facebook Chapitre 2 partie II - Tensions et pressentiment - Kaya
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Chapitre 2 partie II - Tensions et pressentiment - Kaya

Chapitre 2 partie II - Tensions et pressentiment - Kaya

Publié le 6 sept. 2021 Mis à jour le 13 sept. 2021
time 12 min

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Chapitre 2 partie II - Tensions et pressentiment - Kaya

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Je n'avais rien compris à ce qu'il avait voulu me dire et ça m'énervait, car je le sentais vraiment préoccupé. Matthew n'était jamais comme ça. Même quand Jessee se faisait mal, c'était lui qui gardait son sang-froid sans ciller. Pendant que Caden essayait de le recontacter, nous fûmes stoppés par un panneau « DEVIATION » nous redirigeant sur une route à droite.
— Je n'arrive pas à le rappeler, le réseau sature.
— Pourquoi il avait l'air si inquiet ? Demande à Ellie dans combien de temps on arrive à l'hôtel via le talkie.
— Je ne vais peut-être pas avoir besoin, regarde, ils ont l'air d'avoir un souci avec leur voiture.

Effectivement, la voiture de Tom faisait de drôles de bruits et avançait en saccadant. Ellie s'était arrêtée pour qu'il voie ce qui clochait, mais impossible de trouver l'origine de la panne et depuis, elle ne voulait pas redémarrer. Ellie tentait de capter avec son téléphone, mais comme moi, impossible de trouver du réseau. Bon sang ! Un nouveau frisson me parcourut l'échine et pourtant, il n'y avait pas un brin de vent... C'est anormal ! Cette sensation se gravait en moi au fer rouge.
— Tom, tu as toujours ton téléphone satellite dans tes affaires ? lui demandai-je dans un éclair de lucidité, tandis qu'il avait la tête sous le capot.
— Oui, oui. Demande à Josh de sortir la caisse sous son siège, il sera dedans.
— Ok. Josh, tu peux sortir le...
— C'est bon, c'est sorti, fit-il la mallette à la main, mais il ne veut pas s'allumer par contre.
— Ça, s'est bizarre, intervint Ellie, nous l'avons rechargé hier soir au bungalow et il fonctionnait très bien.
— Euh, les gars, je veux pas être pessimiste ou quoi, mais notre voiture non plus ne veut pas redémarrer, intervint Caden.
— Quoi ? Mais on va faire comment ? paniqua Ellie.

Par réflexe, je touchai mon collier. Non, tout ça n'a rien de normal. Quelle est la possibilité que nos véhicules tombent en panne, qu'on n'ait plus aucun réseau et que le téléphone satellite refuse de s'allumer dans un même temps ?
— Je ne sais pas, mais il y a vraiment quelque chose qui ne va pas, déclara Caden, je pense qu'on ne devrait pas rester ici et qu'on devrait vite partir.
— Tu crois ? Mais on ne va pas laisser les voitures ici quand même ! s'indigna-t-elle.
— Personne n'a envie de laisser nos affaires ici, mais tout ça n'a rien de normal, lâchai-je amère. La voiture, les téléphones ? Sans compter que Matthew m'a appelée, il était bizarre. Je n'ai pas compris ce qu'il voulait dire, il a mentionné le G.A.C.U, c'est tout ce que j'ai réussi à retenir, mais ce que je sais, c'est qu'il n'est pas comme ça sans raison.

Tom ferma le capot de sa Ford et prit son sac ainsi que celui d'Ellie.
— On va chez ma tante, le gîte est de l'autre côté. On va contourner la déviation à pied. Prenez vos affaires. Tant qu'on ne sait pas ce qu'il se passe, on ne laisse rien d'important ici.
— Mais..., protesta Ellie, il ne se passe rien de grave, si ?

Il fit volte-face et ses yeux verts croisèrent ceux de notre tigresse. L'air sérieux ne lui allait pas du tout, on aurait dit une autre personne. Je redécouvrais une facette de Tom que j'avais oubliée derrière ces traits bagarreurs et je n'étais pas sûre de vouloir savoir pourquoi lui aussi n'aimait pas cette situation. J'avais déjà vu ce regard et comme mon cher et tendre, lui non plus n'était pas de ceux qui s'inquiétaient facilement. Je me souviens encore de la fois où j'avais failli tomber d'une falaise et que les forces me manquaient pour remonter. Quand tout le monde paniquait, c'était le seul à avoir su ramener le calme, même avec moi. Ce jour-là, j'avais vraiment failli mourir...
— Je ne sais pas ce qui se passe, mais pas de protestation avec moi ma puce, déclara-t-il en lui tendant la main. On y va, c'est tout.

Personne n'avait bronché et la demi-heure qui suivit me parut interminable tant le silence était étouffant. Josh marchait derrière nous, tandis qu'Ellie et Tom étaient devant. Caden trifouillait encore nos téléphones pour essayer d'avoir du réseau, mais rien n'y faisait. Nous étions finalement arrivés à un grand muret en pierres apparentes avec un portail haut d'à peu près deux mètres, de couleur bleue. « GÎTE DU LAC », voilà ce que l'on pouvait voir sur l'écriteau en marbre à gauche surplombé par une cloche et un interphone. Après plusieurs tentatives sans réponses, il fit tinter la cloche, mais là encore seul le silence se fit entendre. Josh tenta vainement d'ouvrir le portail. Celle-ci semblait bien fermée à double tour.
— On va passer par-dessus, lança Tom.
— T'es sûr ? demanda Josh
— Oui, c'est pas bien compliqué pour nous, à part peut-être pour Miss marmotte. On le faisait tout le temps avant. Le mur mesure entre deux mètres et deux-mètres cinquante selon où on se trouve, suffit de trouver le coin le plus bas. On passe les sacs par-dessus en premier et ensuite on y va.
— La marmotte elle te dit mierda, Tom, dis-je en lançant mon sac par-dessus.

Je reculai le plus possible pour prendre de l'élan et je sautai d'un coup en prenant appui sur les pierres apparentes pour me hisser au-dessus. J'avoue que pendant un instant, je cru me foirer et devoir recommencer, mais je ne voulais pas laisser ce plaisir à Tom. De plus, j'avais bien besoin d'un petit défi pour chasser tout ce bazar de mon esprit. Arrivée en haut, je m'accroupis en lançant une main vers Tom avec un air malicieux :
— Besoin d'aide ?
— Non, c'est bon. J'ai juste dit ça pour te motiver. Tu restes une marmotte.
— J'aurais plutôt dit une sauterelle moi, ironisa Josh.

Un rire m'échappa. Quelle mauvaise foi il avait ! Je sautai de l'autre côté en me réceptionnant par une roulade pour amortir l'atterrissage. Je sentis tous les muscles de mon dos se raidir sous l'impact. Il est vrai que même si je pouvais sauter par-dessus, je manquais de pratique et cela se ressentait dans mes mouvements. Caden arriva l'instant d'après, suivi de Josh. Les affaires de Tom et d'Ellie tombèrent juste à côté de moi, me frôlant au passage. Je jetai un air mauvais à Tom qui paraissait content de sa provocation avant de se retourner pour aider Ellie à grimper. Je retournai mon attention sur la demeure de sa famille. Le jardin semblait plutôt grand et avait des arbres différents sous lesquels se trouvaient des bancs et des tables de pique-nique. La maison haute de deux étages d'un style plutôt ancien prenait la place au centre de celui-ci. Le lierre courait sur les murs et contournait les fenêtres ainsi que les portes. Une pergola donnait sur la terrasse et du lilas tombait sur les bords.
— Bon, on fait quoi maintenant ? demandai-je.
— On va à l'intérieur. Voir s'ils sont là. Des fois, ils n'entendent pas la sonnerie de la cloche et l'interphone est peut-être en panne, annonça Tom.
— C'est quand même vachement calme.
— Trop calme. D'habitude, même s'ils dorment ou sont absents, ils mettent de la musique.
— Pourquoi ?
— Qu'est-ce que j'en sais putain, je suis pas dans leur tête ! Arrête de poser des questions et marche, grinça-t-il en me lançant mon sac.
— Tom ! le rappela Ellie à l'ordre, calme-toi, ils sont sûrement là. Peut-être qu'ils ont un souci comme nous avec les téléphones et les voitures et que rien ne fonctionne.
— Effectivement, ça expliquerait l'absence de musique, enchaîna Josh.

Caden et Tom partirent devant, tandis qu'Ellie et moi étions à l'arrière.
— Désolé, je ne sais pas ce qu'il a. Depuis qu'on a pris la route, il est bizarre.

Je n'étais donc pas la seule à être perturbée. Et si Tom paniquait, c'était tout sauf un bon présage.
— T'inquiète, la rassurai-je quand même, je connais Tom, je ne le prends pas mal. Ça me donne juste envie de lui mettre une bonne raclée.
— Essaye toujours, lança-t-il, pas sûr que tu arrives à me battre maintenant.
— Ne me tente pas. J'ai bien envie de me défouler et tu ferais une très bonne victime, dis-je en faisant un clin d’œil à mon amie, ce qui la fit rire.

Arrivé devant la porte, Tom les appela :
— Mon oncle, vous êtes là ?

Mais aucune réponse. Il tenta d'ouvrir la porte, là encore, impossible.
— Normalement, il y a une clé de secours que ta tante met dans la cloche sous la pergola, lui rappela Ellie.
— J'y vais, dit Josh.

En attendant, je posai mon sac et sortis ma bouteille pour boire un peu avant de la tendre à Caden. Nous étions tellement occupés par le reste, que nous n'avions pas bu une goutte depuis que nous étions partis des voitures, voire même avant. J'avais la gorge si sèche que le liquide frais me fit un bien fou.
— J'ai trouvé, lança Josh en tenant la clé fièrement.

Tom ouvrit la porte et nous entrâmes en file indienne dans la maison. L'intérieur assez rustique sentait le propre et la lavande. Le rez-de-chaussée donnait directement sur le salon qui rejoignait la cuisine ouverte. Une grande pièce de vie avec une cheminée près du canapé. S'ils étaient partis, cela ne faisait pas longtemps vu que les braises étaient encore chaudes. Un bip m'extirpa de mes pensées. Tom venait d'activer le répondeur automatique pour écouter les messages. Le dernier datait de ce matin.
— Si le répondeur fonctionne, le téléphone aussi non ?
— Il n'y a qu'à vérifier pour en être sûr.

Il composa un numéro au hasard et patienta quelques instants avant de reposer le combiné.
— Il fonctionne, tu veux appeler Matthew ? demanda-t-il en me le tendant.

Quelle question ! Bien sûr ! Je m’emparai rapidement du combiné, pendant qu'ils faisaient un tour dans toutes les pièces ainsi que dans le jardin à l'arrière. Composant rapidement le numéro, j'attendais avec impatience qu'il décroche.
— Allo ? Qui est à l'appareil ?
— Matthew ! C'est moi !
— Kaya ? Put... T'es où ? Pourquoi tu réponds pas ?
— On est coincé entre deux villages, après le pont d'Orion. Nous sommes chez l'oncle de Tom. J'ai tenté de te rappeler, mais impossible d'avoir du réseau. Les voitures ne veulent plus démarrer. Qu'est-ce qui se passe ?

Il soupira.
— Les gens de la muraille. Ils ont pris le contrôle de certaines villes. Les habitants de votre zone ont reçu l'ordre d'évacuer.
— Quoi ? Mais comment la situation a pu dégénérer à ce point ?
— Je ne sais pas, hier soir, ils dédramatisaient encore toute cette histoire en affirmant avoir le contrôle. Ce que je sais par contre, d'après ce que tu me dis, c'est que vous êtes dans une zone qui a été évacuée dans la matinée et que vous devez aller dans une autre pour l'être aussi.
— Elle est où ?
— Laisse-moi regarder... D'après les dernières informations, ils ont un dernier convoi qui part à seize heures de Lumen.
— Lumen ? Mais c'est à presque quatre heures à pied ! criai-je malgré moi.

Du coin de l’œil, je vis Tom qui me regardait d'un air inquiet et qui me demandait ce qui se passait à sa manière pour ne pas m'interrompre. Je lui fis signe de se rapprocher.
— Les voitures ne sont vraiment pas une option possible ? Vous y seriez rapidement avec.
— Non, elles ne veulent pas démarrer et retourner là-bas nous retarderait.
— Dans ce cas, partez maintenant.
— Mais..., je fus interrompu par Tom qui m'arracha le combiné des mains.
— Pourquoi on doit aller à Lumen ?

Je n'entendis pas la réponse de Matthew, mais je voyais au visage de Tom que cette idée ne lui plaisait pas. Tout en continuant sa conversation, il griffonna un mot sur un post-it à côté du téléphone et demanda à Ellie de le donner à Josh avant de se tourner vers moi. Je n'aimais vraiment pas l'air qu'il affichait. Déjà, je savais que nous allions devoir partir, et ce, dès que nous aurions raccroché. Je grimaçai rien qu'à cette idée. Il nous restait un peu de la nourriture d'hier, donc on avait de quoi manger en route - parce qu'on n'avait toujours pas pris le temps de manger depuis notre départ – et de quoi boire. C'était peut-être faisable, mais cette course contre-la-montre ne me plaisait pas du tout et je n'étais visiblement pas la seule. Il passa sa main dans ses cheveux ébène et me tendit le fixe.
— Dépêche-toi, on part dans cinq minutes. On va prendre les vélos.

Les vélos ? Sans réfléchir et pendant qu'il donnait ces directives aux autres, je me concentrai sur Matthew.
— Cette histoire ne me plaît pas, mon cœur.
— Moi non plus, je crois que ce n'était pas le bon moment pour votre excursion..., après un court silence, il reprit : faites attention sur la route. On ne sait pas exactement jusqu'où ils ont pu aller et je ne suis pas certain que le G.A.C.U.* nous donne toutes les informations... Ne prends pas de risque s'il te plaît.
— Promis.
— Kaya ?
— Oui ?
— Je t'aime.
— Moi aussi... je t'aime, articulai-je tourmentée.

Pourquoi ça sonnait comme si on ne se reverrait pas ? Je détestais le poids qui s'était niché dans ma poitrine. Cela ne m'aidait pas à me calmer. Ellie me toucha l'épaule pour me faire signe qu'il fallait partir.
— Dis à Jessee que je l'aime et que je rentre vite.
— Je lui dirai, finit-il en raccrochant.
— Qu'est-ce qu'on fait ? demanda Caden.
— Ce que nous conseille Matthew. On va à Lumen, répondit Tom.
— Lumen ? Mais c'est trop loin, piailla Ellie
— Grave ! Mec, j'ai la flemme, renchérit Josh à qui la situation échappait.
— Flemme ou pas flemme, on n'a pas le choix. Si on ne veut pas se retrouver dans plus d'emmerdes, on doit se barrer d'ici. On va prendre les vélos du hangar. On y sera plus rapidement qu'à pied, on pourrait louper le convoi.
— Quel convoi ? questionna Ellie.
— Ils nous évacuent, lâchai-je amère, les Muraliens ont presque pris le contrôle de la zone. Il faut partir avant d'être leur prochaine cible.
— Quoi ? hoqueta-t-elle, mais comment ?

Caden tapa du poing sur la paroi de la cuisine.
— On s'en fout bordel ! Il faut qu'on se tire avant de se faire descendre.
— Calme-toi, suggéra Josh en se rapprochant de lui, on n'a vu personne sur la route, si ça se trouve, ils s'affolent pour rien.
— On ne prend pas de risque, clama Tom, on part et c'est tout.
__________________________
*G.A.C.U : Gouvernement accompagnant à la cohésion universelle.

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