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L'amitié au féminin

L'amitié au féminin

Published Sep 17, 2021 Updated Sep 17, 2021
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L'amitié au féminin

La jeune fille écrivain

roman

 

 

 J.A

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les femmes sont mieux adaptées que l’homme à la douleur, elles vivent d’émotions, ne pensent qu’aux émotions ». Oscar Wilde.

 

 

« A l’homme qui veut faire de la vie un art, le cerveau tient lieu de cœur. »

Le Portrait de Dorian Gray (1891) Oscar Wilde.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En fait je n’y avais vraiment jamais songé. Changer les choses .Moi. Qui es tu ?  Ouvre les yeux, tu traînes dans la rue, t’es vraiment pas la fille populaire ! Mais pourquoi pas après tout ? Si personne ne veut le faire, moi je me lèverai. Oui ce monde sera le mien comme d’autres aiment posséder des sacs Gucci. Ah pardon faut pas citer de marque ! Au fait qui m’interdit ce que je dis? Je ne vois personne. Sauf ma tête face à ce miroir cassé. Allez Avah montre nous qui tu es !

 

  1. L’amitié féminine.

 

 

Je n’aime pas citer les noms des lieux où je me trouve, non pas que mon histoire ne soit pas vraie mais disons que je n’aime pas la réalité. Quel manque d’imagination, de toujours citer Paris ! Inévitablement c’est là où je suis, je n’y peux rien ! Au fait moi c’est Avah, jeune, pas trop grosse enfin c’est mon journal féminin que je ramasse dans la poubelle, tous les lundis, qui me le dit « Comment être au top » ou «  C’est moi la plus sexy ! ». C’est bizarre mais chaque fois quand je le récupère, je le lis avec dévotion. L’heure d’après je déprime car je me sens moche et grosse! On nous prend vraiment pour des prunes !

Je suis seule, j’attends près de l’arrêt de bus, les gens vont et viennent très vite, on se demande même où ils courent, peut-être il y a un évènement qui m’échappe aujourd’hui, un acteur ou un chanteur célèbre qui vient signer des autographes et nous montrer ses belles dents blanches. Non, c’est la routine incessante de la vie citadine. Moi personnellement, j’ai du mal à m’y adapter ; je suis née ici mais je ne me sens pas d’ici ; mon corps est là mais mon âme est sans aucun doute ailleurs, où ? Je ne sais pas, et c’est l’objet principal de ma recherche. Au fait si ça vous intéresse j’aimerais écrire un livre, bah ouais vous imaginez une fille clocharde qui veut écrire, bah oui je vis dans la rue ! Je me suis enfuie de chez moi, ne pleurez pas je vis chez quelqu’un parfois et puis quand je le veux je retourne dans la rue. Je suis propre, heureusement, je me lave, nettoie mes cheveux mais jamais sale, ah non ! A Paris les gens vous méprisent un peu, après vous les entendez pleurer à la télé sur le sort des SDF. Je ne suis pas allée à l’école longtemps mais faut pas me prendre pour une idiote. L’hypocrisie est la qualité la mieux partagée en ce bas monde ! Non surtout moi, je suis une fille futée, on me brisera pas ici bas !

Alors ce livre sur ma vie, qui suis-je allez-vous me dire ? Pas d’amis hauts placés, pas de diplômes, pas d’ambition dans une carrière de chanteuse, pas connue. Qui suis-je pour prétendre avoir des lecteurs ? Allons demander l’avis à mon amie que j’idolâtre, je la trouve parfaite en tous points, elle s’appelle Eléonore, c’est elle qui m’héberge parfois quand je dépose ma fierté au seuil de la porte. Elle vit dans un petit studio d’étudiante, elle fait les beaux-arts, s’intéresse peu à la politique, au sexe et à la violence. Les trois ensemble résonnent bien dis donc !

Voila ce que je lui proposais ce lundi soir :

  • Tu sais Léa, si on partait ailleurs peut être qu’on se ferait mieux connaître dans nos domaines, s’ouvrir au monde, on en a toujours rêvé.

Elle me regardait l’air de dire, qu’est ce qu’elle a encore fumé aujourd’hui.

  • Je te signale que je ne touche pas à la drogue, dis -je énervée.

Eléonore avec sa grâce naturelle se leva et me regarda droit dans les yeux.

  • Et comment on vivra ?

Abasourdie par cette question inattendue, je fis semblant de réfléchir.

  • Et bien…eh bien on essaiera de devenir des …Stars !

Eléonore s’enfonça comme une feuille dans le fauteuil. Je me précipitai vers elle et lui apporta aussitôt  un bon verre d’eau glacé. J’étais sans doute allée trop loin…Star c’est pas tout le monde qui le supporte !

Une heure plus tard nous étions toujours éveillées, moi en train de penser à un boulot sérieux et terre à terre qu’on puisse faire, elle me fixant comme si elle avait fait la rencontre du troisième type. Etant de nature extravertie, je n’avais pas vraiment de tabous concernant le travail alors quand j’entendis les questions délicates de Léa, je me posais des questions ; suis-je à ce point dévergondée ou est-ce la rue qui m’avait rendue comme ça ? Parce que accepter de faire la conseillère pour le téléphone rose qui ma foi payait très bien m’attirait beaucoup, mais était contre les principes de Léa.

Mais attendez une minute, pour écrire il faut bien un univers propre à soi, des personnages, vrais ou pas vrais ? Allez passons au chapitre suivant.

Il était rare que deux jeunes femmes se trouvent autant de points communs malgré quelques différences sans intérêt, c’est vrai Léa était brune moi j’étais plutôt brune noire. Elle était de taille moyenne moi je pensais la dépasser de peu. Elle se maquillait sur les paupières moi je les surlignais sous les yeux avec du crayon noir bas de gamme. Ses cheveux  raides, pour ma part ils furent modifiés selon mes humeurs, en ce moment c’était plutôt rasta ! Attention rasta chic, je ne suis pas Bob Marley, tout le monde pense que c’est sale et donc que moi je le suis, mais croyez le ou non je prends soin d’eux, c’est ça les cheveux le soin ! Et puis je tiens à plaire et à être jolie.

Léa ne parlait pas souvent mais on se comprenait en l’espace d’une minute. Pourtant quand j’étais petite fille, je n’aimais pas rester avec mes camarades féminines, je ne savais pas pourquoi ! Alors avoir une meilleure amie fille, c’était exceptionnel. Léa je l’avais connue par hasard, alors que je venais de fuguer pour la dixième fois, je m’étais retrouvée seule sur un banc d’un jardin public, à pleurer toutes les larmes de mon corps. J’implorais une force surnaturelle capable de me remettre sur le droit chemin. Et bien rien, au lieu de ça, ce fut elle, elle une jeune femme de mon âge qui avait surgi de nulle part. Vous me direz sans doute que Dieu n’est pas forcément un homme. Elle me fixa longtemps au début, je pense que l’obscurité l’empêcha de trop m’approcher puis elle prit son courage à deux mains et m’interpella :

  • Oui, répondis-je.
  • Que fais tu ici seule ? Il fait froid, en plus il ya des gens pas nets qui traînent par là.

Une larme de joie sortit, je ne sais pas pourquoi mais pour la première fois, l’émotion s’empara de moi. On n’avait jamais autant posé son attention sur ma personne.

Depuis que Léa et moi avions parlé sur ce banc, infect, décoré de crottes de pigeons ; invisibles dans la pénombre mais redoutables, nous étions restées comme deux sœurs jumelles. L’une avait toujours besoin de l’autre. En aucun cas, on devait se séparer, en aucun cas. Côté sentimental, on était au même point mort. Mon tableau de chasse était ridicule, et oui les filles aussi vont à la chasse, pas avec des fusils mais avec des rouges à lèvres et des pantalons tailles basses ! Léa sortait de temps en temps et ramenait un gars mais rien de plus, elle le jetait avant même de s’être amusée. Ne croyez surtout pas qu’elle soit coincée, non disons qu’elle est sélective ! Et moi l’amour c’était vraiment compliqué, contrairement aux autres filles de mon âge, je n’aimais pas l’amour, ça m’énerve, bah oui c’est quoi cette chose qui vous colle et vous met hors de vous, c’est quoi cette chose qui fait que vous énervez les autres car vous ne vous souciez seulement que de votre bonheur. Enfin ! Voila le genre d’envolées lyriques que je dois noter pour mon futur livre, je les ai ! Peut-être qu’après écrivain, je ferai de la politique, ce serait bien pour moi mais je suis une fille ! Oh la la c’est grave docteur ?

 

Léa, quand elle sortait de ses cours je l’attendais deux pas plus loin, histoire de me mettre à l’écart de cette jeunesse bruyante. Désolée, je suis jeune mais je n’aime pas le bruit, chez moi le silence est ma règle de vie, une philosophie. Alors écouter ces filles et ces garçons caqueter comme des poules, l’Enfer sur Terre !

-Avah ! Cria Léa que je reconnus de loin.

- Salut ma puce !

Je la regardais, ses yeux pétillaient, soit elle avait eu un bon résultat soit…

  • J’ai fait la connaissance d’un mec super, hyper intéressant, un artiste, il me propose de faire des peintures avec lui et de poser.
  • C’est génial, enfin ton rêve se réalise …
  • Oui, oui, dis moi tu n’as pas l’air emballé Avah, je connais cet air patibulaire.
  • Quoi ! Pati bu quoi ? J’ai peur que tu confondes intérêts et relations amicales !
  • Un air inquiétant ! Non, je lui ai dit que ça resterait pro entre nous et puis il a pas l’air méchant, enfin d’aimer les jeunes filles en fleur !

Nous étions en train de rire aux éclats, quand soudain, de retour sur la terre ferme, Eléonore me dit avec emphase :

  • Pourquoi écrivain, tout le monde écrit même mon concierge va s’y mettre. Arrête t’es pas crédible !
  • De quoi parles-tu Léa, dis-je à bout de souffle.
  • Je sais que tu veux écrire ton histoire…Je sais.

J’avais oublié de vous dire que Léa avait  des dons, elle voyait tout sans qu’on lui dise quoique que ce soit. Au début je trouvais ça enfantin mais maintenant j’y crois. Tout ce qu’elle disait se produisait. N’est pas superstitieux qui veut !

  • J’y crois sérieusement Léa comme toi ton rêve d’exposer ta peinture. En plus tu le feras à Londres, si c’est pas extraordinaire ça ;
  • Oui ?! jamais je n’aurai pensé qu’une telle chose se arrive si vite. J’ai peur de ne pas apprécier à sa juste valeur cette consécration. C’est comme si j’allais participer à un jeu de télé réalité, riait-elle.
  • Arrête là ma chérie les gens ne savent même pas ce que tu peins ? T’imagines ce que tu dis, l’intelligence serait populaire, non ! la taquinais-je.
  • Méfie toi de ce que tu dis Avah, les gens sont parfois surprenants et peuvent apprécier des choses aussi fines que la peinture sur toile. Ce n’est pas parce que notre époque est marquée par le désir soudain d’être une divinité que les gens oublient qu’ils sont des pauvres habitants de la Terre.
  • Stop, là on devient trop sérieuses, trop intelligentes pour des nanas de vingt deux piges.
  • Soit inventons notre salon littéraire, dit-elle sur un ton précieux.

Léa et moi, nous nous regardions et rirent un bon coup jusqu’à ce que nos abdos se contractèrent et travaillaient pour une fois dans nos vies de sportives du dimanche ! Je me demandais si petite je n’aurais pas du faire du cirque, au moins je n’aurais pas été dehors mais dans une caravane, avec une famille et des amis soudés. Nous avions marché jusqu’ à son domicile, il faisait frais dans les escaliers, apparemment le chauffage était au point mort. Je me suis imaginée tout à coup, comme une projection dans l’avenir, me promenant dans les rues de Londres, dans les quartiers attractifs. Paris ne serait alors qu’un mauvais souvenir pour moi, des années d’errance et de tristesse où j’avais mal à mon futur. Encore une envolée lyrique, celle là je la tiens ! Je n’ai pas peur, j’irai là où le chemin me guidera, faites confiance à votre intuition, ne suivez pas toujours l’air des magazines, c’est vrai quoi ils sont qui eux ?

Après une nuit calme et sage passée chez mon amie, je repris mes affaires d’errante en laissant mes chaussons crassouillard chez elle. C’était important pour moi, c’était comme une marque de territoire, ma propriété précaire.

Dehors je déambulais à nouveau sans apercevoir la lumière qui attirait les touristes vers la Dame Eiffel. Seule, à penser que mon avenir pouvait être meilleur ; subitement l’étincelle de feu de Dame Eiffel me traversa et m’enthousiasma. Ah oui j’avais trouvé la solution à mes problèmes. Si je n’avais aucun avenir autant se plonger dans un domaine frivole et sans entendement, chercher ce vestige que toute la jeunesse recherche à tout prix sans se poser de questions innocentes, oui ce vestige, le graal du millénaire : participer à un jeu de télé réalité !

Ça a fait tilt dans ma tête et là ma Léa à nous le monde entier. J’avais couru si vite que j’avais même pas fait attention, aux passants. A tous ces gens qui bientôt me regarderont comme un être vénérable et vénérée, comme une fille enviable et délicieuse et surtout…

  • La richesse, Léa …

Elle me regardait, sortie de son lit en catastrophe, les cheveux ébouriffés, transfigurée par mon engouement divin.

  • Tu es folle Avah, folle ma Avah ! Y a pas quelque temps on en discutait, il est hors de question de se débaucher pour participer à un jeu ou je ne sais quoi d’autre. Ecoute y a assez de filles qui se pensent rusées et tombent dedans.
  • Mais non ce n’est pas ça tu te trompes, nous on est plus amazones que ces débutantes. Nous on va chercher la gloire avec nos talents sous le bras. Regarde je chercherai un éditeur, un photographe pour un book et toi tu pourras jouer l’actrice, si tu poses tu peux le faire, non ?
  • Pourquoi moi ? Je n’ai aucun don pour ça ?
  • Parce que tu crois que je sais vraiment écrire ! dis-je en fronçant malicieusement les sourcils.
  • Avah c’est bouché, y a trop de filles sur le marché, on ne peut pas se grimer en bimbo intelligentes dans le seul but de se faire remarquer et gagner de l’argent !

Elle m’avait abattue, Léa avait l’art de vous ramener à la surface médiocre de la Terre. Elle avait raison, tout le monde ne pouvait pas conquérir le monde. En plus elle m’avait dit que le Graal c’était la célébrité, et non participer à des jeux. J’avais confondu le but et le moyen, elle était trop intelligente Léa !

  • On s’en fout de la conquête du monde Avah, cria Léa retirée dans sa chambre, en effet elle cherchait un journal dans son tiroir pour me montrer disait elle la vérité.
  • Regarde cette photo, tu connais cette fille blonde…

Je lis « Blondis Tilhon ou le conte de fées moderne »

  • C’est qui cette nana ? demandai-je.

Léa s’énerva, je ne sus pas pourquoi.

  • Punaise on est en 2005 et tu sais pas qui est Blondis Tilhon, c’est vrai que les gossip c’est pas ton fort. Aujourd’hui la réalité est la suivante ma chérie : tout le monde veut avoir comme elle un nom qui se vend, des attitudes choquantes qui vendent et fassent réagir la masse et surtout son pactole gardé au chaud dans les banques. Elle est la gagnante de ce siècle. Tout est venu à elle, une étoile brillait au dessus de son couffin, les Cendrillon pauvres c’est pour les niais un peu trop romantique.

Après ce long discours de madame-je-te-préviens-tu-te-goures-complet, je pensais intérieurement ah si j’étais riche ! Mais moi, au fond de mon petit esprit d’écervelée attirée par la lumière rapide du vedettariat, je voulais continuer ce débat et lui prouver que tout restait  possible sur Terre et que…

  • Léa tu ne me parles plus?

Je me penchais par dessus sa frêle épaule, elle se leva et dit qu’elle partait se coucher et me fit comprendre que la discussion était terminée. Le débat clôt, tu parles il n’y a qu’elle qui parlait, elle déversait sa haine des autres qui demandaient un peu de reconnaissance. Moi j’allais le rouvrir le débat et « si tu ne veux pas me suivre alors tant pis je serais seule sans toi » criai-je en tapant sur la porte de sa chambre, la larme féminine à l’œil.

J’avais perdue une amie.

 

 

 

 

 

 

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