facebook La fille à l'épée - Partie 2
Félicitations ! Ton soutien à bien été envoyé à l’auteur
La fille à l'épée - Partie 2

La fille à l'épée - Partie 2

Publié le 15 nov. 2021 Mis à jour le 28 nov. 2021
time 14 min
1
J'adore
0
Solidaire
0
Waouh
thumb 0 commentaire
lecture 12 lectures
1 réaction

Sur Panodyssey, tu peux lire 5 articles par mois sans être connecté. Profite encore de 4 articles à découvrir ce mois-ci.

Pour ne pas être limité, connecte-toi ou créé un compte en cliquant ci-dessous, c’est gratuit ! Se connecter

La fille à l'épée - Partie 2

Ils finirent enfin par sortir des bois qu’ils traversaient depuis des heures et se retrouvèrent sur les berges d’une rivière. Karl estima qu’ils avaient parcouru au moins cinq kilomètres depuis leur départ précipité. L’eau s’écoulait lentement et avait l’air relativement peu profonde. Ce paysage paisible et champêtre dénotait tellement de ce qu’ils venaient de vivre que la scène lui parut surréaliste, comme sortie de quelques rêves. Les roseaux qui poussaient çà et là sur la berge dansaient lentement au grès d’une brise légère, pendant que des nuages d’insectes se réchauffaient en volant au soleil. Peut-être qu’ils pourraient passer sans trop de mal pensa Karl en étudiant le tranquille cours d’eau. Il commença à s’en approcher, mais un peu trop au goût de Kirly qui, un peu plus loin en avant, le prévint d’un ton particulièrement sec :

— Hé ! Si tu tiens un tant soit peu à la vie, ne t’approche surtout pas de la rivière !

Karl ne prit pas au sérieux l’avertissement de la fille ; elle devait certainement en rajouter pour Dieu savait quelle raison. Il prit donc le parti de faire complétement fi de l’interdiction et choisit plutôt d’aller jeter un coup d’œil. Il avait soif et chaud, sans même parler de ses pieds qui commençaient à le faire souffrir ! Un petit détour par les eaux limpides serait on ne peut plus salvateur et certainement sans conséquence. S’apercevant de la folie du jeune homme, Kirly rebroussa chemin à toute vitesse et le retint sèchement par le bras. Sans ajouter un mot, elle sortit un bout de viande séchée de sa cape dont elle coupa un petit morceau avant de le jeter dans l’eau si attrayante.

Il faut dire que le cours d’eau perdit tout à coup beaucoup de ses charmes car aussitôt la viande flottant à sa surface, un gros remous s’y créa également. Une bête énorme, à la frontière entre le poisson et le crocodile en surgit tout à coup, ouvrant une gueule impressionnante qui laissa voir bons nombres de dents effilées. Le monstre referma le tout dans un claquement sonore sur l’appât improvisé. Le spectacle en aurait déjà refroidi plus d’un mais il n’était cependant pas terminé. Une autre bête semblable à la première, quoi qu’un peu plus petite, apparut à son tour. Celle-là devait quand même bien mesurer un confortable mètre de long. Les deux monstrueux poissons n’apprécièrent que peu d’être mis en présence d’un de leur confrère. Un violent combat se déclencha entre eux.

À la vue de ces créatures infernales, Karl sauta d’un bon mètre en arrière laissant échapper un cri d’effroi. 

— Mais ! Qu’est-ce que ! Qu’est-ce que ! bégaya-t-il en se tenant derrière Kirly. Bordel c’est quoi ça !

La jeune femme se tourna vers lui en fronçant les sourcils, plus encore qu’à l’accoutumée ; elle n’était pas contente.

— C’est la dernière fois que je te sauve la mise, le prévint-elle.

Elle reprit ensuite sa route, l’air toujours renfrogné. Karl fut obligé de forcer l’allure pour la rattraper. Il jeta un dernier coup d’œil au violent combat qui avait lieu. Celui-ci avait pris fin. La plus grosse bête venait logiquement de remporter la bataille. Elle arracha goulument un gros morceau de sa victime avant de l’emporter avec elle dans les profondeurs des eaux qui se teintèrent de vermeille, sous le regard médusé du jeune homme.

— Désolé, dit-il à Kirly, je ne savais pas… 

Elle ne se retourna même pas pour lui répondre et grommela :

— Alors écoute ceux qui savent !

La vue de ces deux monstres vint s’ajouter au reste des indices qui s’accumulaient depuis quelques jours dans un coin de sa tête.

Jusque-là il avait tenté d’éluder tant bien que mal la question. L’urgence constante des évènements qui s’enchainaient sans cesse lui avait finalement servi à voiler la vérité.

Ce qu’il n’avait jusqu’à présent pu qu’effleurer lui sautait maintenant au visage. Evidemment qu’il n’était plus chez lui. Evidemment que, quel que soit l’endroit où il pouvait désormais se trouver, cet endroit n’était pas son monde à lui. Son monde à lui ! Il avait changé de monde ! Comme ça… sans s’en apercevoir, au détour d’un chemin. Comment cela c’était-il produit ? Comment passait-on d’un monde à l’autre ? Le saurait-t-il un jour ? Comment faire pour rentrer chez lui ? C’était à présent à cette ultime interrogation qu’il devait se consacrer tout entier.

— Je ne suis plus chez moi… avait-il murmuré pendant que ces pensées valdinguaient dans sa tête.

— Qu’est-ce tu racontes ? grogna Kirly visiblement toujours contrite par la sottise du jeune homme.

Karl la regarda, surpris.

— Pardon… heu… je réfléchissais à haute voix je crois.

La jeune femme roula des yeux.

Tout à coup, son visage déjà austère se ferma davantage. D’un geste brusque, elle empoigna Karl par le bras et le poussa derrière un rocher.

— Pas un mot, lui ordonna-t-elle.

— Qu’est ce qui se passe ? demanda-t-il tout bas.

Mais voyant l’air de la jeune femme, il préféra ne pas insister. Passant un œil par le côté de leur cache, elle observait quelque chose avec attention.

Karl l’imita, prenant bien soin de ne pas commettre une nouvelle bévue.

Devant eux, à une vingtaine de mètres tout au plus, une silhouette était sortie de la forêt et se dirigeait droit vers la berge.

Il s’agissait d’un homme, non plutôt d’un garçon en fait, affublé d’un d’accoutrement sortant vraiment de l’ordinaire. Ce qui étonna le plus Karl était sans doute son petit chapeau pointu, ou peut-être ce qu’il tenait à la main, à bien y réfléchir. Celui-ci empoignait un long bâton dont l’extrémité formait une fourche à deux dents au bout de laquelle une petite cage était suspendue. Manquant régulièrement se prendre les pieds dans la longue robe sombre qui complétait l’étrange panoplie, le curieux personnage s’approchait dangereusement de la rivière.

Karl crut l’entendre parler tout seul, bien que de là où il se trouvait, il ne put pas vraiment percevoir l’exacte teneur de ses propos. Le ton néanmoins était celui de la lamentation. Il semblait même se disputer avec quelqu’un. Karl se tourna vers Kirly qui, sentant que ce dernier voulait intervenir, lui fit non de la tête d’un air plus que renfrogné. Karl, contrarié, continua d’observer le nouveau venu. Celui-ci n’était plus qu’à quelques pas de l’onde calme mais tellement trompeuse.

— On doit l’aider ! implora-t-il. Il va se faire dévorer !

— S’il est suicidaire ce n’est pas notre faute, lui répondit Kirly en haussant les épaules.

Plus que quelques centimètres et c’en serait fini de lui. Karl ne réfléchit plus. D’instinct, il saisit alors un petit caillou par terre et avant que la jeune femme n’eût pu faire quoi que ce soit, le lança vers l’imprudent. Celui-ci s'arrêta net et regarda en direction du point de chute de la pierre.

Soudain le garçon changea de cap, se dirigeant maintenant vers eux. Karl se remit à respirer.

— Y a quelqu’un ? l’entendit-on appeler.

— Mais c’est pas vrai ! Tu es content ? s’emporta Kirly. Il vient vers nous maintenant !

— Il fallait bien faire quelque chose, se défendit Karl.

— Il est attifé comme un sorcier en plus ! lança-t-elle après avoir jeté à nouveau un œil furtif à l’étranger qui se rapprochait. Tu nous as ramené un sorcier ! Bravo ! Toutes mes félicitations ! Ne viens pas pleurer s’il te change en limace !

— Je viens de lui sauver la vie. Pourquoi me changerait-il… attends, quoi ?

Il venait de prendre conscience, un peu à contre-temps, de ce qu’avait dit Kirly.

« Un sorcier ? »

« Une limace ? »

Un sourire éclaira alors la figure sale et pleine de larmes du garçon.

— Bonjour !  leur cria-t-il.

Karl regarda Kirly qui lui rendit un regard furibard. Faisant fi du mécontentement revendiqué par cette dernière, il se redressa et s'avança vers le nouveau venu. La jeune femme se leva également et alla à sa rencontre d’un pas prudent, non sans se munir au préalable d’un couteau qu’elle garda dans un repli de sa cape.

Karl était déjà en train d’expliquer au sorcier que la rivière était remplie d’horribles créatures et qu’on ne pouvait pas la traverser lorsqu’elle les rejoignit. Le garçon essayait tant bien que mal de sécher de grosses larmes avec sa manche crasseuse et tentait de retrouver un semblant de contenance.

Karl lui demanda alors si tout allait bien car il n’avait pas l’air franchement dans son assiette.

Le garçon lui répondit que non, tout n’allait pas bien. La Cité Céleste Éternelle et Merveilleuse venait d’être attaquée par ce qui ressemblait à un dragon. Comment ça pourrait aller bien ? La Cité s’était effondrée. Il avait fui à toutes jambes à travers les bois. Non, ça n’allait pas bien. Il recommença à pleurer.

Karl essayait tant bien que mal de le réconforter pendant que Kirly roulait des yeux en soufflant. Elle rangea cependant son couteau, jugeant le garçon inoffensif. Celui-ci semblait en effet taillé sur le modèle d’une brindille, aussi longue que fine et ce n’était certainement pas une hypothétique force physique qui aurait pu avoir raison de la jeune femme et de son arsenal personnel. Des cheveux d’un blond virant sur le roux s’échappaient en ordre dispersé de son couvre-chef accentuant encore son allure de grand échalas dégingandé.

— Comment tu t’appelles ? lui demanda Karl.

— Minaud, répondit-il avant de commencer à leur raconter son histoire. Je suis apprenti mage à la Cité Céleste Éternelle et Merveilleuse. J’étais descendu pour chercher des plantes et des herbes magiques. Je voulais faire une surprise à mon maître. Je voulais lui montrer que je pouvais y arriver tout seul. Sans escorte. Mais pendant que j’étais au Sol, la Cité a été attaquée. - les larmes lui montèrent de nouveau aux yeux - elle est détruite… finit-il par dire en se retenant très fort de pleurer à nouveau.

Karl essaya de le réconforter mais Kirly faisait preuve de beaucoup moins de sollicitude.

— Ainsi donc, tu es des leurs. Il y a des survivants ?

Minaud hésita.

— Je ne sais pas, je n’en ai pas vu. J’ai essayé d’aller voir, mais j’ai dû m’arrêter. Tout est en flamme là-bas, et il y a trop de poussière.

La réponse ne parut pas satisfaire la jeune femme.

— Il y en a forcément, ronchonna-t-elle. Tu es bien là, toi.

Karl resta ahuri un court instant devant le peu d’empathie de Kirly.

— Ça n’a pas l’air de te réjouir, dit-il alors en se tournant vers elle.

— Ceux du Sol ne nous aiment pas beaucoup, dit Minaud en guise d’explication.

— Ceux des Cités Célestes ne font pas vraiment tout pour qu’on les aime, s'énerva la jeune femme.

Constatant que la situation était en train de s’envenimer, Karl tenta de calmer les esprits mais trop tard, car Minaud lança :

— Fais attention, je suis un sorcier ! Je vais te lancer un sort et…

Mais sa voix disparut instantanément, car une lame d’une trentaine de centimètres venait d'apparaître sous son menton.

— Fais donc ça, dit Kirly qui tenait le couteau.

Ses yeux noirs lançaient des éclairs.

— Euh… hésita l’apprenti. Pas maintenant…

Kirly afficha un sourire mauvais.

— C’est bien ce que je pensais, finit-elle par dire en rangeant sa lame.

Ils ne détournèrent pas leur regard l’un de l’autre.

— Mais… se risqua Karl. Vous n’y croyez pas vraiment, hein, à ces histoires de sorcier et de magie ?

Ce dernier devait admettre l’existence des villes volantes et des dragons. Il ne pouvait pas faire autrement, l’ayant constaté par lui-même. Mais la magie… franchement…

Minaud abandonna momentanément le duel mental qu’il avait engagé avec la jeune femme et le regarda, visiblement surpris par sa remarque.

— Comment ça ? demanda-t-il.

— Ben la magie, ce sont des tours de passe-passe ! Ça marche dans les comptes pour enfants ! C’est sympa les histoires de sorcières de fées et de petits lutins, mais ça n’existe pas !

L’apprenti l’étudia attentivement.

— Des fées ? Des petits lutins ? Mais …  - il se tourna vers la jeune femme - mais d’où il sort celui-là ?

La fille haussa les épaules.

— Va savoir, grogna-t-elle.

 

Karl, voyant qu’il s’orientait vers une impasse, tenta tant bien que mal d’orienter la conversation sur un autre sujet.

— Et maintenant ? Que fait-on ? demanda-t-il.

— On va au sud, maugréa la jeune fille. Il y a un gué à quelques kilomètres qui nous permettra de traverser la rivière.

Minaud n’avait pas l’air d’accord.

— On va rejoindre la route principale. Elle nous conduira jusqu’à la frontière de l’Empire. On y trouvera certainement de l’aide.

— La frontière, l’Empire, très peu pour moi, trancha net Kirly pour clore le débat.

— C’est quoi le problème avec l’Empire ? demanda Minaud.

Karl aussi s’interrogeait sur un tel refus, essayant de faire abstraction de cette histoire d’Empire, à laquelle il ne comprenait rien.

— Je vais au sud, soutint la jeune femme. Si vous voulez venir, venez. On a perdu suffisamment de temps.

Fermant la discussion, pour peu qu’on ait l’esprit suffisamment ouvert pour nommer ainsi un tel dialogue de sourds, elle s’éloigna d’eux en prenant la direction du sud, longeant toujours la rivière.

— Moi je vais avec elle, dit Karl à Minaud.

Pour lui en effet, le choix fut vite fait, appliquant le vieux précepte qui indiquait - avec raison - qu’entre deux maux, il convenait de choisir le moindre. Kirly était toujours à cran, mais elle lui avait déjà sauvé la mise et elle lui inspirait beaucoup plus confiance que Minaud ; au moins sur sa capacité à s’en sortir. Quant à continuer tout seul… ce n’était même pas une option.

Il rattrapa au pas de course la jeune femme qui s’éloignait déjà. Minaud les regarda partir piteusement. Lui aussi préférait ne pas se retrouver seul, mais la fille avait l’air têtue. Tout à coup, il entendit un bruit bizarre provenant des bois qui le fit sursauter.

— Attendez-moi ! cria-t-il en courant vers eux.

 

Il se plaça aux côtés de Karl qui lui sourit en guise d’encouragement. La situation du jeune sorcier n’était pas meilleure que la sienne et il fallait se serrer les coudes. Minaud lui rendit un sourire sans joie.

Karl lui demanda alors, autant par curiosité que pour faire un peu la conversation, s’il pouvait en savoir plus sur le petit oiseau qui se trouvait dans la cage suspendue au bout du bâton de l’apprenti. Le visage de celui-ci s’éclaira alors.

— C’est un cadeau de mon Maître, l’informa Minaud. Comme je n’ai pas terminé ma formation, je ne ressens pas les courants métamorphes aussi bien que les sorciers accomplis. Ce canari m’aide à les détecter. Tu veux le voir de plus près ? 

Il pencha alors son bâton afin que la cage soit juste devant le jeune homme.

— Des vents … métamorphes ? Qu’est-ce que c’est ?

Le visage de l’apprenti sorcier s’éclaira instantanément sous l’effet de la question.

— Les vents métamorphes ! T’en as jamais entendu parler ? – puis il continua, sous le regard incrédule de Karl – En fait, ce sont des courants magiques qui circulent tout autour de nous ! On ne les voit pas, mais on peut les sentir. Enfin… pas tout le monde hein ? Seulement ceux qui ont le Don ! Ceux qui pourront devenir mage ! Comme moi ! Et il y a des éléments, des pierres, des bois, qui réagissent à ces vents… et… enfin si on les manipule bien, on peut…

— Mais tais-toi ! Tu ne vas pas nous réciter toute ta leçon ! le coupa brusquement Kirly. Allez, dépêchez-vous ! Et en silence !

Minaud et Karl se crispèrent sous l’injonction de la jeune femme, comme des enfants grondés par leur maîtresse d’école.

Karl chuchota au jeune sorcier en lui désignant l’oiseau.

— Il est très joli en tout cas …

— Merci ! Je suis sûr que ça lui fait très plaisir.

— Ha ? Tu penses ?

— Oui, oui, il est très sensible aux compliments !

Karl n’ajouta rien de plus. En vérité, il n’avait pas eu à se forcer beaucoup pour flatter le volatile. L’oiseau, en effet, était réellement magnifique. Son plumage d’un jaune éclatant était strié de fines raies vertes et bleues qui se rejoignaient au bout des ailes et de la queue pour y former des motifs aussi beaux que complexes. Mais, un oiseau restait un oiseau, n’est-ce pas ? Le jeune homme connaissait déjà des gens, gagas de leurs chats ou de leurs chiens, qui leur prêtaient des sentiments de ce genre. Il se contenta de sourire poliment à la remarque tout en jetant un dernier coup d’œil à la cage que Minaud relevait.  À bien y regarder, il lui sembla à lui aussi, que le canari s’était comme gonflé d’orgueil.

lecture 12 lectures
thumb 0 commentaire
1 réaction
Partager l'article
copylink copylink

Commentaire (0)

Tu aimes les articles Panodyssey ?
Soutiens leurs auteurs indépendants !

Prolonger le voyage dans l'univers Culture
Le Mans 1955
Le Mans 1955

Circuit des 24 heures du Mans, 11 juin 1955, 18h28    « Je m'appelle Pierre Levegh, j'ai 49 ans je suis aux com...

Fabrice Laurendon
6 min
CDL November challenge
CDL November challenge

Coucou les belettes ! Ce mois-ci, j'ai participé au challenge de la Confrérie...

Marine Dunstetter
7 min
LE TERMINAL
LE TERMINAL

Le voilà ce matin de Juin tant attendu, le terminal est encore quasi désert. Le virus a-t-il défait tant de vocations de vo...

Fabrice Laurendon
6 min

donate Tu peux soutenir les auteurs qui te tiennent à coeur