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Comment l'Etat assassine les lanceurs d'alerte (Quatrième partie)

Comment l'Etat assassine les lanceurs d'alerte (Quatrième partie)

Published Mar 16, 2021 Updated Apr 23, 2021
time 18 min

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Comment l'Etat assassine les lanceurs d'alerte (Quatrième partie)

 

Gouverner, c'est faire peur... et rassurer.

Robert Charvin

 

La peur, arme politique

De très nombreux citoyens sont victimes du mensonge de nos dirigeants politiques, économiques, financiers, mais aussi administratifs, militaires, sanitaires. Les lanceurs d'alerte de tous horizons ont prouvé depuis des années que la vérité fait peur, isole. Il est plus simple de détruire les vies de ceux qui agissent avec leur conscience, avec bienveillance pour le bien de la communauté que de proposer des solutions pérennes. Mais les lanceurs d'alerte au sens de la loi Sapin II ne sont pas les seuls à alerter des dysfonctionnements de l'Etat : l'agent des douanes Marc Fiévet, dont l'histoire a inspiré le film Gibraltar, a donné de nombreuses interviews expliquant qu'il avait été lâché par l'administration.

Son site web nous résume la situation à laquelle il a été confronté : " Infiltré à partir de 1988 sur la Costa del Sol et Gibraltar, plaque tournante de la drogue, Marc Fiévet, alors âgé de 43 ans, officie pendant six ans dans les réseaux du narcotrafic international. La Douane française s’associera avec lui pour ouvrir un restaurant à Estepona en Espagne et financera un cargo pour lui permettre de mieux infiltrer le monde du narcotrafic. Il sera présenté par les autorités douanières françaises aux autorités douanières espagnoles (SVA), aux autorités douanières anglaises (HM Customs and Excise) et au service américain du DEA, comme l’agent en poste sur la zone de la Costa del Sol et Gibraltar. Il a contribué à la saisie de 100 tonnes de drogue durant son activité et 97 narcotrafiquants sont arrêtés. Mais, il est à son tour interpellé, en 1994, puis condamné au Canada pour trafic de drogue sans que Paris ne vienne à son secours. Transféré en France, il ne sort de prison qu’en 2005, après dix ans et demi d’incarcération. Pour Marc Fiévet, il est incroyable que ses employeurs ou son ministre de tutelle l’aient « lâché » de la sorte, et que l’État continue à lui refuser des dédommagements. En 2005, l’émission Pièces à conviction de France 3 a raconté l’incroyable histoire de NS55, le nom de code de l’agent Fiévet, et l’a rencontré à sa sortie de prison. Depuis, il continue à se battre pour sa réhabilitation". Classée "Secret Défense", aucune autorité ne veut plus entendre parler de cette histoire.

Marc Fiévet lors de dédicaces de son livre "Infiltré"  - collection personnelle

 

Le 2 mars dernier, plus de quinze années après sa sortie de prison, après un parcours aussi injuste que cruel, l'ancien infiltré nous annonce l'impensable sur son compte Twitter :

AFFAIRE "NS55 DNRED":

Après avoir épuisé tous les recours en France, j'avais déposé une requête à la cour européenne pour qu'elle se prononce sur l'iniquité du jugement reçu suite au maintien du "Secret défense" dans mon dossier. Requête rejetée sans que soit motivé ce refus !

Marc Fiévet (@marcfievet)

 

Infiltré au service de notre pays, Monsieur Fiévet subit le même déni que celui qui a détruit ma vie. L'un de ses derniers tweets m'a particulièrement touchée voire émue puisque lui, plus que quiconque, peut comprendre le cauchemar qu'est devenu mon quotidien depuis dix années alors que j'ai dû, sur ordre, travailler moi aussi pour les douanes françaises : " FRANCE (dossier UBS) : Stéphanie Gibaud devenue agent de renseignement et lâchée par des salauds de Bercy".

Nous avons été utilisés par la France parce-que nous sommes éthiques et compétents, nous recevons en retour le mensonge et l'arrogance de notre “élite” d'Etat pour avoir si bien servi notre pays.

Jamais je n'ai entendu les défenseurs de la loi Sapin s'indigner du sort de Marc Fiévet, demander des comptes à l'Etat alors que cette loi affiche l'ambition de "porter la législation française aux meilleurs standards européens et internationaux en matière de lutte contre la corruption, et contribuer ainsi à une image positive de la France à l’international". 

 

Les dirigeants d'entreprises françaises sont eux aussi victimes des dysfonctionnements des plus hautes sphères de notre Etat, notamment avec la responsabilité directe d’hommes politiques et de hauts fonctionnaires. Faisant preuve de lâcheté, de déni et avec un aplomb déconcertantbooster leurs carrières et leurs propres intérêts est devenu le sport quotidien de ces ‘élites’, à défaut de protéger nos intérêts stratégiques et les citoyens du pays des droits de l’homme.

Frédéric Pierucci, ancien cadre supérieur d'AlstomDirecteur de la filiale chaudières d’Alstom Power au niveau mondial, a été accusé de corruption par le gouvernement américain. Arrêté à sa descente d’avion à l’aéroport JF Kennedy de New York en avril 2013 par le FBIil sera poursuivi par les Etats-Unis pour une enfreinte à la loi extraterritoriale américaine, le "Foreign Corrupt Practice Act", qui permet aux Etats-Unis de détourner le droit international et de l'utiliser à des fins de guerre économique. En effet, le pays se targuant d’être la plus grande démocratie au monde reproche au dirigeant français « d’avoir eu connaissance de l'utilisation par Alstom d'un consultant qui aurait payé de pots-de-vin pour décrocher un contrat en Indonésie » dix années plus tôt. Afin d’alléger sa peine, le Français n'a pas eu d'autre choix que de plaider coupable devant un procureur à l’été 2013 mais son incarcération, qui devait durer six mois, durera un total de vingt-cinq mois. Alors que mon ex-collègue UBS Bradley Birkenfeld bénéficiait en prison d’un traitement où il pouvait recevoir la visite quotidienne de journalistes, Frédéric Pierucci, détenu en prison de haute sécurité, jouit d’un quotidien bien différent. Dans son ouvrage "Le piège américain" (JC Lattès, 2019), co-écrit avec le journaliste Matthieu Aron, il nous livre ce qu’il a subi « Les Américains classent le niveau de protection de leurs prisons sur une échelle de un à quatre. Les établissements de niveau 1, appelés "camps", sont habituellement réservés aux white collar criminals ("criminels en col blanc") jugés coupables de crimes financiers. Les centre de sécurité 2 sont, eux destinés aux courtes peines et aux prisonniers non violents. Puis viennent les centres de détention, dits moyens, classés au niveau 3, et enfin les établissements de haute sécurité. Wyatt appartient à cette catégorie. C'est dans cette prison que sont regroupés les criminels les plus dangereux du Connecticut, du Massachusetts, du Rhode Island, du Maine et du Vermont.  C'est donc dans ce centre ultra-sécurisé que le Department of Justice a décidé de m'emprisonner. Je ne suis pourtant ni un récidiviste, ni un détenu dangereux. Ce choix est contraire à toute logique carcérale. Mais personne ne me fournira jamais la moindre explication. »

Photo : Frédéric Pierucci, Collection personnelle

 

Le dirigeant répète qu’il n’a jamais touché un centime dans la transaction, vérifiée à l’époque par la direction juridique d’Alstom, ce que reconnaît également le Department of Justice américain. En vain. Le groupe Alstom et la France le laissent seul face à la plus grande puissance mondiale. Frédéric Pierucci décrivait ainsi sa nouvelle vie : « Me voilà donc enfermé dans une prison de haute sécurité, à 15.000 kilomètres de ma famille, licencié d’une société [Alstom] pour laquelle je travaille depuis vingt et un ans, lâché également par les autorités de mon pays qui ne veulent pas bouger le petit doigt, obligé de rembourser des frais d’avocat monstrueux, sans savoir ni quand je pourrais être libéré, ni quelle sera ma peine finale. »

Alors qu’il est incarcéré à la prison de Wyat dans l’État du Rhode Island, le prisonnier français apprend par la télévision que le groupe américain General Electric négocie puis achète la branche énergie d’Alstom et avec elle, un maillon des centrales nucléaires françaises.

Cette affaire est fréquemment présentée comme un exemple de la guerre économique à laquelle se livrent les États-Unis, y compris à l'encontre de ses alliés supposés. Doit-on blâmer les Etats-Unis car l’extra-territorialité de leurs lois leur permet d’agir là où ils le décident ? Les Américains ont une certaine idée de leurs intérêts et utilisent des méthodes aussi agressives que contestables : écoutes sauvages, emprisonnement de citoyens français (et étrangers), attaques d’entreprises stratégiques. Devons-nous en revanche continuer à faire confiance à notre classe politique française, qui, depuis les années 90 est tout simplement traître à notre propre nation car incapable de défendre nos intérêts stratégiques et ses citoyens en danger L’interview donnée par Frédéric Pierucci au media Thinkerview en juillet 2019 « Alstom, la France vendue à la découpe » répond à ces questions.

Depuis son retour en France, Frédéric Pierucci explique qu’il a l'ambition de redonner sa souveraineté industrielle à notre pays. On aurait aimé voir nos dirigeants se mobiliser sur son affaire, entendre les défenseurs de la loi Sapin s'indigner de son sort lors de son incarcération, demander des comptes à l'Etat alors que la Sapin II affiche l'ambition de "contribuer ainsi à une image positive de la France à l’international". Sur l'affaire Alstom, l'image de la France à l'international n'en sort pas grandie, loin de là.

 

Les professions réglementées ne sont pas en reste. Le cas Jérôme Margulis, oquand des états coopèrent sciemment en vue de l’assassinat d’un lanceur d’alerte, serait-il un cas isolé ? Commissaire aux Comptes près la Cour d’Appel de Paris, il a prêté serment en 2007 et y est régulièrement inscrit depuis. À ce titre, il peut légitimement revendiquer d’être un acteur de l’appareil judiciaire. Victime d’une escroquerie en bande organisée impliquant @com Audit, le sixième réseau français de la profession, il alerte en 2014 les instances ordinales avant d’engager des poursuites judiciaires. Selon Jérôme Margulis : « Stéphane Cohen, président en fonction de l’ordre des experts-comptables de Paris à l’époque, au mépris de la déontologie et des lois, décide de couvrir le groupe @com, confrères “voyous”. Stéphane Cohen traque les illégaux de la profession (ceux qui exercent sans avoir le diplôme) et à ce titre entretient des relations extrêmement étroites avec le pôle de lutte contre la délinquance financière de Nanterre. Il est aussi impliqué dans une grosse affaire concernant une vaste escroquerie (panneaux solaires».

Plaque du Commissaire aux Comptes Jérôme Margulis - Collection personnelle

 

Jérôme Margulis était alors en position de faiblesse pour faire valoir ses droits avec crédibilité, son « assurance professionnelle, la même que ses confrères, ayant même pris partie, Verspieren faisant en sorte que son sinistre ne soit pas recevable, ce qui est faux bien évidemment », assure t’ilMais contre toute attente, William Nahum, pilier de ces professions et président d’honneur du Conseil Supérieur de l’Ordre des Experts-Comptables et de la Compagnie des Commissaires aux Comptes a fait preuve d’une droiture et d’un courage inattendus en décidant d’être aux côtés de Jérôme Margulis dans ce qui pourrait s’avérer une atteinte très grave à l’intégrité de toute la profession. À partir de ce moment là, son cas devenait extrêmement sensible et potentiellement dangereux pour des personnes corrompues. On ne sait comment le Canard Enchaîné eu écho de l’affaire et Nicolas Brimo, directeur de l’hebdomadaire, a alors pris contact avec Jérôme Margulis par le biais de communicationvia des téléphones portables. Un rendez-vous fut alors prévu le 10 juin 2015, après une réunion organisée en huis clos à l’Ordre des Experts-Comptables de Paris entre Stéphane Cohen, M. Tholas, William Nahum et Jérôme Margulis pour publier un article. À la demande de William Nahum et par loyauté, Jérôme Margulis ne donnera pas la possibilité au Canard Enchaîné de publier les faits. William Nahum avait alors assuré à Jérôme Margulis que Stéphane Cohen allait “arranger les choses”.

Avec William Nahum et l’intérêt du Canard Enchaîné, le Commissaire aux Comptes déclare qu’il « convenait alors ou de trouver “un accord”, à savoir de reconnaître la responsabilité du groupe @com et prendre les mesures qui en découleraient ou de perséverer à couvrir ce groupe @com, qui contrôlait sans que cela soit rendu public le cabinet Viou et Gouron, complice de cette escroquerie, en déployant “les grands moyens” ». Cette solution fut malheureusement retenue et des stratégies de gangstalking (harcèlement criminel en réseau) allaient alors se déployer pour détruire Jérôme Margulis.

C’est alors que réapparut un ancien client du cabinet de Jérôme Margulis, expert en e-réputation, homme de l’ombre de Valérie Pecresse : « Matthieu Creux se présente comme un sauveur pour rapidement revêtir sa casquette de professionnel de la destruction de quiconque pourrait déranger ses intérêts mais aussi ceux de son cercle professionnel, entre autres, plusieurs familles incluant les Dassier et même Xavier Niel, dont il est très proche et associé, notamment au sein de la société AlloMedia. Tous ont eu un rôle dans de nombreuses campagnes politiques » confie le Commissaire aux Comptes, qui ajoute : « Il ira même jusqu’à me dire, dans ses somptueux bureaux rue de Presbourg avec vue sur l’Arc de Triomphe, qu’il avait des liens de parenté avec le dirigeant du groupe @com audit et qu’une balle dans la tête était vite arrivée. » Rapidement, il menacera Jérôme Margulis mais aussi son père médecin, par SMS, montrant ainsi le degré d’impunité dont il jouissait : « Son père, Antoine Creux,  associé dans sa société, était alors numéro 2 de l’armée de l’air et dirigeait les services de renseignement français ».

Mais coup de théâtre en juin 2015 : En préparant minutieusement et discrètement son action, Jérôme Margulis, exilé en Espagne depuis 2014, arrive à piéger, avec l’appui d’un serveur surpuissant à Barcelone, les outils de services de renseignement français qui s’étaient introduits dans tous ses ordinateurs. Ce serveur espagnol a fait l’objet d’une attaque d’unintensité sans précédent au moment de l’analyse de ses machines mais a tenu suffisamment longtemps pour permettre que l’on retire toutes les batteries de ses ordinateurs, afin d’analyser les détails de ces attaques. C’est ainsi qu’en retraçant le labyrinthe utilisé pour ce hacking, les outils officiels français ont été identifiés ainsi que l’IP d’origine. « N’est-ce pas un acte caractérisé d’incident diplomatique ? » demande l’intéressé. À partir de cet incident, la technique du gangstalking a été intensément utilisée pour détruire Jérôme Margulis, victime en janvier 2014 d’une escroquerie, qui n’a fait qu’alerter les autorités compétentes.

 

 

 

La défense aux enfers de Jérôme Margulis s’est alors accélérée, « perpétrée par une corruption en col blanc qui contrôle tout l’appareil étatique », assure t’il. Le Commissaire aux Comptes ne pouvait plus que compter sur l’ouverture d’une instruction judiciaire pour sortir de ce tunnel infernal. Il affirme qu’un déni judiciaire criminel se serait alors instauré, « s’est retrouvant seul contre un système bien organisé, trahi par des avocats, victime de machinations rendues possible par des faux en écritures publiques d’huissier, des procédures judiciaires aberrantes et sans contradictoire etc. »

Mais le Français exilé n’a pas baissé les bras, s’engageant seul dans un combat contre la corruption et prenant tout de même ses précautions esécurisant beaucoup d’informations très sensibles, notamment envers l’appareil judiciaire et politique, de comptes de campagnes politiques ayant été audités par le cabinet. Il subit violences et vols à répétition : le vendredi 21 avril 2017, avant-veille du premier tour des élections présidentielles allait donner naissance à ce que l'on appellera ensuite la « Macronie », Jérôme Margulis - qui avait élu domicile à Medina de Pomar en Espagne - se trouve convoqué au Tribunal Civil Local, où il se rend pour remettre un acte. A son retour, la juge de ce même tribunal, agissant dans le cadre d’une action civile dont il ignorait tout, avait investi son domicile, encadrée par des services d’intervention venus de Burgos. Sans même la présence des services appropriés, les trois chiens de Jérôme Margulis avaient été mis force dans la rue, livrés à eux-mêmes, sans aucune surveillance. La plaque de CAC apposée sur la porte avait été arrachée et dissimulée. Il pensa alors que c’était sans aucun doute un quiproquo, mais on ne l’écoutait pas. Il lui aurait été dit : « Dégage avec tes chiens ; nous déclarons cette maison abandonnée et tout le contenu devient la propriété du propriétaire du bien ici présent ». Jérôme Margulis déclare alors avoir appelé le service d’urgence du Consulat de France, qui ne semblait pas étonné et répondit : « Pas de blessés ? Pas de morts? Donc ce n’est pas une urgence ». Cet appel a fait l’objet d’un enregistrement. Aucun inventaire du contenu de son domicile, ni aucun séquestre judiciaire n’ont été dressés. Toute sa vie, tant professionnelle que personnelle, lui était spoliée au profit d’un citoyen espagnol. Comme défini par la Convention de Genève, cela constitue un crime contre l’humanité en tant de paix ; ces pratiques étant ainsi qualifiées suite aux pratiques de l’Allemagne nazie. Ainsi disparaissaient dans la nature dossiers, archives, données de ses anciens clients. Le secret professionnel était violé.

Le Commissaire aux Comptes Jérôme Margulis - Collection personnelle

Depuis, il vit sur un terrain situé à 3 km de Médina, seul bien qui reste en sa possession, acquis auprès de la banque Ibercaja qu’il déclare l’avoir « escroqué avec des pratiques dignes de la mafia » (tromperie sur le bien vendu). Il survit avec ses chiens dans l'insalubrité, privé de tous ses droits, y compris le droit à l'eau et à l’électricité, sans assistance, aide sociale ni soutien, le vide ayant été fait autour de lui par des procédés de chantage, de peur ou de menaces. En parallèle, l’appartement parisien du Commissaire aux Comptes avait fait l’objet d’une vente aux enchères publiques sans même qu’il ait été au courant de la procédure. A ce jour, il n’a obtenu aucune pièce du dossier relatif à la procédure de saisie immobilière malgré ses nombreuses demandes au Juge des Exécutions (JEX) du Tribunal de Grande Instance de Paris en charge des saisies immobilières et Me Roberte Martin, l'avocate à Paris 6ème ayant fait la procédure. Il dit ne rien savoir du devenir de ses biens immobiliers, personne ne lui répondrait.

Pourquoi un silence terrible du Juge des Exécutions (JEX) du TGI de PARIS, en charge des saisies immobilières et du Procureur de la République de Paris ? Jérôme Margulis est persuadé que « des acteurs de l’état profond » se trouvent avoir été ses clients. Il disposait de nombreuses données les concernant, cela aurait permis de perpétrer ces crimes et délits en totale impunité. Bloqué à Medina de Pomar depuis le 21 avril 2017, il reste dans l’attente d’être «délivré » par une justice ayant légitimité et indépendante.

Jamais je n'ai entendu les défenseurs de la loi Sapin s'indigner du sort de Jérôme Margulis, demander des comptes à l'Etat alors que cette loi affiche l'ambition de "porter la législation française aux meilleurs standards européens et internationaux en matière de lutte contre la corruption, et contribuer ainsi à une image positive de la France à l’international". Tout comme pour les affaires de Marc Fiévet et de Frédéric Pierucci, celle-ci contribue à ne pas véhiculer une image positive du pays des droits de l'homme à l'international. Sans aucun doute possible, notre pays manque sérieusement d’éthique au plus haut niveau étatique.

 

Jusqu'à présent, il semble que l'on ait accepté individuellement et collectivement de faire porter la démocratie et l’éthique sur les fragiles épaules de quelques uns, assassinés d'un côté sur l'autel de l'indifférence des masses et de l'autre avec l'application des lois à géométrie variable. Julian Assange payant un prix insupportable sa quête de vérité, sa volonté d'informer les citoyens, il me vient naturellement à l'esprit le titre d'un article du Financial Times publié en janvier dernier, qui pourrait être l'une de ses citations : "Silence isn't golden, whistleblowers are" (le silence n'est pas d'or, ce sont les lanceurs d'alerte qui le sont). 

En effet, depuis des années, avec un immense courage, les lanceurs d'alerte ont transmis des clefs de vérité à ceux qui ont bien voulu les écouter. Peut-être le temps est-il venu pour tous les citoyens de s'en emparer afin d'ouvrir les portes d'un monde meilleur ? Pour en finir avec les lanceurs d'alerte.

 

 

 

Photo de l'article : Alexandre Lallemand, site Unsplash

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