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#1 - En 2022 une expérience en pensée...

#1 - En 2022 une expérience en pensée...

Publié le 31 oct. 2021 Mis à jour le 23 mai 2022
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#1 - En 2022 une expérience en pensée...

En janvier 2022 je vais me lancer dans une expérience de pensée. De quoi s’agit-il ? L’expression "expérience de pensée" s’emploie couramment pour désigner une expérimentation qui ne peut pas se dérouler dans l’univers physique perceptible par nos cinq sens. Pourquoi ? Parce que concrètement il serait impossible de la réaliser dans le monde matériel. Soit parce qu’elle vise à l’observation ou à la modification d’un état intérieur, soit parce que son objet d’étude se situe dans un monde spéculatif. Ce peut être le cas, par exemple, en physique, ou bien en philosophie. Et c’est forcément le cas en littérature.

 

L’expérience de la lecture immersive d’un texte de fiction littéraire (un roman qui nous passionne) est forcément une aventure intérieure. Et dans ce cas je préfère utiliser alors l’expression d’expérience en pensée.

 

Concevoir "en pensée" exprime mieux je trouve la dynamique de l’imaginaire à l’action, il s’y dit sur la lecture ce que je cherche à formuler depuis un certain nombre d’années déjà, à savoir que : lire met en action la pensée, parce que la lecture mime l’activité de l’esprit quand il pense.

Un roman comme laboratoire

 

Concrètement que va-t-il se passer à partir de janvier 2022 ?

Je vais utiliser un roman comme laboratoire pour développer une expérience en pensée relative au sentiment d’immersion fictionnelle, à la sensation de "traversée du miroir", de "passer de l’autre côté". Je vais tenter d’entrer dans un monde fictionnel, d’y exister et d’échanger avec ses personnages. Complètement fou ? Peut-être.

 

Le roman que j’ai choisi pour mener cette expérience est La Montagne magique, l’un de ceux écrits par le prix Nobel de littérature allemand Thomas Mann.

En résumé son histoire est la suivante : à Hambourg en 1907, un jeune homme de bonne famille qui achève juste ses études d’ingénieur se rend pour trois semaines dans un sanatorium à Davos tenir compagnie à son cousin atteint de tuberculeuse, mais, envoûté par l’atmosphère du lieu et par ses habitants il parvient à influer sur son destin et à prolonger son séjour « chez les gens d’en haut » sept années durant, jusqu’au déclenchement de la Première Guerre mondiale.

 

Mais en vérité je n’ai rien choisi. Ce roman s’est imposé à moi puisque depuis ma première lecture dans les années 1990 je l’ai relu au moins une douzaine, voire une quinzaine de fois, dans sa traduction historique de 1931 par Maurice Betz. Une fois tous les ans, au plus tous les deux ans, je relisais La Montagne magique de Thomas Mann.

Pourquoi ? Parce qu’intuitivement j’avais l’impression que c’était là un lieu où j’avais vécu, ou bien un milieu dans lequel je pourrais vivre mieux que je ne vis, à l’automne 2021 à Paris, par exemple.

 

Ma dernière relecture fut en 2014. Je m’en souviens bien. Elle a donné lieu à un accident. Lorsque je l’ai achevée et que j’ai refermé le livre j’ai durant une seconde au moins, deux tout au plus, eu l’impression très étrange que si je me levais et sortais sur le palier de mon appartement je serai de fait, physiquement, dans un couloir du sanatorium de La Montagne magique en 1907. Je suis aussitôt revenu à la réalité certes, mais n’empêche que durant une seconde l’impossible aurait été possible semble-t-il. Une seconde c’est très peu, mais c’est cependant, aussi infinitésimale soit-elle, une certaine durée.

En 2016 j’ai vécu un second accident de lecture. J’ai essayé de lire la nouvelle traduction par Claire de Oliveira parue aux éditions Fayard. Le décalage entre les deux traductions m’a fait prendre conscience qu’il y avait peut-être là, dans ce décalage, un interstice par lequel se glisser. J’y reviendrai...

Qui sera le cobaye ?

 

Dans un premier temps je serai le cobaye volontaire de cette expérience en pensée. Dans un second temps j’espère pouvoir proposer un accompagnement à celles et ceux qui souhaiteraient tenter une expérience similaire à partir d’autres romans. Avez-vous vu le film Stalker d’Andreï Tarkovski ? Si oui, vous imaginez facilement ce que pourrait être cette expérience partagée de passage vers une zone au-delà ou en-deçà de notre réalité quotidienne.

 

Mais, dans un premier temps, ce ne sera peut-être pas aussi simple. En effet, qui sera véritablement le cobaye de cette projection spatio-temporelle en 1907 dans un sanatorium suisse ? Moi, le moi qui écrit en ce moment, ou bien la part de moi que je projette quand je lis l’histoire écrite par Thomas Mann entre 1912 et 1923 ?

 

C’est la raison pour laquelle quelques textes préliminaires, comme celui-ci, sont je pense nécessaires avant de se lancer dans l’aventure. Deux autres textes au moins devraient suivre avant janvier 2022, cherchant à expliciter un minimum ce qu’est cette part de nous que nous projetons dans nos lectures, et aussi comment nous pourrions mieux définir ce qui séparerait la réalité de la fiction et ce que serait l’expérience de la traversée de cette séparation.

En attendant, n’hésitez surtout pas à me manifester votre soutien et vos encouragements. Je vais en avoir besoin !

Merci pour votre lecture. 
Vous pouvez utiliser le bouton "Commenter" pour me faire part de vos questions et remarques.
L'expérience de pensée et d'écriture créative à laquelle se réfère ce texte est développée dans la Creative Room : Retour à Davos
Je suis chercheur indépendant à Paris. 
Je travaille entre autres sur la lecture immersive de fictions, le sentiment de "traversée du miroir" par les lectrices et les lecteurs de romans. 
Pour que je puisse poursuivre mes travaux en général, et cette expérience en particulier, votre soutien m'est indispensable. 
Je vous remercie par avance de vous abonner à Retour à Davos et de cliquer sur le bouton "Faire un don" pour me soutenir du montant de votre choix.

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Commentaires (8)

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Al De Leerey 2 mois

cette expérience de pensée me fait pensé au roman "le voyage de Simon Morley" de Jack Finney dont le concept présente des similarités...
Merci pour ce commentaire ! Il peut y avoir des similarités en effet, mais dans le livre de Finney il s'agit d'un voyage dans le temps. Pour moi dans l'expérience que je tente il s'agit d'un voyage dans une fiction, dans un roman, dans un livre, et, surtout, je la tente IRL (in real life) pas seulement dans une fiction. Vous pouvez découvrir cela ici sur Panodyssey dans la Creative Room "Retour à Davos" :-)
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Chris Falcoz 2 mois

Un projet intéressant.
Merci ! Vous pouvez le suivre dans la Creative Room : Retour à Davos...
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Laure Gérard 11 mois

Un magnifique projet aussi original que passionnant.
Cela promet ! Et je me demande bien quelle couleur collaborative celui-ci pourrait-il prendre ici ! ;-)
Bonjour Laure, avez-vous pris le temps d'aller voir alors ? On se rend mieux compte maintenant que depuis janvier le projet se développe dans la Creative Room "Retour à Davos" ? :-)
Ce projet est tout simplement génial et unique ! Hâte de vivre cette expérience ✍

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