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3 autobiographies de femmes qui écrivent du porno

3 autobiographies de femmes qui écrivent du porno

Publié le 8 avr. 2021 Mis à jour le 8 avr. 2021
time 6 min

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3 autobiographies de femmes qui écrivent du porno

C’est bien connu : les lecteurs de littérature pornographique sont des hommes. Ce genre, tout comme celui de l’autobiographie sexuelle, est d’abord écrits par les hommes pour les hommes. Les femmes semblent aussi rares au milieu ce paysage littéraire qu’une oasis dans le désert. Et si je vous disais que quelques irréductibles ont pris la plume pour rédiger leurs mémoires sulfureuses ? Dans cet article, je vous fais découvrir trois autobiographies sexuelles écrites par des femmes.

Où sont les femmes ?

Il y a peu, les femmes écrivaient sous pseudos.

Dans le cas de la littérature érotique et pornographique, ce fut et c’est encore le cas.

Considérée comme la première (officielle) écrivaine érotique, Anaïs Nin se met au genre en 1940, pendant la guerre, par besoin d’argent. Un riche collectionneur cherche alors des récits pornographiques originaux et bien écrits. Il est prêt à payer un dollar la page. Une aubaine. Anaïs Nin se décide à franchir le pas : il faut écrire vite et beaucoup, imaginer rapidement des histoires émoustillantes et surtout, mot d’ordre : ne pas tourner autours du pot. Anaïs fera illusion et écrira aussi bien qu’un homme pour donner à son client ce qu’il réclame.

Ces nouvelles, publiées des années plus tard, deviendront Venus Erotica, un des chefs-d’œuvre de la littérature érotique. Mais il ne s’agit pas ici d’un journal intime.

Jusqu’à la fin du XXe siècle, Anaïs Nin se sent un peu seule, d’autant que le genre périclite avec l’arrivée du support film. La pornographie est-elle une affaire d’hommes ? Nous verrons que non. Quelques irréductibles s’y essayent.

Femme athlète pour montrer la force des femmes écrivain qui écrivent du porno : journaux intimes sexuels et autobiographies érotiques

Le classique indémodable : La vie sexuelle de Catherine Millet

On ne présente plus ce classique de la littérature érotique paru en 2001 aux éditions du Seuil. C’est grâce à ce journal intime que Catherine Millet, déjà commissaire d’exposition et professionnelle reconnue dans le milieu de l’art contemporain, fait une entrée tonitruante dans le milieu littéraire. En effet, ce récit autobiographique aborde un thème sulfureux et audacieux : l’échangisme, le libertinage sous son angle le plus cru, les orgies.

Pourtant, il existe des journaux intimes sexuels au moins aussi cru. Je pense notamment à celui de Pierre Louÿs. La seule différence est qu'ici, Catherine Millet est une femme.

Au vu des statistiques, l’audace paie, le succès de son journal intime est immédiat. Catherine Millet vend son ouvrage à 80.000 exemplaires en France. Dans le monde, plus de deux millions de livres sont écoulés. La vie sexuelle de Catherine Millet sera traduit en 44 langues, autant dire une performance inédite pour un texte érotique en langue française.

Concernant l’histoire : Catherine Millet aborde uniquement sa vie sous l’angle sexuel. Les scènes d’orgies se répètent, désincarnées, écrites à la perfection mais avec un souci du détail presque chirurgical. Catherine Millet parvient à écrire un journal intime à la première personne en enlevant le sentiment comme le gras du jambon. Reste le dur, le sexe poli jusqu’à l’os qui devient un précis de positions et d’orifices. On croule sous la multitude.

Cependant, la nouveauté est là : une femme revendique aimer le sexe pour le sexe et n’en subit aucune gêne. Plus que le livre, c’est sans doute le contraste entre Catherine Millet, humble et mûre, polie, bourgeoise, et la partouzeuse qui choque. Les apparences sont trompeuses.

Cependant, Catherine Millet aurait-elle été éditée si, déjà reconnue dans le milieu de l’art contemporain, elle n’avait pas bénéficié du soutien d’un puissant réseau au sein du milieu culturel parisien ? Rien n’est moins sûr.

Le Lien, Vanessa Duriès : l'autobiographie érotique qui cache son nom

Vanessa Duriès est une de ces figures littéraire dont le parcours, plus que l’œuvre, restent en mémoire. En effet, Venassa Duriès décède brutalement après la parution de son premier roman, Le Lien, dans un accident de voiture. Elle n'avait que vingt-et-un ans.

Le Lien est un roman d’inspiration autobiographique qui raconte l’histoire d’amour entre Laika, une jeune étudiante, et Pierre, un homme marié qui l’initie aux pratiques BDSM. Par amour et par jeu, Laika se laisse envoûter. Elle devient progressivement la soumise de cet homme plus âgé et accepte d’aller de plus en plus loin jusqu’à devenir son esclave consentante. Malheureusement, la situation s’envenime quand Laika dévoile publiquement sa relation et affiche ses pratiques sexuelles devant son entourage.

Le Lien parle des pratiques BDSM de manière réaliste mais également de l’incompréhension autour de ces pratiques et du jugement des pairs. Ici, le recours à l’autobiographie permet une immersion dans les pensées de la jeune femme, de la comprendre et donc de comparer les différents points-de-vue. C’est par le sentiment que Vanessa essaie d’expliquer, mais sans complaisance, le mode de vie BDSM.

Le roman autobiographique et journal intime de Vanessa Duriès a suscité l’étonnement lors de sa parution. D’une part en raison du jeune âge de l’auteure (et apparemment de son allure enfantine) mais également en raison des pratiques extrêmes décrites. Vanessa Duriès apparait en tenue de soumise dans le numéro de mai 1993 du magazine Penthouse. Difficile ensuite de se séparer d'une telle réputation.

Certaines personnes brillent comme des météores : ils se consument vite mais perdure dans leur sillage de la poussière d’étoile. Ainsi, il n’a fallu qu’un roman pour Vanessa Duriès pour entrer au panthéon des auteurs érotiques. Le Lien est devenu un classique, qui plus est un classique de la littérature érotique et BDSM. Je vous conseille de le découvrir si ce n’est pas déjà fait.

Domina, journal d’une initiation : le plus personnel et le plus récent

Il y a quelques semaines sortait un petit ebook assez confidentiel, Domina, journal d’une initiation BDSM et fétichiste (2011-2020). Ce recueil condense plus de deux-cent pages du journal intime de l’auteure, écrit de sa main. Les écrits s’étalent sur dix ans d’initiation BDSM, des dix-sept aux vingt-six ans de l’auteure ce qui permet de suivre l’évolution de sa vie sexuelle.

Domina aborde le BDSM sous un angle original, celui de la femme dominant l’homme. Cependant Cléo n’est pas une prostituée : elle ne monnaie pas ses charmes. Seul le plaisir et le fétichisme la poussent très tôt à chercher un homme prêt à s’abandonner entre ses mains. Cléo est encore vierge, elle ne connait rien au BDSM et elle habite dans la campagne. Cependant elle le sait et elle le sent : elle doit devenir une Maîtresse femme. La consécration arrive finalement. Lorsqu’elle fesse un homme sur les remparts de sa ville, Cléo prend conscience qu’elle a trouvé sa vocation.

Pendant dix ans, Cléo crapahute de relations en relations et de découvertes en découvertes. Elle monte notamment à Paris pour ses études et découvre les soirées BDSM de la capitale. Elle aura ainsi l'occasion de tester énormément de pratiques confidentielles, même les plus farfalues. Dans son journal, au gré des pages, elle raconte ses joies, ses envies mais parfois aussi ses déceptions, le tout avec authenticité.

Sa quête est pourtant simple : réussir à concilier une sexualité atypique et une relation amoureuse saine et stable. Parviendra-t-elle au bout de sa quête ? Il n’y a qu’une façon de le savoir : lire son journal.

 

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