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6.4 – D’Ulysse à Fahrenheit 451 

6.4 – D’Ulysse à Fahrenheit 451 

Publié le 12 juil. 2022 Mis à jour le 12 juil. 2022
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6.4 – D’Ulysse à Fahrenheit 451 

Détisser l’Odyssée ? Détisser les narratifs qui, en nous, font monologues ?
Peut-être le passage que nous cherchons serait-il dans l’exhumation hors du temps et du mythe du travail de Pénélope ?
Pour mémoire, le texte précise qu’en fait de tapisserie il s’agissait du linceul destiné au corps de son beau-père. Il y aurait là beaucoup à dire, il y a là beaucoup à penser.

Ce qu'il se passe de véritablement extraordinaire dans ce livre abscons, Ulysse de Joyce, pratiquement incompréhensible à une première lecture, voire plus, il faut le reconnaître, c'est précisément ce qui parfois émerge de sa succession de monologues.
Il y bruisse continuellement le même courant de conscience ordinaire que celui qui nous accompagne lorsque nous nous promenons seuls en ville.

A force, il peut s’opérer ce petit miracle que l'onde du flux de pensée de ces personnages fictifs entre en vibrations avec nos propres rythmes intimes, et remplace notre propre monologue intérieur.
C'est peut-être cela, cet effet d'écho avec les mondes intérieurs des personnages, la vibration en eux de cette caisse de résonance spécifique qu'est précisément cette fiction-là, qui pousseraient aujourd'hui encore chaque 16 juin des lecteurs de Joyce à s'habiller comme en 1904 et à parcourir Dublin en se récitant des passages de son roman.

La séparation entre la réalité et la fiction est aussi ténue que l'épaisseur d'une feuille de papier.

J’imagine les gens qui s’adonnent à ce rituel à l’image de ces lecteurs résistants cachés dans les bois, qui apprennent des livres par cœur, qui prennent comme noms les titres des romans qu'ils récitent sans cesse, à la fin de Fahrenheit 451, la célèbre dystopie de Ray Bradbury.

Ce roman fut adapté au cinéma par le réalisateur François Truffaut en 1966.
A Paris, un dimanche de septembre 2017, alors que je venais de voir une nouvelle fois cette adaptation dans une salle à deux pas des Champs-Élysées, lesquels étaient alors comme ils le sont parfois piétonnisés, j'ai été subjugué de me retrouver soudain, in vivo et bien involontairement, envahi par un sentiment d'étrangeté proche de celui que j’avais ressenti quelques instants auparavant en m'abandonnant, mais alors volontairement, au monde fictif imaginé par Ray Bradbury et François Truffaut.
En sortant du cinéma je me suis retrouvé ailleurs et entouré de centaines de personnes au comportement irrationnel.
Toutes, je dis bien toutes, ne regardaient que l’œil photographique de leur smartphone, et se photographiaient elles-mêmes, ou bien l’objectif au bout d'une perche, se filmaient en train de faire semblant de flâner sur les Champs-Élysées dont elles ne regardaient rien en vérité, leur regard obnubilé par l’œil artificiel qu’elles tenaient braqué sur elles.
Où étais-je ? Dans quelle réalité ?

La séparation entre la réalité et la fiction est parfois aussi ténue que l'épaisseur d'un écran tactile, voire d'une feuille de papier.
Souvent, pour peu que nous regardions le monde qui nous entoure, nous pouvons y être les témoins de scènes bien étranges.

Merci pour votre lecture. Vous pouvez utiliser le bouton "Commenter" pour me faire part de vos questions et remarques.
Je suis chercheur indépendant à Paris. Je travaille sur la lecture immersive de fictions, le sentiment de "traversée du miroir" par les lectrices et les lecteurs de romans. Pour que je puisse poursuivre mes travaux votre soutien m'est indispensable.
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Commentaire (1)

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Luce 2 mois

C’est drôle en même temps que je démarre l’odyssée de calypso 😄

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