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FRISSONS
Maman ?

Maman ?

Published Feb 5, 2021 Updated Feb 13, 2021
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Maman ?

                                                                     "On a tous en nous quelque chose de"             Stephen King

 

Lettrine logiciel PAges Apple


ui n'a jamais posé cette question ?

Arthur lui l’a posée du fond de son lit dès ses deux ans.
Plus tard en rentrant de l’école au souvenir des mères attendant leurs enfants.
A cinq ans en observant les arbres de la « forêt » derrière chez lui, devenue un bois à ses huit ans.
De son père il n’avait obtenu qu’une seule fois cette réponse : sa maman était loin.
Loin jusqu’où ?

Un pays ? Une planète ? Un autre monde ?

Alors Arthur se mit à chercher : en haut des armoires, au fond des tiroirs et sous le linge pour l’unique photo d’une femme aux fins cheveux bruns assise au milieu d’un bois ; dans la cave de son immeuble dont les recoins faits d’inconnu ne lui livrèrent qu’un manteau rouge ; à bicyclette dans les quartiers de la ville …
Evidemment il y avait le bois,
celui de la photo
celui derrière chez lui.
Le bois dans lequel il n’osait aller seul.

Ce fut sa bande composée de Loïc, Nicolas, Sean, Katalin, Hicham, Margaux et Mickael, qui lui proposa de s’associer à ce qui allait devenir une quête - leur quête

                                 Trouver la maman d’Arthur !

Ils prêtèrent serment autour d’un feu que Margaux avait allumé dans son jardin parce ce qu’ayant été scout, elle seule pouvait le faire. Levant les bras au-dessus de la flamme les huit amis unirent leurs mains dangereusement échauffées pour réciter le texte que Loïc avait mis au point pendant trois jours :

« Huit pour chercher, huit pour trouver
Une mère aimante à la clé
Pour Arthur notre chevalier »
Chacun ensuite de se lécher la main pour valider le pacte, Katalin ayant jugé le sang vulgaire.

Le bois fut là, face à eux - en ce mercredi après-midi.

Il leur parut bien profond lorsqu’armés de sacs à dos et de chaussures montantes, ils s’y introduisirent.
Fort doux, le soleil les accompagna d’abord volontiers.
Les premières ombres des branchages caressèrent leur visage, les feuilles à terre se plièrent à leur pas et leurs voix enthousiastes emplies de rires firent écho aux chants des oiseaux tandis qu’ils progressaient entre les arbres. Quatre heures de l’après-midi les surprirent agréablement pour partager un goûter fait de galettes et de tartines de beurre. Perdus dans récits et blagues, ils ne furent avertis des dix-sept heures que par le frisson d’humidité qui les gagna. Ils rangèrent leurs affaires, se relevèrent et sur le conseil d’Hicham vu le déclin du jour, tinrent leur lampe de poche à la main.
Sous l’épaisseur accrue des branches les feuilles se firent plus glissantes tandis que les oiseaux étaient réduits au silence par le vent.

Il fit un peu plus sombre, un peu plus froid.

Il resserrèrent le col de leur veste, leurs lampes aux aguets balayant nerveusement les feuillages sur fond de craquements ; n’entendaient-ils pas comme un gémissement ? - soudain trop près ?
Mais non, se raillèrent-ils, quels nuls !
Ils avançaient dans la nuit ou la nuit marchait vers eux, à ce stade d’obscurité ils ne savaient plus. Seules les lampes ancraient leurs pieds dans l’instant face aux formes qui autour d’eux se dérobaient. Leur progression avait ralenti sans qu’ils s’en aperçoivent et ce fut un bruit inconnu d’eux qui les arrêta et les contraignit à concentrer leurs torches sur un même point.
Le faisceau éclaira une silhouette : dans un manteau rouge et de hautes bottes noires, une femme était assise sur un tronc d’arbre. Sa chevelure tranchant nettement sur la couleur vive du tissu, glissait des épaules au col ouvert, ses yeux dans l’attente au-dessus d’un léger sourire.

- Arthur ?
Jamais son prénom ne lui avait paru aussi doux.

- Arthur, c’est bien toi ?
Le petit garçon, immobile, reconnut en elle la photo. 
- Oui …
- Où vas-tu ainsi à cette heure ? Tu es bien loin de chez toi.

Tendrement elle dévisagea les enfants que la surprise avait un peu séparés, Loïc derrière Arthur avec juste décalée Katalin, éloignés sur la gauche Mickael et Hicham, Sean après eux, enfin Nicolas devant Margaux vraiment restée en arrière.

- Et tu es venu avec tes amis. Ils ont l’air gentil.
A chaque enfant elle offrit un sourire plus grand.

- Quelle imprudence mes petits loups !
Sa voix au tendre reproche n’empêcha pas son sourire de s’élargir.
De là où elle était Margaux attendait la question d’Arthur, celle qui ferait aboutir leur quête.

- Il est dangereux pour vous de rester ici - le sourire s’ouvrit plus encore - Il vous faut rentrer par ce chemin.
Elle désigna avec grâce un semblant de sentier sur le côté.
- Muh … Je vais plutôt vous raccompagner - par ce chemin-là.

Elle bougea à peine pour montrer quelque chose d’autre, dans le noir.
Elle se leva, avec délicatesse rejeta ses cheveux dans le dos et tapa ses deux bottes sur le sol comme pour en chasser le froid.
Désormais debout dans le rai de leurs lumières la couleur sang de son manteau jurait presque.

- Cela ira plus vite mes p’tits loups, siffla-t-elle entre ses dents rendues démesurées par le halo.

D’instinct Margaux tira par la manche Nicolas juste devant elle, une fois à sa hauteur il la fixa d’un regard perdu. Margaux posa un doigt tremblant sur sa bouche et le fit lentement reculer, Sean ayant perçu leur retrait, se tourna vers eux au ralenti imité d’Hicham alerté par ce mouvement. Tout devant, Arthur s’approchait de celle qui tendait une main vers lui entraînant Loïc, Katalin et Mickael.

Margaux se força à bouger, se secoua pour se détourner, il fallait s’échapper
La main féminine se saisit de l’épaule d’Arthur.
C'est là que Margaux se mit à fuir devant l’embrasement qui dans son dos s’élevait, tentait de les retenir, de les cerner mais elle résista au flamboiement - à la tentation de vérifier si les pas derrière elle étaient bien ceux de ses camarades.

Dessin à l'encre de chine par Chantal Perrin Verdier
Courir ! Courir plus vite !
Avec son seul souffle pour se sauver.

A l’orée du bois, ils restèrent quatre à accélérer une ultime fois : Margaux Nicolas  Sean Hicham ; essoufflés, ils réalisèrent soudain qu’ils se trouvaient devant l’immeuble d’Arthur.

Personne ne devrait jamais découvrir ce qui était arrivé.

Comme si à leur grande honte le bois les avait entendus, il brûla bientôt, emportant dans ses flammes leur secret.

 

 

Photo de couverture : banque d'images de Fotor Photo Editor, logiciel Apple
Illustration dans le texte : Chantal Perrin Verdier

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