôt, une boule de feu apparut aux creux de ses mains. Il la projeta alors avec toute la force dont il disposait au travers de la salle. Elle fusa au-dessus de la grande table devant les yeux écarquillés de ceux qui y étaient assis. Mais elle ne parvint jamais au but car le vieux sorcier leva un doigt qui dévia à lui seul la trajectoire du projectile magique. Celui-ci alla s’abattre avec un grand fracas contre un vitrail qui explosa instantanément en une pluie de verre fondu.

— Regarde les bêtises que tu fais ! Ce vitrail devait être très rare ! Bon … c’est tout ce que tu as, Palonto ? Allez ! Fini de jouer. Rassieds-toi maintenant et laisse-nous finir de discuter, tu veux ?

Disant cela, les doigts du vieux sorcier esquissèrent de légers mouvements qui clouèrent l’archimage à son fauteuil. Ne pouvant plus bouger, ce dernier avaient les yeux rivés sur son adversaire.  

— Haha ! Il te plait mon siège ? Eh bien restes y à présent !

Attirés par le grand bruit provoqué par l’escarmouche magique, des soldats entraient à présent par dizaines dans la salle dans une grande confusion. 

Profitant de la bousculade, le vieux sorcier recula alors d’un pas vers l’ombre d’une colonne et y disparut… comme il était venu.

Sa voix résonna alors dans toute la salle si puissamment que certains durent se plaquer les mains sur les oreilles pour tenter de s’en protéger.

— Vous voilà prévenus, vous tous ! Ne me contrariez pas !

Dans le désordre qui suivit, mêlant les conseillers qui cherchaient à sortir de ce lieu le plus rapidement possible et qui se heurtaient non sans quelques maux aux militaires qui pénétraient en nombres dans la salle de réunion, Ebenezer et Akiri étaient restés assis.

Le sénéchal, arborant un large sourire, se pencha vers son voisin.

— Eh bien ! Je ne regrette pas d’être venu ! dit-il en éclatant de rire. Quelle réunion passionnante ! Et quel rebondissement … non vraiment, un bon spectacle. Hahaha ! Et vous haut conseiller ? Vous avez aimé ? Les prochains jours vont être intéressants, n’est-ce pas ? Vous n’êtes pas contrarié au moins ? hahaha !

Le vieil homme ne répondit rien. Perdu dans ses pensées, il n’entendit même pas ce que disait son cruel voisin et secouait lentement la tête de dépit.

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