facebook Chapitre 2 partie I - Tensions et pressentiment - Kaya
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Chapitre 2 partie I - Tensions et pressentiment - Kaya

Chapitre 2 partie I - Tensions et pressentiment - Kaya

Publié le 2 sept. 2021 Mis à jour le 17 sept. 2021
time 10 min

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Chapitre 2 partie I - Tensions et pressentiment - Kaya

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14 Mars 2051
 

Le réveil fut rude. Ils étaient tous sur le pied de guerre, tandis que moi j’émergeais tout juste. Caden avait déjà rangé sa chambre et ses affaires quand je sortis de la mienne. Je me dirigeai vers la table pour prendre mon café, histoire de trouver la motivation qui me manquait. Je détestais en boire, mais il fallait reconnaître que ça aidait à se réveiller plus rapidement. Après un énième bâillement, je commençai à ranger à mon tour. Jetant un coup d’œil rapide à ma montre, je savais qu'il nous restait vingt minutes avant de partir. Nos trois autres amis, eux, avaient déjà mis tous leurs équipements dans la voiture de Tom. Une vieille Ford Escort, mais qui tenait encore bien la route. J'adorais cette voiture. On en avait fait des kilomètres avec.
— Alors ? Pas trop dur ce réveil ? me demanda Ellie.
— Attends, elle a encore de la bave là, se moqua Tom. C'est devenu une marmotte avec le temps. Regarde, c'est la dernière levée quand même. Tu te rappelles quand c'était elle qui nous levait ? Elle s'amusait avec les casseroles et les ustensiles à faire sonner le clairon et gare à nous si on râlait.
— Pff. T'es con, c'est normal. Avec un enfant, tout change, lui rappela Josh.

En vrai, il n'avait pas tort et cela me faisait plutôt sourire. J'avais changé, c'était la vérité et alors ? Je n'en avais pas honte, parce que maintenant, j'ai un fils magnifique, un homme en or et une maison dans un cadre de rêve. Je n'avais vraiment pas à culpabiliser de mon évolution. Avant, j'étais une chieuse, courant après le temps avec cette impression de ne jamais pouvoir tout voir. Mais depuis Jessee, cette peur avait disparu. J'ai appris à profiter du temps, de la vie, de me satisfaire du moment présent.
— C'est vrai, et alors ? La naissance de Jess m'a fait grandir plus que je ne l'aurais imaginé. Bien sûr, les voyages me manquent et c'est d'ailleurs pour ça qu'aujourd'hui, je suis là. Nous avons même prévu avec Matthew de partir sur les routes d'ici quelque temps. Mais je ne veux pas revenir en arrière pour autant, alors tu peux bien te moquer, je m'en fiche. Et au passage, toi aussi, tu as encore la trace de bave au coin de la bouche, dis-je en indiquant l'endroit de l'index avant de partir en courant, ma tasse à la main pendant qu'il cherchait à me jeter un verre d'eau au visage.
— Tu sais que tu nous as quand même pas mal manqué ? me dit Ellie en posant la main sur mon épaule.
— Toi aussi tu m'as manqué, ma petite lionne de feu. Il faudra que vous veniez quelques jours chez nous un de ces quatre.
— Avec plaisir. Je pourrai voir si j'arrive à mettre la pâtée à Matthew maintenant que j'arrive à mettre Caden au sol.

J'éclatai de rire. Ellie et son envie de battre quiconque, c'était plus fort qu'elle. À peine le temps d'avaler le reste de mon petit-déj que tout était déjà nettoyé et rangé. Nous sommes partis sur la route après avoir réglé la nuit à la borne. L'accueil était géré automatiquement par un programme holographique, donc la manœuvre fut rapide. Tom, Ellie et Josh devant et nous derrière. À cette heure-ci, sur la route, il n'y avait presque personne, donc nous avancions plutôt rapidement et voilà que nous étions déjà sur l'autoroute. J'allumai la radio pour écouter la musique, mais la voix du présentateur s'imposa dans l'habitacle. Je baissai le son, car je détestais ça. Les pubs, les blagues vaseuses, et tout ce qui allait avec.
— Monte s'il te plaît, demanda Caden en fronçant les sourcils.
— Pourquoi ? C'est toujours les mêmes blagues nu...
— Monte, me coupa-t-il.

Ok chef. Quand il était comme ça, je ne cherchais pas à discuter. Quelque chose semblait le préoccuper alors j'écoutais plus attentivement.
— … Barrière rouge. La ville de Septaria a été mise à feu et à sang ainsi que deux autres proches de la barrière : Eidenville et Saldengrove. L'armée est déjà sur place et tente de rétablir le calme. Les blessés sont orientés dans les hôpitaux des grandes villes Osange et Saltispring. Ne manquez pas le prochain bulletin d'information.

Un frisson me parcourut. Je pensais aux gens blessés et aux possibles morts. Ils avaient augmenté leurs attaques dernièrement, mais rien de bien inquiétant d'après les informations du G.A.C.U.* Ils ont visiblement passé un cran au-dessus cette fois et cela m'inquiétait plus que je ne souhaitais l'avouer.
— 'Tain. Ces chiens, ils ne comprennent pas que la paix est bien mieux que la guerre ? Nous étions tout juste nés à la fin de la dernière et pourtant, je me rappelle à quel point c'était dur de s'en remettre et de relancer le monde entier après tant de souffrance.

J'allongeai mes pieds sur le tableau de bord pour chasser les crampes qui commençaient à venir.
— Faut croire que certains ont la tête dure. Tu penses qu'ils vont aller plus loin ?
— Non, l'armée a déjà dû les calmer et les remettre derrière la barrière, mais quand même.
— Ouais, ça craint. Bon, je vais changer, je préfère vraiment avoir de la musique plutôt que ces infos anxiogènes.
— Vas-y.
— Kaya, grésilla le talkie fixé au tableau de bord, un cadeau de Josh la veille. Il trouvait ça plus pratique de rester en contact, plutôt que d'utiliser nos téléphones.
— Kaya, Caden, répéta-t-il. Ça vous dit de faire une pause à la prochaine aire d'autoroute ?

J'attrapai le talkie-walkie et répondis :
— Avec plaisir, j'ai besoin de me dégourdir les jambes.
— Et moi de faire une pause, lança Caden.
— C'est noté. Ellie et Tom vont échanger aussi.

Sur l'aire, il y avait un distributeur automatique qui vendait des souvenirs, notamment une petite figurine en forme de poulpe avec de grands yeux qui tirait la langue et qui tenait une pelle dans une de ses tentacules et une pioche dans l'autre. Je trouvais ça rigolo et elle faisait partie de la collection que faisait Jessee sur les Zikernus. Quant à Matthew, il collectionnait les pièces commémoratives et il y en avait une avec une tête qui avait un côté d'ours et un côté de raton laveur avec marqué Lany Lake – Vallée animalière au dos. Sachant pertinemment qu'il ne l'avait pas, je la pris aussi au passage avec en prime un livre de mots croisés pour m'occuper sur la route et un paquet de raisins secs, mon péché mignon. Les raisins secs étaient devenus une denrée rare, donc j’étais vraiment contente d'en trouver ici. En observant le parking, je remarquais qu'il n'y avait personne d'autre que nous. Même la boutique était fermée. Bizarre, pensais-je. D'ordinaire, il devrait y avoir au moins une dizaine d'autres véhicules !

Je remontai en voiture côté conducteur cette fois et nous repartîmes sur la route. Après quelques kilomètres, nous arrivâmes sur le grand pont traversant le fleuve d'Orion. Je détestais passer dessus, même après autant d'années. Il me donnait le vertige à chaque fois. Comme s'il avait capté mon inquiétude, Caden mit la musique un peu plus fort. Une chose me frappa en me concentrant sur la route. Tout était désertique, trop désertique. D'abord le parking, puis ça ? Nous n'avions croisé aucune voiture depuis notre départ et pourtant nous avions entamé une bonne partie de la matinée. C'était un endroit plutôt bien fréquenté d'ordinaire. Enfin, d'après les souvenirs que j'en avais. Avec le recul, je pris conscience que même le camping était désert et que nous étions rentrés avec validation vocale, les gérants étant absents. Cela ne nous avait pas choqués, car c'était déjà arrivé par le passé. Seulement, le tout compilé faisait naître en moi une certaine oppression au regard de cette situation inhabituelle.
— Tu ne trouves pas bizarre que nous n'ayons encore croisé personne ? Je veux dire, on est quand même sur une autoroute. Il y a toujours des gens sur une autoroute, non ?

Il haussa les épaules :
— Je ne saurai pas te dire. C'est vrai que lorsque j'ai parlé avec Ellie, elle aussi paraissait surprise à ce sujet.

Il se redressa.
— Quand même, c'est pas normal je trouve. Pas une voiture, pas un camion, rien. Même au camping ! Personne ! Tu ne trouves pas ça étrange ?
— Mouais. Moi ça ne m'inquiète pas. C'est pas comme si ...
— Laisse tomber, c'est peut-être moi qui me fais des films après tout.

Nous sortîmes de l'autoroute lorsque la radio grésilla et se coupa. Caden essaya de la remettre en changeant de chaîne, mais ça ne voulait pas fonctionner. Il entreprit donc de sortir sa clé USB et de la mettre à la place. Au moins, de cette manière, nous ne serions pas incommodés par les pubs. Après avoir emprunté la sortie vers « Solticea », nous passâmes par nos petits villages habituels. Savoir qu'ils gardaient encore le même chemin m'arracha un léger sourire.

De nouveau, je fus stupéfaite de ne croiser personne. D'accord, dans les petites bourgades, ce sont des personnes âgées principalement, donc on ne devrait pas les voir sortir à coup sûr, mais quand même ! J'avais du mal à rester bien droite pour conduire et à ne pas me tortiller. Je regardais de droite à gauche pour essayer de trouver quelqu'un, mais personne. Je n'aimais pas la sensation qui prenait le pas sur ma raison. Les frissons qui me parcouraient et la boule que je ressentais au creux de l'estomac m'empêchaient de réfléchir correctement.
— Euh, je sais que ça fait longtemps que je ne suis pas venu dans ce coin, mais c'est normal que ça semble autant à l'abandon ?

Il se redressa et passa la main sur sa nuque avec un air un peu crispé. Visiblement, il semblait enfin dérangé par la situation.
— Non, enfin la dernière fois que nous sommes passés ici remonte à six mois et tout allait bien. Rien d'aussi...
— Lugubre..., finis-je. Bon, admets que ça n'a rien de normal tout ça quand même ! Tu penses qu'ils ont pu arriver jusque-là ?
— Qui ?
— Bah les Muraliens ! Franchement, entre les nouvelles de ce matin et l'atmosphère actuelle, ça pue tout ça !
— Non, je ne pense... pas. Enfin, ils l'auraient dit, il marqua une pause avant de reprendre : non ?

Je le fixai un instant avant de me concentrer à nouveau sur la route. Il n'était absolument pas convaincu par ce qu'il disait et ça se sentait bien. J'attrapai le talkie-walkie et contactai Ellie pour savoir s'ils savaient quelque chose.
— Non, désolé. Nous sommes passés ici il y a trois semaines et tout allait bien. Je ne comprends pas non plus. Tom dit que nous nous arrêterons au gîte du Lac où vivent sa tante et son oncle. Josh ne trouve pas ça normal non plus.
— Ils habitent dans le coin maintenant ?
— Oui, ils ont développé leur affaire et ça marche plutôt bien d'après les dernières nouvelles.
— C'est dans combien de kilomètres ?
— Une vingtaine à peu près, je dirais... Quinzaine d'après Tom. Donc, on y sera dans peu de temps.
— Ça marche, répondis-je simplement avant de couper le contact et de replacer le talkie-walkie à sa place.

Caden ne parlait toujours pas et ça m'agaçait au plus haut point. J'avais besoin de continuer à échanger pour chasser l’angoisse qui me gagnait de façon insidieuse depuis que nous étions sortis de cette aire d'autoroute.
Comme par miracle, mon téléphone vibra et le numéro de Matthew apparut à l'écran.
— Tu peux décrocher, s'il te plaît ?

Il acquiesça et appuya sur l'icône verte pour répondre à l'appel et mit le haut-parleur.
— Kaya, tu vas bien ? demanda-t-il la voix pleine d'inquiétude, ce qui me fit stresser encore plus.
— Oui, bien sûr pourquoi ?
— Vous n'avez... enten... les nouvell... ?
— Pardon ? Tu peux répéter, on n'a pas entendu, ça coupe. On ne doit pas capter. Prends le téléphone Caden, essaye de voir si tu ne peux pas trifouiller quelque chose pour avoir du réseau.
— Ok, ok, fit-il en le prenant.
— Attention... rou... bloquée. Le G.A.C... population.
— Je ne comprends rien Matthew, je ne capte vraiment pas. Jessee va bien ?
— Oui, il... bien. Mais... ttention... la mur..., la communication s'arrêta là. Un silence pesant avait pris d'assaut notre véhicule.

__________________________
*G.A.C.U : Gouvernement accompagnant à la cohésion universelle.

 
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